Baril-z : Pédofée
Pédofée (Lionel Grob)
Au matin de nos vies
Elle rôde autour de nos lits
Qu’ils soient des couffins de foin, des couveuses dernier cri,
Une fée
Une fée trace nos vies
Au son de nos premiers cris
Et dès notre premier souffle vital
Elle décide, l'animal
Une existence nourrie, destin bardé de premiers prix
Une subsistance pourrie, destin bradé à premier prix
Et c'est son dernier mot, son dernier prix,
« Viens… au Monde »
Sa baguette s'abat sur nos fontanelles,
Fixe de quelle tribu nous répondons à l'appel,
De quel monde civilisé, syphilisé, enlisé, vicié juqu'aux ADN, nous planterons la graine,
De quel côté du mur nous lancerons les pierres,
De quel peuple primal nous serons l'animal sanguinaire,
De quel tribu cannibale serons nous le fantassin dévoué,
De quel axe du mal, de quelle armée...
Pédofée viole nos âmes
Et nos corps malléables
Pédofée fera-t-elle de nous
Le nord-mâle, homoccidental
Ou homme né en terre sale ?
Son haleine profère la haine
Et nous enseigne les préceptes du requin
"Bouffe ton prochain sinon c'est lui le roi et toi le dauphin"
« Viens… au Monde »
Sa baguette s'abat sur nos fontanelles
Fixe de quel hémisphère nous serons sous tutelle,
Serons-nous ce soldat hémiplégique, déjà mort,
Qui combat pour des intérêts qu'il ignore?
Serons-nous l'enfant de cette tribu occidentale,
Civilisation reculée au fond d'une forêt ultralibérale
Ou serons-nous le chamane d'une civilisation ancestrale
Acculée au fond d'un survivarium équatorial?
Au soir de nos vies, Dieu rôde autour de nos lits de mort,
Une fée avait salit notre sort, alors mon vieux vautour,
Tu seras gentil : laisse-nous tranquille, à regarder lentement la fin du jour…

