Nazka : Fugitif
Il presse le pas sur un sol vaseux,
Jours fades et tièdes, ombres au flegme tortueux.
Heures assoupies, l’ordinaire le dévore.
Vie aseptisée, sérénité carnivore.
Il tue le temps d’un ennui primitif.
Les rues ricanent, au visage du fugitif.
Les parvenus savent se satisfaire,
Des jours normaux à la décence vulgaire.
Au fil des bars, des hommes en faillite,
S’abreuvent de nectars et de fumées illicites.
Ces déracinés lui ressemblent,
Les rythmes s’accélèrent, les enseignes diaprées tremblent.
Pas de place dans un monde en fuite.
Pas de place dans ses propres chairs détruites.
Il se défile de ces drôles de musiques.
Qui ouvrira les portes des théâtres idylliques ?

