Chroniques, articles de presse et live reports
High Tone + R2jeux + OhM
- Groupes : High Tone + R2jeux + OhM
- Date : samedi 20 octobre 2007
- Lieu : Salle Les Tanzmatten, Sélestat
- Afficher le détail du concert
Articles
- 22-10-2007 : Dernières Nouvelles d'Alsace : C'est cool, c'est complet
- 19-10-2007 : Dernières Nouvelles d'Alsace : High Tone, un ton au-dessus
- 12-10-2007 : Dernières Nouvelles d'Alsace : Ohm, le dub qui monte
- Dernières Nouvelles d'Alsace : Indépendance dub
Les articles du concert
Dernières Nouvelles d'Alsace : « C'est cool, c'est complet »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : lundi 22 octobre 2007
« C’est cool, c’est complet. » Laurent Wenger, président de Zone 51, peut être satisfait de sa programmation. Les plus fâcheux diront qu’en invitant High Tone, groupe phare de la dub française, l’association jouait sur du velours. D’un autre côté, remarque Ludo «Lafecht» Benoît, compte tenu de la fréquentation des concerts en ce moment et de la finale de rugby, c’est un très beau score.
Pour le moment, c’est R2jeux qui est sur scène. « C’est pas mal. C’est des bons toucheurs de sons. La seule chose qui me gêne, c’est qu’on ne sait pas qui joue », estime Gilloux qui, à 43 ans, semble tout à fait à son aise dans cette atmosphère post-psychédélique. Christophe est catégorique : « C’est balèze. » Sans doute est-il inspiré par le côté très spatial, entre Moroder et Vangelis, gonflé aux infrabasses.
Il a également beaucoup aimé Ohm, premier groupe de la soirée. C’est tout particulièrement pour eux qu’est venu Matthieu, le chanteur à palmier d’Enneri Blaka, groupe de c! rypto jazz funk impeccable. « Ohm mérite d’avoir de belles salles. » Il est ravi de les avoir vus dans de telles conditions. Mais juge R2jeux un peu trop statique.
« On n’est pas spécialement dub. On est là pour découvrir »
En attendant son tour, Fabrice, le bassiste de High Tone, personnalise une pochette de disque au stand de merchandising. Le rasta s’applique. « Je ne dessine jamais. Mais là, il y a un mec qui m’a demandé d’en faire deux. » Juste à côté de lui, le service jeunesse de la ville de Sélestat porte les couleurs de Sam, le capitaine de soirée. « On sensibilise les jeunes, explique Ali. On leur fait passer un contrat moral. Tu t’engages à ne pas boire. Tu nous donnes tes clés. On te donne gratuitement trois tickets boissons. A la fin de la soirée, on te fait passer un éthylotest. » Et s’il a bu quand même ? « Il existe plein de solutions : dormir dans sa voiture, appeler quelqu’un, faire du covoiturage », énumère son collègue Greg! ory. « On est déjà à un bon tiers de personnes sensibilisées. Beaucoup ont déjà fait la démarche d’eux-mêmes. C’est un fait nouveau. Il y a une dizaine d’années, on n’avait pas ce réflexe. »
Chez Amnesty International aussi, le message semble passer. « Il y a une exposition sur le Darfour qui sera à la gare à partir de lundi. On leur fait signer une pétition à destination du président chinois. On diffuse une vidéo de sensibilisation, dit Nicole Ribel. C’est sympa d’être là à l’occasion des " Nuits d’Amnesty ", en contact avec les jeunes. C’est eux qui sont appelés à reprendre le flambeau. »
Beam, avec capuche rabattue et masque tête de mort, se démarque de la faune venue assistée au concert. « C’est la catharsis d’un pote qui est au bord de la mort. C’est un taggeur strasbourgeois, Esco, qui s’est électrocuté sur une ligne TGV à Brest. Il faisait parti des Mysterious 7. » Il n’en dira pas plus. Bien visible également, Mounet et sa crête, venu avec Guits défendre la «! Vosgie libre ». « On n’est pas spécialement dub. On est là pour découvrir. »
Justement, minuit, c’est l’heure pour High Tone de faire vrombir les basses. Et pour Ahmed de Zone 51 de souffler ses 25 bougies. S’il déguste de son côté un gâteau préparé par les bénévoles, dans la salle, les spectateurs dégustent. Projection sur trois écrans, grosses basses, bidouillages électroniques, univers ouvert : c’est du nanan dub.
Tout naturellement, le public en redemande. High Tone ne se fait pas prier. D’autant que cela permet aux musiciens d’avoir mieux en main « Underground wobble », leur dernier opus. « C’est la troisième fois qu’on le joue, avouera Dom, le batteur, alors que les Tanzmatten se vident. Hier, on était à Grenoble dans une salle de 5 000 places. Ce soir, on joue devant plus de 800 personnes. Il faut encore qu’on travaille pour avoir un plus gros son. En tout cas, c’était cool. »J.-F.T.
Dernières Nouvelles d'Alsace : « High Tone, un ton au-dessus »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : vendredi 19 octobre 2007
Les légendes pullulent sur l’origine du dub. La seule chose certaine est un accident lors d’un enregistrement en Jamaïque au milieu des années 70. Et que cette erreur de manip’ a donné naissance à un genre à part entière, le dub.
« Si nous n’avions pas fait les choses par nous-mêmes, nous ne ferions plus de musique »
Celui-ci est parti à la conquête du monde, s’arrêtant aux USA, puis s’installant durablement en Angleterre et faisant de beaux enfants au Japon. C’est à ces mamelles que se sont nourris les Lyonnais de High Tone, hérauts du dub français, comme le raconte Dominique Peter, batteur du groupe.
« Il y a une dizaine d’années, nous avons découvert la puissance du son des sound systems, surtout par les Anglais de On-U-Sound, Dub Syndicate, Adrian Sherwood... Ce feeling nous a plu. Nous étions très ouverts sur la scène jungle, techno... Nous avons gardé ce que nous aimions de ses influences avec une grosse base dub. » Nous s! ommes alors en 1997. Les membres de High Tone commencent à faire entendre leur façon de concevoir le système des sons : un mélange hypnotique fait de bidouillages électroniques, de samples puisés dans l’ethnique, de solides basses et d’un énorme travail sur la lumière et la vidéo.
Le groupe, au fil des concerts, attire des spectateurs de plus en plus nombreux. Pourtant le genre n’attise ni la curiosité ni la convoitise des majors. Dominique a une explication : « Le dub live n’intéressait personne dans les majors. » Reste donc à respecter cet axiome punko-jamaïcain : débrouille toi tout seul. « De toute façon, si nous n’avions pas fait les choses par nous-mêmes, nous ne ferions plus de musique. » Le groupe se double rapidement d’une structure associative, Jarring Effect, devenue depuis producteur indépendant. « Ce sont des gens motivés qui nous suivaient et qui nous ont permis de nous développer », sans d’autres contraintes qu’artistique. « C’est notre démarche première. ! »
High Tone a ainsi pu explorer des pistes souvent laissées de côté par la dub française, souvent très à cheval sur le canon : grosses basses, delay et contretemps. Ainsi « underground wobble », dernier opus d’High Tone, se veut-il plus mélodique. « Avant, nous étions plus tournés vers les idées rythmiques. Nous voulions travailler avec de nouvelles sonorités. Et plutôt que sampler, nous avons pensé platine. Twelve (Lionel Dumas) s’est pris au jeu. Nous avons sorti nos skeuds de jazz, de world... C’est une manière de sculpter le son. » Et de rappeler que High Tone, ce n’est pas quatre musiciens et un dj, « c’est une aventure humaine avant tout ».Jean-Frédéric Tuefferd
Dernières Nouvelles d'Alsace : « Ohm, le dub qui monte »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : vendredi 12 octobre 2007
Pour pouvoir mesurer des volts, il faut multiplier des ampères avec des ohm. Pour la formule du groupe haguenovien Ohm, la mécanique est un peu différente, puisqu’il faut additionner cinq musiciens pour obtenir cette formation de dub électro-rock progressif. A découvrir, samedi 20 octobre, aux Tanzmatten, en ouverture de la référence hexagonale : High Tone.
Jean-Philippe (batterie), Lyes (guitare), Jonathan (sax, clavier), Fred (groove box, sampler) et Jean (basse) forment cette alchimie complexe depuis avril 2004, lorsque quatre Haguenoviens ont fusionné avec un électron libre de Mommenheim.
« Nos influences sont différentes », affirment les musiciens avant de citer pêle-mêle, le reggae, mais aussi, Zinzile, Pink Floyd, Serge Gainsbourg ou Massive Attack.
Une atmosphère
cinématographique
Dans les compos du combo, l’on retrouve des morceaux séquencés de films, savamment distillés, comme ceux de David Lynch qui confèrent une atmosph! ère cinématographique à la saveur mystérieuse et mystique.
Arrivé en demi-finale du tremplin rock Vis-à-vis (qui se jouera le 3 novembre à Pirmasens en Allemagne), Ohm a aussi séduit les organisateurs du Superbowl en mai dernier, et réalisé sa première prestation dans la petite lucarne, en septembre dernier. Avec la création prochaine de son association Athom, le groupe envisage également d’entrer en studio pour graver un nouveau cinq titres.Hervé Keller
Dernières Nouvelles d'Alsace : « Indépendance dub »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
Parmi les courants nés il y a une dizaine d’années dans le paysage musical français, le dub a su préserver son identité tout en continuant à se réinventer. Pionnier de cette scène toujours en friche : Hightone.
« Il y a une dizaine d’années, nous avons découvert la puissance du son des sound systems, surtout par les Anglais de On-U-Sound, Dub Syndicate, Adrian Sherwood. Ce feeling nous a plu. Nous étions très ouverts sur la scène jungle, techno. Nous avons gardé ce que nous aimions de ces influences, avec une grosse base dub », raconte Dominique Peter, batteur du groupe Hightone, héraut du dub à la française.
Nous sommes alors en 1997. Les membres de Hightone commencent à faire entendre quelle est leur façon de concevoir le système des sons : un mélange hypnotique fait de bidouillages électroniques, de samples puisés dans l’ethnique, de solides basses et d’un énorme travail sur la lumière et la vidéo. Le groupe, au fil des concerts, attire des spectateurs de plus en plus nombreux. Pourtant le genre n’attise ni la curiosité ni la convoitise des majors.
Dominique a une explication : « Le dub live n’intéressait personne dans les majors. » Reste donc à respecter cet axiome punko-jamaïcain : débrouille toi tout seul. « De toute façon, si nous n’avions pas fait les choses par nous-mêmes, nous ne ferions plus de musique. » Le groupe se double rapidement d’une structure associative, Jarring Effect, devenue depuis producteur indépendant. « Ce sont des gens motivés qui nous suivaient et qui nous ont permis de nous développer », sans autre contrainte qu’artistique. « C’est notre démarche première. »
Hightone a ainsi pu explorer des pistes souvent laissées de côté par la dub française, souvent très à cheval sur le canon : grosses basses, delay et contretemps. Ainsi Underground wobble, dernier opus d’Hightone, se veut-il plus mélodique. « Avant, nous étions plus tournés vers les idées rythmiques. » Le travail aux platines de Twelve se fait également davantage entendre. « C’est une manière de sculpter le son. » Et de rappeler que Hightone, ce n’est pas quatre musiciens et un dj : « c’est une aventure humaine avant tout ».Jean-Frédéric Tuefferd

