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Loten
- Groupes : Loten
- Date : samedi 21 juillet 2007
- Lieu : Espace Évasion, Sélestat
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Articles
- 23-07-2007 : Dernières Nouvelles d'Alsace : Le voyage musical de Loten
- 20-07-2007 : Dernières Nouvelles d'Alsace : Loten ou le blues du Tibet
Les articles du concert
Dernières Nouvelles d'Alsace : « Le voyage musical de Loten »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : lundi 23 juillet 2007
Le musicien tibétain Loten Namling, qui vit aujourd’hui en exil en Suisse (DNA du vendredi 20 juillet), a donné samedi soir un concert à l’Evasion de Sélestat devant une salle comble. Il a convié les spectateurs à un voyage musical vers son pays d’origine.
« Je vous propose un voyage vers le Tibet, où je n’ai jamais pu aller, mais où je veux essayer de vous emmener à travers ma musique ». La musique traditionnelle tibétaine, c’est en effet ce qui relie Loten Namling, né en exil en Inde, aux pays de ses parents, le Tibet. Et à travers ses mélodies et ses chants, l’artiste a fait voyager les spectateurs venus nombreux samedi soir à l’Evasion.
Les chansons de Loten sont toutes issues de la culture tibétaine traditionnelle : « Pourquoi inventer de nouveaux airs, de nouvelles paroles, alors qu’il existe un tel réservoir d’anciennes chansons, qui ont chacune une âme ? Si elles meurent, elles disparaissent pour toujours », explique le chanteur.
Certaines font partie du folklore populaire, comme cette histoire d’amour d’un "yack boy" et d’une belle surpris par les villageois qui se moquent d’eux. D’autres sont issues du répertoire classique, telles les chansons composées par le 6e Dalaï Lama, grand poète et grand amant, et! par le yogi Milarepa, qui vécut il y a 900 ans. Loten s’accompagne d’un dranyen (littéralement "douce mélodie"), le luth tibétain qu’il a reçu de ses parents à l’âge de 16 ans, mais aussi d’un tambour ou d’une conque.
A travers ses chansons, apprises dès son enfance auprès des exilés tibétains et de ses parents, s’exprime toute la mélancholie du pays perdu. Mais le voyage de Loten ne se limite pas au Tibet : lui qui pense que la musique est un language universel s’accompagne aussi bien d’un instrument africain, que d’un hang suisse (percussion en métal en forme de soucoupe) ou d’une guimbarde reçue pendant l’un de ses voyages en Russie. Et n’hésite pas à attribuer, avec beaucoup d’humour, la paternité du rap aux Tibétains, quand il entonne une chanson chamanique destinée à porter bonheur lors du nouvel an.E. B.
Dernières Nouvelles d'Alsace : « Loten ou le blues du Tibet »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : vendredi 20 juillet 2007
Ceci est l’histoire d’un déraciné. « Je suis né il y a 43 ans à la frontière indo-tibétaine, à Darjeeling. Mon grand-père maternel était ministre des finances du Dalaï Lama. Quand les Chinois ont envahi le Tibet, il a refusé de travailler pour eux. Et il est entré dans la guerilla. Mon père, qui a été moine dans sa jeunesse, est devenu son garde du corps. C’est comme ça que mon père a rencontré ma mère », raconte Loten Namling d’une voix grave et chantante.
Loten, quant à lui, ne connaîtra jamais son pays que du haut des montagnes ladakhies, dans les récits de ses parents, dans le folklore cultivé comme un trésor. « J’ai grandi baigné par les chansons traditionnelles. » Rapidement, il se rend compte du pouvoir de la musique. « Les politiciens parlent trop. Un musicien peut faire passer un message en une seule chanson. La musique, quelle qu’elle soit, réunit les gens. » Loten décide donc d’être ambassadeur de la cause tibétaine en chantant.
« Je fais beaucoup de fusion entre le chant traditionnel tibétain et le jazz ou le rock »
Depuis la Suisse où il est exilé depuis 18 ans, il parcourt le monde afin de faire découvrir une culture qui ne se limite pas au bouddhisme des Gelugpa (secte tantrique tibétaine dite des « Bonnets jaunes » à laquelle appartient le Dalaï Lama, ndlr). « Je joue du luth tibétain et du tambour. Je ne pratique pas le chant diphonique (chant guttural pratiqué par les moines demandant un enseignement ésotérique, ndlr). Mais un de mes objectifs est de présenter les chants traditionnels. » Même si dans les chants profanes, le religieux n’est jamais très loin.
« Le bouddhisme est une façon de vivre », explique Loten. Et de prendre comme exemple une chanson de Tsangyang Gyatso (1683-1706), sixième Dalaï Lama : « Oh, grue blanche, prête-moi tes ailes. Je ne volerai pas très loin. Jusqu’à Lithang, je dois retourner. » « Le sixième Dalaï Lama était en exil. Et il devait retourner sur ! son lieu de naissance pour trouver sa réincarnation. Pour moi, le sixième Dalaï Lama est une icone, l’idéal vers lequel je tends. Il était bon cavalier, bon peintre, bon poête et bon chanteur : un des plus grands artistes tibétains pour moi. »
Il n’est pas pour autant le chantre d’une tradition figée. Loten profite des festivals où il est invité pour faire des rencontres. Ainsi sur son site internet (www.loten.ch) peut-on écouter un morceau joué avec le groupe hardcore néerlandais Heideroosjes. « Je fais beaucoup de fusion entre le chant traditionnel tibétain et le jazz ou le rock. Il faut trouver une nouvelle ouverture à la musique tibétaine. » Et espérer qu’un jour Loten n’ait plus le blues.Jean-Frédéric Tuefferd

