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Zone51
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Chroniques, articles de presse et live reports

Festival Léz'arts Scéniques #7 - jour 1

Affiche du concert Affiche du concert Affiche du concert
  • Groupes : The Exploited + Sepultura + Treponem Pal + Les Tambours Du Bronx + The Business + The Meteors + Immolation + Metal Urbain + Hollow Corp
  • Date : vendredi 03 août 2007
  • Lieu : Salle Les Tanzmatten, Sélestat
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Articles

Les articles du concert

L'Alsace : « Sepultura « Nous sommes toujours influencés par les rythmes des esclaves brésiliens » »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : dimanche 05 août 2007

Cheveux longs attachés, pull bleu marine, Andreas Kisser est un sage du métal. Guitariste du groupe brésilien Sepultura depuis 1986, il a tout connu : les succès du début des années 1990, le départ du chanteur et fondateur du groupe Max Cavalera en 1996, puis la reconstruction. Vendredi, le groupe a donné son unique concert français au festival Lez’Arts Scéniques de Sélestat. Rencontre.

Pourquoi avez-vous choisi le festival de Sélestat pour votre seul concert en France ?

Andreas Kisser : Ca collait bien avec le reste de la tournée que nous avons commencée en Europe il y a plus d’un mois. C’était une bonne opportunité pour nous de jouer en France. C’est un chouette festival, avec une bonne programmation. The Exploited, Treponem Pal. Des groupes que nous connaissons depuis longtemps.

Votre dernier album s’appelle Dante XXI, inspiré de la Divine comédie de l’écrivain italien Dante Alighieri. Comment vous est venue cette idée ?

C’est un livre fantastique, extrêmement riche, avec beaucoup de situations et de personnages. Un livre parfait pour faire une bande originale. On a repris les trois parties du livre : l’enfer -un thème qui nous est très familier (rires)-, le purgatoire et le paradis. Le défi, musicalement, était de mélanger ses endroits antagonistes. C’est pour cela que nous avons utilisé un piano, des cordes et des cuivres sur l’album. Pour marquer la différence avec l’enfer qui est exemplifié par la guitare et la basse heavy.

Est-ce que l’influence brésilienne, prégnante dans votre tribal metal des années 1990, s’est atténuée sur les derniers albums ?

Non, elle est toujours vivace. C’est sûr que l’album Roots, en 1996, a été une recherche sur nos racines musicales brésiliennes. Il y avait une tribu indienne avec nous, ainsi que le percussionniste Carlinhos Brown. Mais, nous sommes toujours influencés par ces rythmes des esclaves, ces rythmes urbains, et on utilise encore des percussions.

En 1993, dans Chaos A.D., vous dénonciez l’état des prisons brésiliennes. L’an passé, dans Dante XXI, vous écrivez « Nuclear Seven » pour dénoncer les puissances nucléaires mondiales. Sepultura est-il un groupe politisé ?

Nous avons la chance de parcourir le monde et d’exprimer ce que nous ressentons. La musique a ce pouvoir et ce privilège. Mais politisé, je ne sais pas, tout est politique finalement. Nous donnons juste notre sentiment.

Comment le groupe a-t-il vécu le départ d’Igor Cavalera, le batteur historique ?

C’est bien mieux comme ça. La situation était mauvaise quand il était là, parce qu’il ne se sentait plus bien dans le groupe. Le Brésil lui manquait trop quand nous étions en tournée. Il voulait faire autre chose, et il est heureux comme ça. Nous avons été chanceux de trouver notre nouveau batteur, Jean Dolabella, un excellent musicien.

Les frères Cavalera ne sont plus là. Sepultura doit-il changer de nom ?

Sepultura, c’est un état d’esprit. Ce n’est pas un membre du groupe. Ce n’est pas moi, pas Igor, pas Max. C’est un esprit que tu sens sur scène. Les gens se déplacent d’ailleurs pour ça. Tout le reste, c’est de la politique, des concepts, des secrets. Des conneries, oui !

Et les rumeurs d’une prochaine reformation du Sepultura d’origine, avec les Cavalera ?

Comme vous dites, des rumeurs. Le terme est assez explicite.

Propos recueillis par Alexandre Roos

Dark Side Of The Rock : « LEZ'ARTS SCENIQUES 2007 - Vendredi (03/08/07) »

Il fallait oser mélanger les publics psychobilly des Meteors avec celui, punk, des Business et Exploited, sans parler des métalleux venus acclamer Sepultura, Treponem Pal et Immolation. Hé bien, Lez’arts l’a fait, et avec grand succès.

Bon, nous sommes le vendredi 3 août, à Sélestat. Aux Tanzmatten, ça sent l’encens et la bière. Ce sont Léz’Arts Scéniques 2007. Dans le hall, Claude B. Levenson explique la situation du Tibet depuis son annexion brutale par la Chine en 1950, traitée à l’époque, dans un rapport de l’ONU de "génocide culturel". A côté de moi (Jeandd), un autre génocide culturel en son genre (TmL) s’apprête à m’arracher le clavier des doigts. Il est chaud bouillant après le concert de ses idoles Immolation.

Avant de se goinfrer du death metal des New Yorkais, le public des Tanz’ s’étaient mis en jambe avec deux autres groupes. En ouverture de bal, les Colmariens d’Hollow Corp, vainqueurs du tremplin Lez’Arts Scéniques, ont fait honneur à la scène régionale en délivrant un set de niveau... national. Franchement, le groupe aura pû se glisser un peu plus haut dans l’affiche sans aucuns problèmes. C’est devenu une marque de fabrique, leur son énorme a scotché tout le monde. Leur metal pesant comme mille remords a conquis de nouvelles âmes, c’est sûr et certain. Alors que les guitares de Guillaume et Mathieu tranchaient l’air, tel un rasoir s’enfonçant dans les chairs, Stef s’enflammaient les cordes vocales, Romain martyrisait sa basse et Laurent assurait (comme toujours) derrière les fûts.

Après, ce sont les revenants de Metal Urbain qui ont pris le relais, mais ça, Jeandd, dont les poils de barbe sont plus blancs que les miens, en parlera mieux que moi. Mmmmh. J’assume mon âge, mais Metal Urbain, aka Metal U pour les intimes, jouait déjà alors que moi, j’hallucinais devant Chapi-Chapo. Depuis, j’ai dû râter des épisodes car les survivants du punk français de 1976 ont su, 30 ans après, trouvé leur public. Si on y trouve quelques Oncle Paul de la scène alternative, qui reprennent en choeur les paroles de Panik, les spectateurs sont, en grande partie, jeunes. Trop jeune pour connaître, et trop vieux pour vraiment apprécier, c’est-à-dire dans le furieux pit qui à lieu devant Eric Débris ("un vrai déchet", dixit TmL), Hermann Schwartz, Vot et Jérôme Solo. Une chose est sûre, c’est mieux que sur disque. "Du grand Art", selon Ronan Chaos. La musique est plus furieuse. Le tout irradie d’une énergie à faire pâlir les groupes de néo-métal français, que l’on pourra retrouver à la rentrée sur un nouveau disque "au son plus crade", promet Vot.

A 16 h, en avance de dix minutes sur l’horaire prévu, les New Yorkais d’Immolation ont investi les planches des Tanzmatten. Avec une réputation scénique des plus solides, les quatre musiciens ne pouvaient pas décevoir. Et cela n’a pas été le cas. S’appuyant sur les titres de leur dernier album, Shadows in the light, Ross Dolan et ses acolytes ont fait parler le soufre. Leur nouveau guitariste rythmique, Bill Taylor, s’en donne à coeur joie et est complètement dans le concert. Ross Dolan harangue le public et Robert Vigna, aux doigts d’argent, distille des soli maléfiques. Quant à Steve Shalaty, à la batterie, il fait son job, mais qui n’est pas de tout repos, à grands coups de doubles pédales. C’est sur le dernier titre du dernier album, Whispering Death, qu’Immolation quittera le public sélestadien, promo oblige !

Alors que les Meteors viennent de commencer leur show, Andreas Kisser, guitariste de Sepultura, surfe sur Internet au coin presse. Peu à dire sur la bande à Paul Fenech. C’est du rock’n roll bien foutu, tendance 50’s, avec contrebasse qui fait "tadoumtadoumtadoum" tout du long et batterie trés "tatactatoum". Wolf, le contrebassiste a des faux airs de Jack dans Tekken. Ceux qui aiment boivent du petit lait. Les autres, Paul Fenech s’en fout. "If you don’t like me, go fuck yoursefl." Il est temps donc de passer à autre chose. En l’occurrence, The Business.

Oulala. Il est 22h à peine dépassé. Les Sepultura, en salle presse parlent football en brésilien en tapant leurs blogs. Les Tambours du Bronx, eux, ont tué leurs futs. Mais ça c’est à TmL de le raconter. Un peu plus d’une heure plus tôt, c’était au tour de The Business de faire sa loi. Peu connus sous nos latitudes, les "hardcore hooligans" sont de purs piliers de la scène Oï anglaise, mouvement qui n’a rien à voir avec les skins comme on en voit à la télé. "Cela n’a rien à voir non plus avec le punk, explique Tintin le Vosgien. Ce qu’ils chantent, c’est la cause ouvrière!" Et, bien loin de Bernard Lavilliers ou de Atahualpa Yupanki, ça bouge sérieusement, notamment pour Suburban rebels pendant lequel ils improvisent un choeur de Oï. Micky Fitz, le chanteur sait galvaniser la foule, Tosh, Chris Darch et Bundie, tous de solides bébés, la faire exploser de joie. "La claque de la journée", selon Ludo de La Fecht. Je pense pareil.

Oui, comme l’a dit Jeandd un peu plus haut, les Tambours du Bronx ont tué leurs fûts. Mais ils ont commencé sans nous. On l’avoue, on le confesse, on n’en est pas très fier, mais l’appel du ventre a été plus fort et c’est donc devant une assiette de couscous qu’on a vécu les premiers morceaux des percussionnistes français. Et il faut bien l’avouer, suivant où on était placé dans le catering, le son qui nous provenait ressemblait plus souvent à un train qui passe qu’à une musique cohérente et puissante. Ce n’est qu’une fois face à la scène que l’art des Tambours du Bronx prend toute sa dimension. Un art fait de muscles, de sueurs, de bidons et de samples. C’est un véritable spectacle, unique en son genre, que le public des Tanzmatten a vécu : des morceaux limites tribaux, on passe à de l’indus, notamment quand un des musiciens s’empare du micro, pour terminer sur de la techno. Le final est jouissif, avec des spectateurs sur scène, des bidons qui finissent dans la fosse photo et des mailloches lancées dans la salle, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Un des très grands moments du festival, toutes éditions confondues.

Très attendus, les Treponem Pal se sont pointés tranquillou pépère sur la scène des Tanzmatten aux environs des 22 h 30. Dans un bain quasi opaque de fumée (qui ne quittera jamais la scène pendant tout le show, au grand désespoir des photographes), les musiciens se mettent en place, avant que Marco, chanteur et leader du groupe, se pointe, imposant de toute sa carrure. Et apparemment, le long break du groupe a été fatale à la ligne du chanteur. Fi des ragots, Treponem Pal est de retour, et entends le crier haut et fort. Avec un son cataclysmique, les six musiciens provoquent, ce qu’ils ont toujours souhaité, des réactions radicalement opposées : alors que certains quittent la salle très rapidement, d’autres sont à la limite de la génuflexion devant tant de bonheur. Thumbs up pour la reprise de "Funky town" en guise de fin, moins funky que l’originale, mais tout aussi redoutable.

Pour une grande majorité, c’était LA tête d’affiche de ce vendredi : Sepultura. Et effectivement, peu après minuit, les Tanzmatten affiche une foule des grands soirs quand les Brésiliens lancent leur grand messe du metal. Alors oui, il n’y a plus de Cavalera dans le groupe. Mais il n’empêche, l’âme est toujours là, ancrée au plus profond des coeurs d’Andreas Kisser, à la guitare, et de Paulo Jr, à la basse. Quand à Derrick Green, au chant, et Jean Dolabella, à la batterie, ils font bien plus que de la figuration : malgré leur "relative" jeunesse dans le groupe, ils font partis de la Sepultribe, et sur scène, c’est flagrant. Sortie d’un nouvel album oblige, le concert commence par plusieurs titres de Dante XXI. Comme les morceaux, et l’album aussi, ne sont pas mauvais, on rentre bien dans le concert. Mais la réelle folie, celle digne d’un carnaval à Rio de Janeiro, c’est quand les Sepultura piochent dans Schizophrenia, Arise ou Chaos A.D. : Dead Embryonic Cells, Escape to the Void ou encore Territory se vivent le poing levé et la gorge en feu d’avoir trop crié. Moment fort, car unique, le titre Bullets in the sky avec, en guest star, l’artiste tibétain Loten. Sepultura quitte Sélestat sur "Roots, bloody roots". Un très bon titre, mais malgré tout moins fort qu’un "Policia".

3h21. Wattie vient de quitter la scène. Sans doute parce que plus personne, ou presque, n’est dans la salle. Le concert de The Exploited a commencé à 1h45. Et l’animal -comment penser que Wattie est un homme?- a tout donné et au-delà. Cela passe par un hectolitre de Corona plus crachée que bue, des quinzaines de coups de micro derrière le crâne, des tonnes de "Fuck you what the fuck fucking fuck fuck". A le regarder, on pense au Robert de Niro de la grande époque, dans le fameux "You fuck my wife" de Raging Bull. Sauf que Robert de Niro, il joue. Wattie, c’est pour la vie.

Jeandd et TmL

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Bouddha rock »

Une silhouette de Bouddha à peine esquissée, comme tracée d’un seul coup de pinceau, se détache, blanche sur un fond rouge. « J’ai peint cette série de peintures spécialement pour le festival Léz’Arts scéniques, en une nuit. J’ai choisi la couleur rouge car cela correspond à l’ambiance du lieu : ici on écoute du rock, il faut apporter de la force ! »
S’il est plus souvent représenté sur un fond clair et appelle plus à la méditation qu’à la danse effrénée, le Bouddha assis est un thème récurrent de Tashi Norbu. Ce jeune artiste tibétain de 32 ans mêle en effet dans ses peintures l’imagerie traditionnelle bouddhiste et un style résolument contemporain. Le jeune homme est né au Bhoutan où sa famille, d’origine tibétaine, s’était réfugiée. Tashi Norbu, qui a commencé à peindre dès son plus jeune âge, a étudié pendant cinq ans la peinture traditionnelle, à Dharamsala dans le nord de l’Inde. Une formation qui lui a permis d’acquérir les règles de cet art très marqué par la culture religieuse. Il a ensuite souhaité compléter ses études pour apprendre les bases de l’art occidental et s’est rendu en Belgique, où il réside aujourd’hui. « La peinture traditionnelle est plus de l’artisanat qu’un art. Elle ne permet pas vraiment de traduire une expression personnelle », explique l’artiste.
Tashi Norbu mêle donc les motifs anciens, tels les mandalas ou les représentations de divinités, à des couleurs et des techniques modernes, dans un style qu’il définit comme « mi abstrait ». « C’est un moyen pour moi de faire vivre la culture tibétaine, tout en montrant qu’elle peut s’intégrer dans l’art actuel. »
Les oeuvres de Tashi Norbu sont visibles tout au long du festival dans la partie consacrée au Tibet. Elles sont aussi à vendre : de 80 € à... 15 000 €. Mais il s’agit là d’une peinture représentant le Dalaï Lama, qui l’a dédicacée. Pour les moins fortunés, Tashi Norbu réalise sur demande des calligraphies en tibétain pour 5 €.

E. B.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Brute de rock »

Programmation résolument rock, tendance déchaîné même, pour cette première journée au festival Léz’arts Scéniques à Sélestat.

Crêtes teintes en rouge ou vert, tatouages et blousons à clous sur jeans déchirés, côté punk, look total noir pour les gothiques et... piercings pour (presque) tous : il suffisait de regarder le public hier après-midi au festival Léz’arts Scéniques, pour se douter que la chanson gentillette sur musique mélodieuse n’était pas vraiment au programme.
Le festival a commencé en douceur, si l’on peut dire : le public est arrivé par vagues sur le site. Sur la scène, au contraire, point de douceur. Après les Colmariens de Hollow Corp qui ont ouvert le bal avec leur «sludge metal», les pionniers du punk français Metal Urbain ont fait pogotter un public encore clairsemé.
Les Américains du groupe Immolation ont ensuite plongé tout le monde dans le bain sanglant du death metal, avec guitares déchaînées et voix gutturale. A côté, The Meteors, autoproclammés «Kings of psychobilly» faisaient presque figure de gentils garçons avec leur rockabilly pas trop énervé.

Tsunami brésilien

Ce fan Montbéliardais avait pris son billet pour voir The Business, The Exploited et surtout The Ruts, rendez-vous manqué avec ce dernier groupe pour cause d’annulation de tournée...« C’est pas grave, je les ai vu jouer à Berlin juste avant l’ennui de santé du guitariste Paul Fox. Pour l’instant, j’ai bien aimé le concert de The Business. Cela fait cinq ou six fois que je les vois et ils ont toujours la patate », lance le fan de oï en croquant dans son sandwich steack haché.
Les premiers coups des Tambours du Bronx retentissent. Une mécanique aux tempos bien huilés investit la scène. Les amateurs de furie et de percussions ont apprécié en connaisseur. Treponem Pal devait ensuite prendre le relais avant que le tsunami brésilien Sepultura n’entre en scène. La vague punk The Exploited devait finir d’engloutir les derniers naufragés.

E.B. et V.M.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « L'état d'esprit Sepultura »

Andrea Kisser, guitariste de Sepultura, s’est prêté au jeu des questions concernant la sortie de l’album Dante XXI, la tournée européenne avec le festival Léz’arts scéniques pour unique date en France et les rumeurs grandissantes sur l’avenir hypothétique du groupe.

Depuis quelques années, certains fans trouvent que Sepultura s’impliquent politiquement moins, comme ce fut le cas sur l’album « Roots » avec la défense de la cause indienne, d’autres saluent votre grand retour avec Dante XXI.
- C’est faux. Sepultura est toujours un groupe engagé. Mais les textes sont moins explicites. Pour nous, la politique est partout. Au Brésil, la situation est complexe. La corruption règne. Mais nous vivons dans un pays en plein essor avec ces avantages et ses inconvénients. Avec Dante XXI, cela a été très excitant d’utiliser tout le nouveau matériel que nous avions conçu. Le groupe a toujours travaillé ensemble. Même à l’époque où Max Cavalera était reconnu comme leader. Chacun apporte ses idées et ses écrits. Nous ne sommes plus aujourd’hui dans le style « Tribal metal » comme à l’époque de « Roots ». Mais chaque album fait partie de notre histoire. Nous revenons maintenant à nos origines : le trash metal. Au fil du temps, nous avons sûrement perdu des fans mais nous en avons gagné d’autres. Sepultura, c’est avant tout un état d’esprit. Nous sommes heureux d’être en tournée européenne et d’avoir la grande opportunité de venir jouer une date en France. »
Après le départ du batteur Igor Cavalera (juste après l’enregistrement du dernier album), la situation n’a t’elle pas été difficile à gérer ?
- Depuis des mois, des tensions récurrentes étaient palpables au sein du groupe à cause de lui. Son départ a apaisé tout çà. C’est mieux ainsi. Nous avons retrouvé une sérénité dans notre travail.
La rumeur enfle autour d’un hypothétique retour de Max Cavalera (ancien chanteur et guitariste de Sepultura et de Soulfly).
- Ce ne sont que des rumeurs.

Propos recueillis par V.M.

L'Alsace : « Léz'arts scéniques Métal, punk et éveil au Tibet »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : samedi 04 août 2007

D’un côté, les basses étourdissantes et les éructations du métal, de l’autre la sérénité du monde tibétain. À première vue, cela pourrait sembler incongru, et pourtant le mariage est bon. Pour Zone 51, l’association organisatrice du festival Léz’arts scéniques qui se déroule tout ce week-end à Sélestat, la musique — et surtout ses textes — peut avoir un aspect militant, d’éveil des consciences.
D’ailleurs, l’écoute d’un certain nombre de groupes présents au festival — tels The Business et son évocation des mouvements sociaux britanniques, Los Fastidios et son engagement sur le G8 ou encore Spirit Revolution — le rappelle bien.
C’est ainsi qu’après la biodiversité ou encore l’Inde, le public peut cette année s’informer sur la situation au Tibet, avec France Tibet, Clean Planet association, l’écrivain Claude Levenson… « Nous essayons de profiter de la proximité des Jeux Olympiques de 2008 pour alerter le public sur le Tibet, expliquent Christophe Touchard et Régine Dietrich, de l’association Liberté au Tibet. La Chine s’était engagée à respecter les droits de l’homme en contrepartie du choix de Pékin pour les JO. Pour le moment, il n’en a rien été, mais on voit que d’une façon globale on parle plus du Tibet. » Et ils gardent l’espoir que des évolutions puissent venir : « Le CIO vient de faire pression sur une entreprise chinoise qui faisait travailler des enfants. Pourquoi pas des pressions pour faire respecter la liberté du Tibet ? »
En plus des livres, des conférences, de l’artisanat, les gens peuvent aussi manifester leur soutien en se faisant photographier avec un panneau indiquant : « China, would you shoot me too ? » (Chine, me tirerais-tu aussi dessus ?). Ces photos seront ensuite mises sur le site internet www.chinawouldyoushootmetoo.com

Andreas Kisser blog

Torhout, Belgium.

The show in Jena was great, complete sold out with an amazing crowd. Danke Jena! Went to Cologne, it was very good also with two great opening bands: LAST ONE DYING and BORN FOR PAIN.
After Germany we went to France to play at the "Lez’arts Schenique Festival" in the city of Salestat with THE EXPLOITED, TREPONEM PAL and a french band that I was very impressed by, they are called LE TAMBOURS DU BRONX, a group that uses a lot of eletronic percussion together with huge cans creating a very powerful and interesting sound.
Salestat is a very nice city with a lot of history and stories, one of them is that the creator from the Statue of Liberty in NY is from the city.
The Festival, apart from music, have a great deal of concern about the problems in the world and this year they are stressing the problem in Tibet. Unfortunally the FREE TIBET campaign is still going on. We had the pleasure to meet a singer from Tibet, his name is LO TEN. He met us he asked if we could do a song together. I said, of course, even without any rehearsal I tough of putting him to do BULLET THE BLUE SKY with us. He played and instrument that resembles an huge Shell from the sea with and heavy and continues sound. Amazing! He also used his incredible voice to improvise in the middle of the song. it was very emotional...he also made a quick speech about the situation in Tibet and his discontent feelings about the Chinese government.
I hope that our effort here, some how, can help the cause of Tibet. FREE TIBET!

Later,
A.Kisser

A.Kisser

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Metal Urbain : toujours brut et mal poli »

Éric Débris (chanteur), d’après vous, Métal Urbain est un vieux groupe de jeunes ou un jeune groupe de vieux ?
- Ça dépend de l’âge des membres. C’est assez mixte : ça va de 27 ans à 51 ans. Mais est-ce qu’on poserait cette question à un groupe américain ?
Comment se fait-il que vous venez de sortir votre premier disque, «J’irai chier dans ton vomi», en 2006 alors que le groupe est né en 1975 ?
- Parce que nous n’avions pas réussi à en faire un avant. Une compilation de vieux titres est sortie un peu avant. Nous avons travaillé avec chez les Américains car nous avions envie d’avoir du gros son. Et nous avons voulu le faire très vite. A l’époque de « Hystérie connective », les gens ne comprenaient pas notre son. Nous sommes toujours un tout petit peu en avance sur ce que les gens attendent de nous. On fait exactement ce qu’on veut au moment où on veut. Et puis le groupe a évolué. Nous avons un nouveau membre, Jérôme Solo, aux machines (le groupe comprenant également Hermann Schwartz et Vott aux guitares, ndlr). Nous jouons davantage de nouveaux titres. Le public est plus dedans. Il vient voir un groupe actuel, pas un groupe qui joue son best-of.
Que pensez-vous de la scène punk actuelle ?
- Nous n’avons jamais été très proches de la scène punk. Le punk rock, c’est d’abord une attitude. Entre 75 et 77, chacun avait son son. Ensuite c’est devenu un style musical et tout le monde a fait la même chose.
En 30 ans, votre message n’a pas changé ?
- Nous sommes un peu les fous du roi. On titille là où ça fait mal. On réagit à ce qui se passe. Mais pas dans le même sens que tout le monde. On trouve le consensus suspect. On gêne, autrement on nous entendrait plus.
Comment le public réagit-il à votre musique ?
- Depuis les premiers concerts, nous avons un public très jeunes. C’est ce qui nous a donné envie de continuer. Et plus on joue, plus il y a de jeunes devant la scène pendant que les vieux restent au bar.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Musiques de l'extrême »

« Toi qui entre ici, abandonne toute espérance d’écouter ou de voir un groupe qui passe à la radio ou à la télévision », devrait-il être insrcit au frontispice des Tanzmatten en cette première journée du festival Léz’Arts Scéniques. Les neufs groupes qui se succéderont sur la scène n’ont comme principe que de faire une musique qui ne les trahisse pas, quitte à choquer parfois, à étonner souvent.
Il en est ainsi de Hollow Corp. Les Colmariens ont mis au point un sludge metal original, combinant à une certaine pesanteur des touches bruitistes et des échos industriels. A eux d’ouvrir le festival de Zone 51. Faisant figure d’alien dans leur pays, les énervés de Métal Urbain reviennent du pays de l’oncle Sam avec un premier disque radical.
Le death metal n’a pas vraiment bonne réputation. Peut-être parce que le genre demande des grognements gutturaux à la place d’un chant clair, que les morceaux prennent soudainement des rythmes à provoquer des crises de tachycardie. ! Tels sont en tout cas les marques de fabrique d’Immolation, groupe culte venant tout droit des USA.

The Business parle de prolétariat, des coups durs de la vie et du foot qui permet de tout oublier

The Meteors se sont autoproclamés les « Kings of psychobilly », soit du rock de mauvais garçons. Comme si Elvis n’avait jamais tourné ses navets et commencé à manger beaucoup trop de sandwiches au beurre de cacahouètes et banane. Autres mauvais garçons venus d’Angleterre, The Business parle de prolétariat, des coups durs de la vie et du foot qui permet de tout oublier. The Exploited, eux, n’oublient rien. Les Écossais n’ont de cesse de dénoncer les excès du système et à défier le bon goût à coup de guitares énervées et de crêtes écarlates.
Avec un nom comme Treponem Pal, on ne peut pas jouer de la variété. Chez les Parisiens, cela se limite à une reprise mythique de Funky Town. Autrement, ils mélangent indus, hardcore, punk et grunge. On les cro! yait morts depuis 10 ans. Ils font leur retour pour Léz’Arts Scéniques. Les Tambours du Bronx ont la passion du rythme, du monde industriel et du grand spectacle. Et des fûts des 200 litres quand ils peuvent taper dessus.
Sepultura a été formé à Belo Horizonte, au Brésil, en 1984. La légende veut également que les frères Cavalera en étaient l’âme. Tel n’est pas l’avis de Paulo Jr. et d’Andreas Kisser, membres historiques, de Jean Dolabella qui vient de remplacer Igor Cavalera à la batterie et surtout du géant black Derrick Green. Ensemble, avec l’album « Dante XXI », ils ont remis Sepultura au premier plan. Ils ne donneront qu’un concert en France.

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Malika met la pression »

Sans Malika Ouahouah, il est probable que Zone 51 n’aurait pas la même allure. Depuis 7 ans, cette Vancelloise, fan de heavy metal, est aux commandes du bar.

« En 7 ans, je n’ai raté qu’un concert : celui des Merauder en avril dernier. J’étais malade », explique Malika Ouahouah, une des figures les plus incontournables de l’association Zone 51 : elle s’occupe de la gestion du bar.
Qu’est-ce qui a mené cette Vancelloise de 34 ans, aisément reconnaissable à son sourire et à son impressionnante chevelure rousse, d’abord dans Zone 51 puis à ce poste stratégique ? « Au départ, c’est un concours de circonstance. Je connais Laurent (Wenger, président de Zone 51, ndlr) depuis 20 ans. Mais nous nous étions perdus de vue. Il y a sept bonnes années, on s’est croisés dans un bar. On a papoté. Et il m’a raconté qu’il avait créé deux ans plus tôt l’association Zone 51. Un peu plus tard, on s’est revu au Caméléon (local de répétition municipal géré par Zone 51, ndlr). J’étais chanteuse dans un groupe. Nous faisions des reprises : Motorrhead, Sex Pistols, Buckcherry... Mais l’essai n’a pas été concluant. Dans le même temps, Laurent m’a p! roposé d’intégrer Zone 51. Je me suis retrouvée au bar parce que je savais tirer des bières, que j’ai un bon sens du contact et qu’avec moi, c’est carré. »

Remplissage, tirage
et temps libre

Pareil niveau musical : « J’aime le metal et le heavy metal. » Elle est fan absolue d’Iron Maiden - « Ça ne s’explique pas » - et apprécie aussi Machine Head et Gluecifer. Si Malika avoue goûter de temps en temps « un petit Aznavour de temps en temps », elle ne s’autorise aucun écart de conduite en ce qui concerne le bar. « C’est ce qui fait vivre l’asso’. D’où cette réputation de ne rien laisser passer. Il y a toujours des personnes qui négocient pour avoir une bière gratuite. Mais je leur explique à chaque fois que c’est avec ça que nous payons les groupes. »
Mais tenir le bar, ce n’est jamais soûlant ? « Sur Léz’Arts, c’est éprouvant car on bosse dur. C’est du non-stop. Mais au bar, on fait plein de rencontres. Tu sympathises. Et puis je suis impl! iquée ; qui le ferait à ma place ? », sachant que c’est Malika qui gère également les commandes e qu’il n’est pas question d’afficher à sec pendant le festival. C’est donc un travail de tous les instants. « Mais je trouverais toujours 1/4 d’heures pour aller voir les concerts. »
L’équipe bar est modeste durant l’année : de 3 à 6 personnes. Pendant Léz’Arts, elle passe à 17. « Je dresse un planning pour que chacun puisse tourner entre service, remplissage, tirage et temps libre. Sur 14 h de travail, on a chacun environ 5 h de pause. J’essaye alors de voir des concerts, mais ce n’est pas facile. » Encore moins cette année car tout le monde veut aller écouter Sepultura et les Tambour du Bronx. « Ce sont les deux groupes où il y aura le moins de monde au bar. » Que les assoiffés se le tiennent pour dit.

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Léz'Arts Scéniques : c'est du propre ! »

En 2006, le festival Léz’Arts Scéniques se mettait au vert avec sa thématique sur la biodiversité. Cette année, elle se met aux gobelets réutilisables et poursuit son action sur le tri des déchets en collaboration avec le Smictom.

Si les préoccupations écologiques de Zone 51 ne datent pas d’hier, l’exposition de cette thématique est plus récente. « Ça a commencé l’an dernier, raconte Olga Boidot du Smictom. Nous avions été invités par l’association pour faire la promotion du tri. » Depuis, le public a pu revoir régulièrement, aux concerts de Zone 51, un représentant de l’association Les Petits Débrouillards décrire par exemple l’importance des emballages dans nos poubelles et par conséquent la nécessité de porter une attention toute particulière à nos achats quotidiens, futurs déchets.
« Cette année, c’est différent, reprend Olga. Nous ne sommes plus dans la sensibilisation. Il s’agit d’action concrète. Nous accompagnons la mise en place par l’association de gobelets réutilisables. » L’association en a en effet assez de jeter chaque année 40 000 gobelets en plastique. Elle a donc fait appel au Smictom, à la DIREN (direction générale de l’environnement), à l’ADEME (agence de l’environnement et d! e la maîtrise de l’énergie) et à Heineken pour s’acheter 20 000 gobelets réutilisables (voir DNA des 8 et 19 juin 2007).
Leur première apparition a eu lieu durant le festival Psychobilly le 9 juin dernier. « C’était un test », explique Nathalie Muhr, autoproclamée « laveuse officielle de gobelets ». Une fois le contenu bu et le contenant rendu au bar, le contenant attend 59 congénères pour passer à la machine pendant 3 minutes et prendre une douche très chaude. « Les gobelets sortent propres, exempts de toutes cochonneries. » Mieux encore, ils sont tout bio, la machine à laver étant très économe en eau et le produit de lavage retenu étant biodégradable.

4,1 t de déchets
durant le festival 2006

Leçon tirée du fameux test où 1 300 gobelets furent nettoyés : on ne les empile pas quand ils sont mouillés car on arrive dificilement à les séparer, mais on les laisse sécher dans un cageot en plastique ajouré. En tout, quatre personnes, Nathalie ! et Olga comprises, se relaieront dans une petite cahutte sise contre le bar public.
L’objectif est de réduire la quantité totale de déchets produits sur les trois jours de festival. Pour l’an dernier, cela représente tout de même 4,1 tonnes. Et, selon Olga Boidot, « la qualité de tri constatée dans les bacs de déchets recyclables par l’équipe de collecte était bonne ». En plus de ces fameux gobelets, tous les jours, « entre 11 h et 14 h, les agents de communication du Smictom seront sur le camping pour expliquer aux festivaliers comment trier leurs déchets ». Il y aura également des bacs gris et jaune et des bornes d’apport volontaire pour le verre.
« Il faut signaler, insiste Olga Boidot, que le Smictom se retrouve là car l’association nous a contactés. C’est Zone 51 qui a mis en place tout ce dispositif. Et au au final, ce n’est rien de compliqué. Il faut juste avoir envie de le faire. »

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Festival et argent public »

Sur un festival comme Léz’Arts Scéniques, rien ne peut se faire sans argent public. Les subventions de la ville, la communauté de communes, le Département et la Région représentent 17 % du budget global. C’est ainsi que le maire de Sélestat, Marcel Bauer, est devenu au fil des ans le premier fan du Léz’Arts.

« Quand j’ai été élu maire, je n’avais pas conscience de l’importance du festival Léz’Arts Scéniques. C’est lorsque je me suis rendu sur place que j’ai pu constater tout le travail fait par Zone 51. » Marcel Bauer, maire de Sélestat, président de la communauté de communes et conseiller général, l’avoue : il a connu le festival sur le tard. Aujourd’hui, il en est l’un de ses plus fervents supporters : « Chapeau à ceux qui l’organisent ! »
Le maintien d’une telle manifestation tient à l’adhésion des élus au projet et à leur soutien. « Chaque année, le budget augmente », résume Linda Zipper, responsable administrative et financière de l’association. A cela plusieurs explications : « Les cachets artistiques sont en constante évolution. En plus, nous passons de 21 groupes en 2006 à 27 cette année. Les frais annexes - nourriture, hébergement - augmentent également. L’action écologique (l’association, entre autres, utilise des gobelets réutilisables, ndlr) entraîne également un surcoût. Le reste est plus ou moins constant. »
Sur un budget de 255 000 €, la part de l’argent public - ville, communauté de communes, Département, Région - représente 17 %. « A la même hauteur que les autres manifestations de ce type », tient à préciser Laurent Wenger, président de Zone 51. « C’est essentiel, la manifestation ne peut pas survivre sans aides », reprend Linda Zipper. Des partenaires privés sont également sollicités : ceux-ci contribuent à 10 % du budget.

« Je tiens à ce que cette expérience soit vécue par l’ensemble des élus de la ville »

Le soutien à Léz’Arts n’est pas que d’ordre matériel. « La ville apporte une aide technique et financière importante », explique le maire. « La part logistique fait plus que doubler la subvention communale », résume Linda Zipper. Il y a le prêt du complexe les Tanzmatten, la mobilisation de « l’équipe manifestation et aussi de l’équipe réglementation qui s’occupe de la circulation, énumère le maire. Pour nous, ville, cela constitue un effort considérable. »
Comme dit le proverbe, après l’effort, le réconfort. Cela passe, pour les élus, par une journée au festival. « Je tiens à ce que cette expérience soit vécue par l’ensemble des élus de la ville mais aussi les délégués de la communauté de communes qui ont aussi voté une subvention supplémentaire, insiste Marcel Bauer. Il faut qu’ils voient l’importance de la manifestation et comprennent de l’intérieur d’où elle tire sa notoriété. »
Pour Zone 51, les élus sont des festivaliers comme les autres. C’est-à-dire que le jour de leur venue, fixé au 5 août, ils seront fouillés à l’entrée par la sécurité, se mêleront à la foule lors de leur visite avant de rejoindre le coin VIP, seul avantage lié à leur statut. Quant à Marcel Bauer, il ne boude jamais son plaisir : « Une fois que je suis dans le bain, je reste. »

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Aux couleurs du Tibet »

Des drapeaux de prière tibétains bleus, jaunes, rouges, verts et blancs flottent depuis quelques jours dans les rues de Sélestat. Le festival de musique Léz’Arts Scéniques, qui doit avoir lieu les 3, 4, et 5 août prochains, a en effet décidé de placer son édition 2007 sous le signe du Tibet. Dans ce cadre, deux expositions consacrées à cette région ont lieu à partir d’aujourd’hui à Sélestat.

L’occasion d’exprimer son propre tempérament

La première a été réalisée par les douze travailleurs de l’établissement et service d’aide par le travail (ESAT) de l’espace Evasion. Avec les deux animateurs de l’ESAT, Isabelle Kubiszyn et Rodolphe Louis, et sous la houlette de Sylvie Lander, artiste peintre strasbourgeoise, ils ont créé cinq tableaux aux couleurs du Tibet, faits de bouts de tissus noués (fournis par Emmaüs) et qui s’inspirent des drapeaux de prière tibétains. Le second projet a été la réalisation de douze mandalas : ces tableaux pei! nts sont à l’origine des supports de méditation traditionnels, parfois faits de sable, et formés de carrés et de cercles.
« Ces deux projets se complètent, explique Sylvie Lander. Les drapeaux sont un travail de groupe, libérateur, avec les tissus que l’on déchire, et qui permet de tisser des liens. Les mandalas sont un travail individuel qui demande plus de concentration ». Pour chacun des artistes, la réalisation des mandalas a été l’occasion d’exprimer son propre tempérament. Yvette, 55 ans, a ainsi voulu représenter, dans des teintes pastels une « roue de la fortune » qui est aussi une « roue de la tendresse ». Michaël, 22 ans, a, lui, travaillé sur son chiffre préféré, le 9 : le centre du cercle de son mandala est ainsi comme une table de multiplication tandis que les bords deviennent des paysages sortis de son imagination.
Autre exposition : celle réalisée par le club Tibet de Strasbourg (voir interview ci-contre). L’association présente des objets d’art ramené! s du Tibet : bijoux, costumes, instruments de musique, bol chantant, baratte à beurre ou encore porte-aiguilles. Le visiteur pourra aussi découvrir une tente tibétaine, réalisée à Lhassa par des nonnes chassées de leur monastère par les Chinois.

Emilie Brotel

Dernières Nouvelles d'Alsace : « « La culture tibétaine est en train de disparaître » »

Quelle est la situation au Tibet actuellement ?
(Michel Jermann, président du Club Tibet) - Le niveau de vie s’est développé, mais la culture tibétaine est en train de disparaître. D’abord du fait de la modernisation : quand on se rend au Tibet, on a la surprise de voir qu’on trouve maintenant des portables, des supermarchés. Mais aussi à cause de la présence chinoise : à Lhassa, la capitale, la population est constituée de 60 % de Chinois et de 40 % de Tibétains. Les gens s’adaptant à la dominante chinoise. La musique tibétaine, par exemple, se fait de plus en plus sur des airs sinisés. La culture tibétaine existe encore, mais elle est de plus en plus localisée dans lieux spécifiques : les monastères, le Potala (palais du Dalaï Lama à Lhassa, ndlr).
Qu’en est-il du point de vue religieux ?
Depuis les années 1990, le gouvernement chinois a laissé plus de liberté dans l’expression de la culture religieuse. Les Tibétains peuvent assister à des offices ou faire des ! pèlerinages au Potala. Les Chinois ont aussi reconstruit un certain nombre de monastères, qu’ils avaient détruits, mais pour qu’ils deviennent des lieux touristiques. L’accès est payant et le gouvernement chinois récupère 70 % des droits d’entrée. D’autre part, les Chinois ont fermé un monastère où des moines avaient ramenés des thangkas (tissus religieux) bénis par le Dalaï Lama en Inde.
Quel est l’objectif de votre association ?
Nous travaillons essentiellement dans le domaine de l’éducation et de la solidarité en direction des Tibétains du Népal. Nous développons par exemple des parrainages pour financer des études. Récemment, nous avons permis la reconstruction d’une école de montagne : nous avons pris en charge les 2/3 du coût, le reste étant financé par les parents. Actuellement, nous avons un projet d’adduction d’eau et d’amélioration de l’hygiène dans un camp de réfugiés tibétains au Népal.

E. B.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Nirvana extrême »

Pour sa 7e édition, du 3 au 5 août à Sélestat, le festival Léz’Arts Scéniques entame une nouvelle mue. Le tout aux couleurs du Tibet, histoire d’atteindre le nirvana.

A comme Aldebert
Quand Aldebert a été programmé en 2002 lors de la seconde édition du festival Léz’Arts Scéniques, il était encore inconnu, à part dans sa bonne ville de Besançon. Depuis, il est devenu l’une des coqueluches de la nouvelle scène française et se souvient avec grand plaisir de son passage à Sélestat.

B comme budget
Avec 230 000 €, « le budget est en progression », note Laurent Wenger, président de l’association Zone 51. Cela veut dire aussi plus d’artistes plus connus. En 2006, le budget s’est élevé à 208 000 €. Si le festival est en partie autofinancé, il bénéficie également d’aides publiques « de la même manière que les autres festivals en France ». Les subventions de la Région, du Département, de la communauté de communes de Sélestat et environs ainsi que de la ville de Sélestat représentent 17 % de la somme totale.

C comme concept
« Le concept est simple, résume Laurent Wenger. Léz’Arts Scéniques, ce sont trois jours de diversité musica! le avec une thématique forte. On tient à ce que les conférences soient intégrées au festival. Pour la cause indienne, nous les avions organisées dans la salle de spectacle mais il y avait peu de public. Aujourd’hui, nous les faisons dans la galerie des Tanzmatten. Cela permet de toucher un public non averti. L’idée derrière la thématique est que les spectateurs repartent avec quelque chose de plus. »

D comme death
Le death metal n’est pas un genre que l’on peut entendre à la radio. Et il est difficile de faire le choix entre les superlatifs pour le définir : super-violent, super-rapide, super-grosse-voix, super-technique, super-mauvais-goût, super-bourrin... Bref du métal poussé à toutes les extrêmes qui sera défendu à Léz’Arts Scéniques par Immolation, « véritable machine de guerre scénique », pur death metal depuis 1990.

E comme Évasion
Le festival commencera avant le festival avec un concert organisé en collaboration avec le CAT L’Évasion. Loten, musicien tr! aditionnel tibétain, en exil en Suisse depuis de nombreuses années pour exercer sa liberté d’expression, sera sur la scène de l’Évasion le samedi 21 juillet.

F comme Forfait 3 jours
Le festival Léz’Arts Scéniques met en place pour la première année un forfait trois jours à 42 €.

G comme Groupes
Cette année, 27 groupes se partagent l’affiche du festival contre 21 en 2006 et 10 lors de la première édition. Parmi les élus, cinq groupes sont déjà passés par la case Sélestat : Aldebert (en 2002), Percubaba (en 2004), 100 grammes de tête (en 2004), Los Fastidios (en 2005) et Elisa do Brasil (en 2006).

G comme Gnawa Diffusion aussi car le groupe fera à Léz’Arts son dernier concert dans le nord-est avant sa séparation définitive.

L comme Locaux de l’étape
Les groupes locaux participants à Léz’Arts ont été désignés par un jury lors d’un tremplin. Il s’agit de Hollow Corp (metal), de Los dissidentes del sucio motel (stoner), de Spirit Revolution (reggae danceha! ll) et de Ravid’Vour’Voir (Chanson française). Et comme tous les groupes, ils seront sur la grande scène.

P comme psychobilly
Le psychobilly, c’est un peu la famille Adams fait du punk. Car ces tordus aiment le rock, les films d’horreur déjantés, les contrebasses, les pin-ups, les années 50 quand elles ne se passent pas dans les années 50... A Léz’Arts, il y aura deux groupes précurseurs du genre : The Meteors et Demented are go. Avec en bonus, les déjantés de Frantic Flinstone.

R comme Ruts
Le groupe The Ruts, « punk rock 77’ culte », programmé initialement le samedi 4 août, ne viendra pas à Sélestat. Paul Fox, le guitariste originel a appris qu’il était atteint d’un cancer des poumons.

S comme Sepultura
Quoi ! ? ! Sepultura est à Sélestat ? ! ? Et c’est la seule date en France du mythique groupe brésilien pour l’été ? Trop fort !

T comme Tibet
Après le Brésil, l’Inde, le Rwanda, la communauté Emmaüs, la cause indienne et la biodiversité, le Tibe! t a été retenu cette année comme thématique. « L’idée, explique Jérôme Daab, chargé de la thématique, n’est pas d’envoyer un message simpliste mais d’élargir le débat. » Parler de la question politique bien sûr - le Tibet ayant été envahi par la Chine en 1949 - mais aussi faire découvrir les richesses naturelles et culturelles du « Toit du monde ».

V comme Vitaculture
Zone 51 a été l’une des premières associations à signer la convention avec l’Agence culturelle d’Alsace permettant aux moins de 25 ans de rentrer aux concerts avec des tarifs réduits. Léz’Arts Scéniques est à ce titre le festival le plus important du dispositif Vitaculture. L’an dernier, les tickets Vitaculture représentaient 30 % de la billeterie.

Z comme Zone 51
L’aventure Zone 51 a commencé en 1998. Et a organisé depuis pas moins de 554 concerts. Zone 51, ce sont 25 passionnés à l’année qui passent à 120 bénévoles à l’occasion du festival.

J.-F. T.

20 Minutes : « Léz’arts scéniques la jouent écologique »

  • Éditeur : 20 Minutes
  • Date de parution : mardi 19 juin 2007

Environnement : Le Festival de musique de Sélestat veut éviter l’abus de gobelets jetables

Les gobelets jetables au festival Léz’arts scéniques, c’est terminé. C’est ce qu’a annoncé hier Zone 51, l’association organisatrice de l’événement qui se déroulera les 3, 4 et 5 août aux Tanzmatten de Sélestat. S’inscrivant dans une démarche environnementale très répandue chez nos voisins allemands mais totalement inédite en France, Zone 51 va remplacer les traditionnels gobelets jetables qu’offrent les marques de bière par des verres en polypropylène lavables et réutilisables.
Une opération rendue possible grâce au soutien de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et au Smictom (Syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères) d’Alsace centrale.
Le festivalier pourra continuer à étancher sa soif, mais il sera incité à ne plus jeter par terre son gobelet grâce à un système de consigne : chaque verre sera remis contre le versement d’un euro, remboursé au festivalier lors de sa restitution.
« Nous voulons contribuer sans prétention à faire évoluer les mentalités avec ce type de petites actions simples sur le terrain », a souligné hier Laurent Wenger, président de Zone 51. L’association avait déjà montré l’exemple en imprimant ses tracts sur du papier recyclé à 100% et avec des encres végétales.

Ludovic Meignin

Dernières Nouvelles d'Alsace : « L'écologie s'invite dans les concerts »

Réutiliser son gobelet lors d’un concert : voilà l’idée simple et écologique que souhaite faire passer l’association sélestadienne Zone 51 lors des concerts qu’elle organise en Alsace centrale. Cette association veut sensibiliser un public jeune pour limiter la quantité de déchets produits à l’occasion d’événement musicaux. « Les 15-30 ans se sentent souvent moins concernés par les problèmes écologiques, souligne son président Laurent Wenger. C’est pour ça qu’on a eu l’idée de cette action menée sur les lieux qu’ils fréquentent habituellement. »
Fidèle à son éthique promouvant l’éco-citoyenneté, Zone 51 avait déjà adopté l’utilisation d’encres biodégradables et de papier recyclé pour ses tracts. Cette fois, il s’agit de gobelets lavables, et donc réutilisables d’un concert à l’autre.
L’association a adopté un gobelet déjà couramment utilisé outre-Rhin, plus solide que la version jetable, au design soigné et attractif. Le principe est celui de la consigne (un euro! ), et par un simple système de jeton, le consommateur peut déposer ou récupérer des gobelets tout au long de la soirée.
Pour l’instant, le coût environnemental du concept (lavage, fabrication) est difficile à estimer mais la réduction de la quantité de déchets produits est aujourd’hui une priorité, ce qui lui confère un avantage certain sur le jetable.

Trouver suffisamment de bénévoles et d’argent pour financer les lave-gobelets

Il s’agit désormais pour l’association Zone 51 de généraliser l’utilisation de ce produit fabriqué en Allemagne, les prestataires étant inexistants en France. Pour l’instant, une première expérience a été plutôt positive, le public ayant joué le jeu. On retrouvera donc ces gobelets dans toutes les manifestations organisées par Zone 51, notamment lors du festival Lez’arts scéniques dont la prochaine édition se déroulera du 3 au 5 août.
D’autres problèmes se poseront certainement à l’avenir, comme la nécess! ité de trouver suffisamment de bénévoles pour distribuer, laver et ranger les gobelets, ainsi que pour payer les lave-gobelets.
L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), séduite par l’aspect concret du projet, a financé à hauteur de 50% l’achat des 20 000 premiers gobelets. L’opération bénéficie également du soutien du SMICTOM de Centre-Alsace, ou encore de la DIREN (Direction régionale de l’environnement).

Dark Side Of The Rock : « Les yeux pour pleurer »

Il se passe des choses louches du côté du Tibet. Entre deux bières (une dans chaque main, faut pas déconner non plus), il y a moyen de s’activer les neurones qui restent avec les exposants présents sur le festival Léz’arts Scéniques 2007, organisé par l’association Zone 51.

Ça aussi c’est un truc que je vais rater. Parce que pendant que des veinards vont se taper Sepultura (au diable les pisse-froids qui ont décroché à l’arrivée de Max Cavalera), Treponem Pal et son rock nu et débridé, je s’rais pas là.
Les Tambours du Bronx ne me martèleront pas la tête, je ne serais pas victime d’Immolation, ni Exploited. Je ne m’extasierais même pas devant Hollow Corp, ni ne me bastonnerais pour les Meteors. Mais ce n’est pas tout ! Car le samedi non plus je ne serais pas là et donc fi de Improvasators Dub, Gnawa Diffusion et autres Spirit Révolution.
Dimanche, je ne me remettrais pas de ma gueule de bois, me réveillant à moitié hors de ma tente, la tête posée sur un reste de kebab, au camping de Léz’arts Scéniques. Pourtant histoire de refaire la teuf et de me faire passer un mal de crâne comme si j’avais pris la Tour Eiffel sur la tronche, je me serais bien pris une dose de Hurlements (d’Leo) ou de Têtes (pas plus de 100grammes) et j’aurais clairement finit Debout sur le Zinc. J’aurais ainsi été Ravid Vour Voir mais ce sera pour une autre fois. Bon festival à ceux qui restent.
C. Schneider

C. Schneider

Dark Side Of The Rock : « Lez’arts scéniques, un festival qui ne lézarde pas »

Un festival qui mêle des concerts de folie, une ambiance plus que décontractée et une thématique autre que la bière et la musique (cette année le Tibet), ça existe. Si vous en voulez la preuve, venez au festival Lez’arts scéniques, à Sélestat, du 3 au 5 août.

Comme chaque festival, Lez’arts scéniques a parcouru beaucoup de chemin depuis sa création. En 2001, pour sa première édition, l’association Zone 51 proposait une affiche sur deux jours avec neuf groupes, dont NRA ou Brain Damage. En 2007, ce ne sont pas moins de 28 groupes répartis sur trois jours (du 3 au 5 août aux Tanzmatten de Sélestat) qui enflammeront le public, avec des têtes d’affiche comme Sepultura (hé oui !), The Exploited, Pleymo, Aldebert ou encore Debout sur le Zinc.

Et si, en plus, on vous dit que lors des cuvées précédentes, la salle des Tanzmatten a accueilli des noms aussi prestigieux que Sick of it all, Hightone, Agnostic Front, Naplam Death, Tagada Jones, Spook and the guay, Parabellum, Lee Scratch Perry, 25 ta life, Satanic Surfers, Babylon Circus ou encore No one is innocent, on comprendra vite qu’on a à faire à un festival qui n’est pas de seconde zone. Et surtout, qui a une programmation intelligente. Car au lieu de chercher des têtes d’affiche courues d’avance, qu’on voit un peu partout, Zone 51 cherche les groupes dont on parle moins, qu’on voit moins, mais qui dépote tout autant si ce n’est plus. Vous voulez des exemples ? En voici en voilà : Treponem Pal, Immolation, Improvisators Dub, The Meteors (pour 2007), Lab°, Zita Swoon, François Hadji-Lazaro, j’en passe et des meilleurs.

Quand, à une programmation réfléchie, vous ajoutez une ambiance des plus détendues, une organisation bien pensée et une thématique consacré à des problèmes de notre société -la cause indienne en 2005, la biodiversité en 2006 et le Tibet en 2007-, vous obtenez un cocktail des plus savoureux. Comme l’ont très bien résumé les organisateurs en une expression : "Trois jours d’expression culturelle à thème". Après, sur l’affiche de l’année, on pourrait s’étendre des heures, notamment sur des groupes comme Sepultura, Immolation et le grand retour des déjantés de Treponem Pal (celles et ceux qui ont vu leur prestation à Nulle part ailleurs en 1996 savent de quoi je parle). Mais le mieux, c’est de donner un seul conseil : venez et si vous êtes déçus, Dark Side of the Rock s’engage à vous rembourser votre billet (hein, quoi, mais qu’est-ce-que j’écris ).

TmL

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Un festival « équitable » »

Avec l’édition 2007 du festival Léz’Arts Scéniques, l’association sélestadienne Zone 51 souhaite arriver à un équilibre financier en mettant dans la balance aussi bien les coûts réels de l’aspect artistique et de la logistique que les aides publiques.

Pour l’association Zone 51, le festival Léz’Arts Scéniques ressemble à une entreprise de développement durable avec ses règles équitables. Laurent Wenger, son président, explique cette démarche : « Nous avions fait des bénéfices sur l’édition 2004 grâce à des tarifs artistiques intéressants, obtenus par le biais de nos relations. En revanche, l’économie réalisée sur la logistique est allée au détriment des moyens humains. Nous sommes tous sortis fatigués de cette édition. Quelques bénévoles nous ont même dit qu’ils ne voulaient plus jamais travailler comme ça.
Pour l’édition suivante, nous avons eu une politique de qualité à tous niveaux. Que ce soit la scène, le son, les techniciens, les bénévoles, le public. Faire évoluer et accepter un budget passant de 95 000 € à 170 000 € a été difficile, surtout quand le tout se solde néanmoins par un déficit... Les élus nous ont dit : « Vous vous êtes plantés ! » On a dû expliquer comment s’organisait un festival et quels étaient nos objectifs. »

Coût réel non répercuté

Si l’argent n’est pas rentré durant les deux dernières éditions, le festival s’était néanmoins taillé une renommée. « Nous traçons un sillon. Il n’y a pas tant de festivals de 5 000 à 6 000 personnes dans le Grand Est de la France. Mais il faut arrêter la politique de la quasi-gratuité et brader à tout va. Les gens doivent aussi s’impliquer. La plupart des festivals ne répercutent pas leur coût réel sur le prix du billet. L’avenir n’est pas forcément radieux pour certains festivals s’engageant sur ce terrain. Cela ne sert qu’à court terme. Une politique tarifaire cohérente en matière artistique est nécessaire. Tout comme de trouver un équilibre avec les aides publiques. Je pense que 13 à 17 % serait la bonne moyenne. Le travail avec des partenaires privés est aussi important. Ils ont tout un intérêt à investir dans les festivals. En terme de marketing, ils peuvent cibler un public jeune. »
L’association Zone 51 s’est aussi battue pour obtenir un retour financier équitable en échange de l’acceptation de la carte vitaculture. « Léz’Arts Scéniques est le plus gros vendeur de billet dans ce cadre là. Dans l’ancien système, seul l’organisateur de l’événement supportait le risque financier. Avec un tarif réduit de 5,50 € pour un billet valant 17 €, la prise en charge du dispositif n’allait que jusqu’à 10 €. Nous prenions en charge les 7 € restants. Nous avons eu un manque à gagner d’environ 11 000 €...

Vitaculture à 10 €

Nous estimons aussi que ce n’est pas normal que les jeunes qui travaillent et qui ont passé cette tranche d’âge ne puissent bénéficier de cette offre alors qu’ils galèrent tout autant que les autres. Nous avons expliqué à l’Agence culturelle et à la région que ce n’était pas forcément à nous de financer ce dispositif. »
La carte vitaculture est toujours là, mais à 10 €. « Cette année, nous mettons en place un forfait. Mais nous n’irons pas plus loin. » Car l’équité ne se solde pas.

Vivien Montag

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Lez'Arts Scéniques 2007 »

Le site internet de l’association Zone 51 met en ligne une partie de la programmation de l’édition 2007 du festival Lez’Arts Scéniques qui se déroule les 3, 4 et 5 août aux Tanzmatten, à Sélestat. La même architecture est conservée avec une thématique forte (le Tibet) pour l’ensemble du festival et une journée dédiée aux musiques nouvelles. Le vendredi sera punk, métal et rockabilly (pour la première fois), le samedi reggae festif et le dimanche chanson française. Sont ainsi annoncés Elisa do Brasil avec Big Red, Improvisators Dub, Gnawa Diffusion, The Meteors, Treponem Pal, Les Tambours du Bronx, Eiffel, Aldebert, The Ruts, Percubaba, Los Fastidios, Debout sur le zinc, Les Hurlements d’Léo, 100 gr de Têtes, Riké de Sensemilla, Immolation, Skarface, Demented Are Go, The Business, Frantic Flinstones... Et l’association sacrifie au rite du tremplin régional les 6 et 7 mai, au Grillen à Colmar (dépôt des dossiers avant le 18 mars).

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Tout le bonheur du monde... »

L’an dernier, l’association Zone 51 avait pour objectif de pérenniser financièrement le festival Léz’arts scéniques. Les trois jours d’expression culturelle ont donné du baume au coeur aux bénévoles... Laurent Wenger l’avait d’ailleurs annoncé dans un cri de soulagement : « On continue ! » Et de la plus belle des manières, car l’affiche de la prochaine édition se déroulant les 3,4 et 5 août aux Tanzmatten de Sélestat est diablement prometteuse.
Via son site internet, Zone 51 vient de dévoiler les groupes qui se partageront la scène. Une petite sélection où se succède tout le bonheur du monde. Exploited continue de déployer son énergie anarchique depuis 1980, preuve que le punk n’est pas mort. Pleymo représentera dignement le néo-métal français et leur album «Alphabet Prison». Le reggae vitaminé de Percubaba sera aussi de retour en Centre-Alsace. Eiffel viendra également défendre «Tandoori», son dernier et meilleur album à ce jour.
En vrac, on retrouvera aussi Skarface, 100 grammes de tête, les tambours du Bronx, les Hurlements de Léo, Aldebert, Immolation et Treponem Pal. Et puis, malgré les supplications de Riké dans son dernier single («Oublie-moi»), impossible de ne pas annoncer la venue d’un des chanteurs de Sinsémilia !
Nouveauté cette année, Léz’Arts Scéniques propose un forfait trois jours en nombre limité afin de ne rien louper de cette édition. Et deux choses sont certaines : il n’y aura pas de forfait pour tout le monde et cette édition devrait encore entrer dans les annales...

V.M.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Le rock au sommet »

Depuis sept ans, l’association sélestadienne Zone 51 propose, avec son festival Léz’Arts Scéniques, une vision du monde où le rock, même le plus bourrin, sert d’appui à une cause juste : cette année, le Tibet.
Régnera à Sélestat les 3, 4 et 5 août cette idée que la loi du plus fort n’est pas la meilleure. Bien entendu, pendant ce week-end, on verra davantage de crêtes que les bonnets jaunes Gelugpa (mouvement religieux auquel appartient le Dalaï Lama) et les guitares électriques résonneront plus que les trompes des moines. Pourtant, les festivaliers, mêmes les plus sceptiques, partiront de Sélestat en aillant vécu une expérience quasi mystique. Il suffit de se fier à l’affiche pour pouvoir l’assurer. Sur 27 groupes programmés, on ne compte plus ceux auxquels sont attribués les qualificatifs de cultissimes, légendaires ou mythiques.
Prenons par exemple Métal Urbain. Ce groupe punk est né en 1976 et a influencé, entre autres, Jello Biafra, ex leader des Dead Kennedys, au point qu’il devienne leur producteur. Loin de s’en tenir à ce pedigree plus que prestigieux, Métal Urbain n’a rien d’une réunion de continuels aigris. « Le public vient voir un groupe d’aujourd’hui et ne fait pas un pèlerinage pour écouter un groupe qui joue son best-of », prévient le chanteur Éric Débris. Qu’on se le tienne pour dit. Beaucoup estiment que Sepultura n’est plus Sepultura depuis le départ de Max Cavalera. Ils recevront une leçon de metal extrême à Sélestat, d’autant que c’est la seule que donneront les Brésiliens en France cet été. Et ce ne sont que deux noms tirés du vendredi qui verra aussi des prestations de Hollow Corp, Immolation, des Meteors, de The Business, des Tambours du Bronx, de Treponem Pal et de The Exploited.
Los Fastidios, peu connu sous nos latitudes, fait partie de ses groupes pour lesquels les fans sont capables de parcourir des centaines de kilomètres. Ces Italiens engagés sont aussi rares que Demented Are Go en concert. Si Spirit Revolution, Los Dissidentes Del Sucio Motel, Frantic Flinstone, Pleymo ou Skarface garantiront l’état de folie du public, Gnawa Diffusion, pour son dernier concert dans le Grand Est avant sa séparation, saura trouver la recette pour transporter ce monde à un état de conscience plus élevé. Tout ça avant qu’Improvisator Dub ne clôture cette deuxième journée de festival.
De tradition, le dimanche est plus posé au Léz’Arts Scéniques. Les Ravid Vour Voir ne sont pas pour autant célèbres pour leur calme, pas plus que les 100 Grammes de Tête, Les Hurlements d’Léo, Percubaba ou Debout sur le Zinc. Riké s’est fait un prénom en s’affranchissant un temps de Sensemilla. Eiffel est capable d’atteindre les hauteurs du pop rock si le public est avec lui. Aldebert, depuis son premier passage à Sélestat il y a 5 ans, est devenu grand. Quant à Elisa do Brasil, elle est La référence en drum’n’bass dans l’Hexagone. Assez pour que Big Red, ex-Raggasonic, MC au flow le plus influent, associe son nom à celui de la belle pour un duo inédit.
Soit 27 concerts en tout, plus des conférences et des débats qui, à l’image des fresques des temples tibétains - des motifs de réflexion, de stupeur, d’effroi ou de joie - permettront au public d’être plus éveillé et libre.

Jean-Frédéric Tuefferd

Passion Rock

Arrivés à Sélestat pour 15h, nous ratons Hollow Corp et Metal Urbain qui se sont succédés sur l’unique scène depuis 13h30. Notre après-midi débute donc au son du death brutal et malsain d’Immolation et de son show intense de 45 minutes. Le groupe impressionne par sa maitrise technique et son charisme porté par le jeu de scène démentiel et unique du guitariste Robert Vigna. Dommage toutefois que le volume des guitares soit trop faible car la batterie a un son monstrueux et les quatre gaillards sont très motivés malgré un public peu conséquent. La suite avec les Meteors, du rock’n’roll psychobilly aux grosses influences punk. Une pêche d’enfer, une salle bien remplie et motivée, un bon son concourent à un concert bien sympa. The Business déboulent avec leur Punk-oï de hooligans anglais : des morceaux de deux minutes pêchus mais très basiques et un peu gavant après 10 titres pour moi. Les fans sont nombreux et le super son participe au réchauffement de la salle dans une ambiance bon enfant. Les Tambours du Bronx livrent un show impressionnant, hypnotisant, véritable performance physique d’une heure manquant toutefois de puissance dans le son. L’ensemble prend une tournure sombre grâce aux interventions alternées des musiciens au chant qui délaissent temporairement leurs instruments tribaux pour déclamer des paroles surréalistes au micro. Treponem Pal m’a déçu par sa mollesse ; malgré un show carré, le tout manquait de conviction et d’originalité.

Le plat principal arrive enfin sur une chanson instrumentale bien puissante pour déboucher sur un "Refuse/Resist" magnifique. Sepultura est en forme, Andreas Kisser mène la danse et assure comme un dieu aux cotés d’un nouveau batteur qui s’en sort avec les honneurs, et d’un Paulo Jr égal a lui-même de stoïcité. Predator reste impressionnant et chante de mieux en mieux mais reste un peu juste niveau charisme quand on repense à Maxou. Et forcément, on ne peut que penser au Sepultura des années 1990 tant les classiques de cette période restent les moments les plus forts de la soirée. On a le droit à "Territory", "Spit", "Dead embryonic cells", "Arise", "Beneath the remains", "Troops of doom" dans leurs versions intégrales ainsi qu’à un enchainement sublime "Desperate Cry/ Escape to the void". L’inévitable rappel sur "Roots Bloody Roots" fera « jumper » toute la salle à l’unisson dans un grand élan de fraternité. On regrettera toutefois le manque de deuxième guitare sur les vieux morceaux ("Dead Embryonic Cells" sans guitare rythmique sur les solos, aïe !) malgré un très bon son et d’évidents moments d’anthologie. Les plus nostalgiques comme moi auraient peut-être aimé entendre un petit "Innerself", "Mass Hypnosis" ou "Altered State" mais ce serait là chipoter. Exploited livre un concert somme toute assez commun. Toujours peu de communication avec le public, des tubes enchainés en roue libre dans un automatisme ennuyeux. Pour du punk, le groupe manque de niaque et de danger, les morceaux se ressemblent trop et 2 ou 3 chansons plus métal sortent du lot. Dommage. En résumé, un festival fort bien organisé avec une programmation éclectique dominée par le concert intense de Sepultura qui aura mis tous le monde d’accord. Le seul regret aura été de voir des pseudos-punks imbibés se mettrent sur la gueule, et se jeter sur les stands de merchandising dans un esprit belliqueux à l’opposé de la mentalité keupon originelle.

David

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