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Zone51
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Chroniques, articles de presse et live reports

Festival Léz'arts Scéniques #6 - jour 3

Affiche du concert
  • Groupes : Dub Incorporation + Lo'jo + Sergent Garcia + Zita Swoon + Da Silva + Tribuman & The Jammin Orchestra + Mala Suerte
  • Date : dimanche 06 août 2006
  • Lieu : Salle Les Tanzmatten, Sélestat
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Articles

Les articles du concert

Dernières Nouvelles d'Alsace : « La belle édition »

De gros nuages noirs ont plané sur Léz’Arts Scéniques cette année. Mais ce n’était que des trombes d’eau. Cette pluie a d’ailleurs redonné de la vigueur à ce festival qui marie la qualité musicale à une vraie pertinence politique.

« Merci "Dieu" pour cette édition 2006 », lit-on sur une grande feuille blanche scotchée face aux vestiaires où les festivaliers sont invités à s’exprimer. On est encore dimanche. Zita Swoon a été le meilleur concert de Christelle, bénévole au bar. Pour Anne-Hélène, responsable des bénévoles, aussi, même si elle regrette que Stef, le chanteur, se soit coupé les cheveux, ce que veut faire Matthias, son chéri et monsieur informatique, une fois le festival fini. Sergent Garcia a présenté un concert survitaminé et a appris au public à danser la « cumbia ». Et Lo’Jo l’a transporté ensuite vers un ailleurs métissé et poétique, prouvant que les frontières culturelles et musicales n’existent pas. Reste encore à venir Dub Incorporation.

Big up à tous les groupes

Benoît est content de son festival. « Par rapport à l’an dernier, analyse-t-il, on a moins la claque avec des groupes qui s’enchaînent sans faute : Maximum Kouette, Les Fils de Teupuh, Babylone Circus... Mais là, il y a plein de découvertes. Et c’est mieux que d’avoir le samedi seulement du reggae et le dimanche que du festif. Et puis la pluie, c’est qu’un aléa. L’organisation est béton. Zone 51 a dû rentrer dans ses frais, comme ils ont réglé leur problème de Vitaculture », ajoute-t-il, visiblement très au courant. Là, il doit nous laisser, Dub Incorporation commence.

Yves a les yeux rivés sur la scène. Hélène sur l’écran géant. Le couple est venu de Remiremont, lui pour Dub et elle pour Sergent Garcia et « on a découvert Lo’Jo, c’est extra ». Hélène est en fauteuil à cause d’une sclérose en plaques. « Le parking c’était nickel. Les toilettes, parfait ! Peut-être qu’il faudrait un endroit un peu surélevé. Mais bon, il n’y a pas beaucoup de fauteuils. »
« Big up à tous les groupes qui sont passés ces trois jours, lance Hakim. Et surtout big up aux festivaliers. Faites du bruit pour vous ! » Les Dub Incorporation sont ravis du concert. « Les gens étaient tous fadas. On ne s’attendait pas à ça. Ça s’est super bien passé. » Pour Hakim et les autres, c’est l’heure de se coucher. Pour les bénévoles, celle de commencer à nettoyer. Et tant qu’à faire, à bien rigoler, on patientera encore avant d’être vraiment épuisés.

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Bilan positif »

« Le premier bilan est positif. On a eu un peu plus de 6500 personnes sur les trois jours. A 6300, c’était le break [nombre de spectateurs espérés, ndlr]. Le samedi a le mieux marché, puis le vendredi et le dimanche. Mais à chaque fois, c’est à peu près égal. Maintenant, il faut faire le bilan financier car le seuil de rentabilité bouge au fur et à mesure des semaines : il y a toujours des choses qui se rajoutent. » Laurent Wenger est donc un président heureux.
C’est aussi le résultat d’un long travail en amont. « Dix mois de boulot, ça paye. Et puis on se professionnalise. Tous les jours, je faisais des debriefing avec les différentes équipes. Si un groupe mange mal, est mal reçu, ça se verra sur scène, ça fait des festivaliers qui râlent... Mais professionnaliser, ça ne veut pas dire faire un truc énorme. C’est faire en sorte que les gens soient contents. C’est le discours que j’ai toujours tenu. » Et que toute l’association Zone 51 défend. Association qui a maintenant une petite soeur baptisée Léz’Arts Scéniques, présidée par Désirée Schieberlé, qui s’occupera spécifiquement de l’organisation du festival.
Quant à la thématique, « il y a eu une réelle symbiose entre les concerts et les conférences. Les deux publics se sont intéressés l’un à l’autre. C’est plus intéressant que de prêcher des convertis. Si les gens sont repartis en ayant appris des choses et ont passé de bons moments, c’est qu’on a réussi. »

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Auspices pluvieux »

«Marcel et son Orchestre» avait trouvé un public à sa démesure samedi soir au festival Léz’Arts Scéniques. Et quand la pluie est tombée sur Sélestat, c’est également avec démesure. Mais il paraît que ça porte bonheur.

« C’est la pluie. Y’a plus d’habits. Sont tous pourris. Sont tous moisis. » Guillaume improvise ce rap au mégaphone dans le « ring » d’Emmaüs vidé de ses oripeaux pour cause de déluge. Laurent Wenger, président de Zone 51, tente de prendre ça bien. « Samedi matin, ça m’a speedé alors que c’était moins pire. Je culpabilise vachement alors que je ne peux rien faire. Je vais beaucoup au camping. Chaque fois que ça tombe, ils gueulent "NON". Chaque fois que ça s’arrête, ils gueulent "OUAIS". On leur a apporté du bois pour qu’ils puissent faire du feu. On a ouvert la salle plus tôt pour eux. Mais les festivaliers me disent que ça va. Ça fait retour aux sources. Woodstock. »
Et pour rassurer définitivement Laurent, il y a Arlette Rohmer des Jardins de Gaïa : « En Asie, la pluie, c’est signe d’abondance de chances. Quand une manifestation se fait au Japon ou en Chine, les organisateurs sont contents s’il pleut. »
Et puis pour se réchauffer, il y a les concerts. Pour se mettre la banane, les festivaliers peuvent se souvenir de Marcel et son Orchestre la veille au soir. « C’était vraiment une belle rencontre, expliquait Franck, alias Racho, alias Mouloud, alias Marcel. Il s’est passé quelque chose. On était sur la même énergie. » Et pour s’ébrouer, on commencera par Mala Suerte qui l’a joué muy caliente, histoire de patienter jusqu’à la venue de Sergent Garcia.

« Je vous souhaite beaucoup de chance pour sécher vos tentes »

Après cette bonne dose de musique latine vitaminée, Tribuman ’ the Jammin Orchestra a mélangé les genres et a dégourdi toutes les jambes grâce à son funk-jazz-dancehall-reggae-jungle. Jean-Chri, souvent sévère, toujours juste, trouve ça « très bien fait » même si lui préfère la pop.
Qu’à cela ne tienne, on annonce Zita Swoon pour tout à l’heure. Pour l’instant, les pompiers sont de la partie et pompent une énorme flaque d’eau boueuse à l’entrée du festival tandis qu’Emmanuel Da Silva dédicace « La Chance » aux festivaliers campeurs. « Je vous en souhaite beaucoup pour sécher vos tentes. » Le set est tout en douceur, ce qui ne déplaît pas aux organisateurs qui apprécient cette oasis de calme.
Avant la tempête ? Car arrivent coup sur coup Marcel (Bauer) et son conseil et Jean-Marie Pelt. Visite du site. Petite discussion. Et conférence, les premiers écoutant avec attention le fondateur de l’Institut européen d’écologie parler de la biodiversité (voir ci-dessous). Dans la salle, Stef Karmil Carlens de Zita Swoon épate Laurent pendant qu’Elsa et Clélia, 16 ans toutes deux, venues de Masevaux, ne savent pas si elles prennent un tee-shirt, en attendant Dub Incorporation.

V.M. et J.-F.T.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Essentielle biodiversité »

Devant un auditoire nombreux, Jean-Marie Pelt, fondateur de l’Institut européen d’écologie, a conclu le cycle des conférences sur la biodiversité. Le professeur a expliqué comment l’intervention humaine avait une influence majeure sur l’environnement. « Durant mes études à la faculté de pharmacie, j’ai réalisé un herbier en 1951. Lorsque je retourne sur les lieux où j’ai cueilli ces plantes, elles ne s’y trouvent plus. Seulement 55 ans après... »
A quoi peut servir la biodiversité ? « A première vue à rien. Mais si on regarde un peu, c’est important. » Et Jean-Marie Pelt de raconter cette histoire du temps de l’empire romain. Dangereux pour l’organisme en cas d’ingestion, l’if devait être éradiqué. Sauvée par les jardiniers, la plante est devenue il y a quinze ans l’ingrédient important d’un médicament pour lutter contre le cancer. Et même si les scientifiques ont déjà recensé 1,75 million d’espèces animales dans le monde, ils n’en ont encore pas fait le tour. Cette richesse est fragile : la disparition d’espèces s’accentue de 100 à 1000 fois plus vite à cause des actions humaines.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Univers d'intimité »

Zita Swoon est un ovni dans le monde musical. Parce que beau. Parce qu’inclassable. Parce qu’intime. Da Silva est un cas dans la chanson française. Parce que poète. Parce que mélodique. Parce qu’intime. Ils ouvrent leurs univers rares dimanche 6 août aux Léz’Arts Scéniques.

Emmanuel Da Silva aime brouiller les pistes. A écouter son premier album « Décembre en été », on imagine mal que l’homme a un passé punk et qu’il a évolué dans divers groupes indus. Il n’y a rien de cela dans ce premier disque sensible et charmeur. On sent chez lui un amour pour la chanson bien faite, qui raconte une histoire de soi, tellement intime qu’elle appartient à tout le monde. On se sent proche.

« On oublie sa paroisse et on danse, et on chante avec eux »

C’est cela : Emmanuel Da Silva est un chanteur de proximité. Celui que l’on écoute pour mieux s’entendre. Que l’on va voir sans faire de manières, lui n’en faisant pas. Ce n’est pas une star et ne le sera sans doute jamais. « Je ne cherche pas la célébrité, Je me fous de la gloire, encore plus du fric », dit-il sur son blog. Il est animé par autre chose : continuer à monter sur scène pour donner des moments d’intimité au public. Stef Kamil Carlens aime aussi les instants partagés. Avec le groupe Zita Swoon, il rompts les codes établis depuis longtemps. « Je ne l’ai jamais vu en concert. Mais je crois que ce sont des performances, raconte Claire qui se charge de la communication pendant le festival. Si j’ai bien compris, le groupe se met au milieu de la salle pour être davantage en contact avec le public ». Elle ira le voir, si son programme le lui permet car elle s’occupe plus particulièrement « des rapports entre les journalistes et les groupes ».
Claire aime bien Zita Swoon. « La musique me touche. C’est soft. Acoustique ». Tout en gardant une approche expérimentale. Sans doute une réminiscence de dEUS, le premier groupe de Stef Kamil Carlens. « Ici, lit-on sur internet, on ne parle plus de genres ou d’influences. On oublie sa paroisse et on danse, et on chante avec eux, pas parce qu’on connaît les chansons par coeur mais parce qu’on ne peut pas faire autrement, on a surtout pas envie de faire autrement ». Bienvenue dans un monde différent.

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Le laboratoire ou l'usine »

Le dub est une chimie savamment dosée, entre effets électroniques et sons organiques. Mais c’est toujours le produit d’expériences. Faites par les laborantins de Lab° ou les ouvriers du genre que sont les Dub Incorporation, à voir à Léz’Arts Scéniques samedi 5 et dimanche 6 août.

Quelle est la formule chimique du dub ? C’est une question légitime que l’on peut se poser tant ce genre a pris des contours divers en partant pourtant d’une mixette deux pistes traficotée en Jamaïque à la charnière des années 60 à 70. On ne tranchera pas ici pour savoir qui en est l’inventeur : Ruddy Redwood, Osbourne Ruddock aka King Tubby ou Lee "Scratch" Perry. Nous parlerons de la façon d’en faire de deux groupes français : Lab° et Dub Incorporation. Car les deux approches sont différentes.
Concernant Lab°, certains puristes vous diront que cela n’a rien à voir avec du dub. D’autres, au contraire, que Lab° a retrouvé une recette que l’on croyait tout à fait perdue : celle du dub rock. Petit rappel pour les plus jeunes qui n’ont pas connu les premières années gothiques, vers 1980. Il était une fois un groupe anglais qui s’appelait Bauhaus et qui aimait bien les vampires. A tel point qu’il fit un morceau à la gloire de sa plus grande incarnation. Ce morceau se nomme « Bela Lugosi is dead ». Et c’est du dub. Sombre. Torturé. Rock.
Depuis cela, quasiment plus rien jusqu’à Lab°. A force de tâtonnements, de morceaux éprouvés par de longues écoutes des grands anciens et de pas mal de noise, ils ont mis au point une formule qui intrigue autant qu’elle fascine. Leur album «Müs» est un objet rare, riche de secrets qui se révèlent peu à peu. Néanmoins, c’est parfois ardu, expérimental.

« Un vrai dub reggae avec des cuivres »

Beaucoup plus terre à terre, roots, Dub Incorporation fait « un vrai dub reggae avec des cuivres », raconte Benjamin, qui va entamer à 18 ans son deuxième festival Léz’Arts Scéniques en tant que bénévole dans l’équipe « cleaning ». « On fait les loges. On se couche assez tard et on s’occupe des serviettes des artistes. » Il a découvert Dub Incorporation - en français Dub SA - « lors d’une soirée chez des amis. Il y a beaucoup de mélanges dans leur musique : du reggae, du dub, un peu de ska parfois. Ils chantent en français, en anglais et en arabe. Les paroles sont engagées. C’est très sympa à écouter sur album. Vu le potentiel, ça risque d’être sympa ». Et, rappelons-le encore, « ce n’est pas du dub électro ».
Plus naturel que Lab° donc ? A voir. Surtout quand on sait qu’incorporation veut aussi dire, selon Wikipédia : « Activité des radionucléides pénétrant dans l’organisme par inhalation, ingestion ou voie cutanée à partir du milieu ambiant ». Ce qui est une parfaite définition d’un concert de dub.

Jean-Frédéric Tuefferd

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