Aller au contenu - Aller au menu
Zone51
Rock Your Brain !

Chroniques, articles de presse et live reports

Festival Léz'arts Scéniques #6 - jour 1

Affiche du concert Affiche du concert Affiche du concert
  • Groupes : Sick Of It All + Agnostic Front + First Blood + Black Bomb A + Aqme + Watcha + Guerilla Poubelle
  • Date : vendredi 04 août 2006
  • Lieu : Salle Les Tanzmatten, Sélestat
  • Afficher le détail du concert

Articles

Les articles du concert

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Pluie de métal »

Le festival Léz’Arts Scéniques, sixièmes du nom, a commencé hier dans un déluge de décibels. De quoi oublier la pluie qui s’est abattue sur le site des Tanzmatten.

« C’est pas une heure pour venir à des festivals, raconte Till, des Guérilla Poubelle, à un public déjà nombreux même s’il n’est pas encore 16 h. Normalement, on vient plus tard pour les groupes qui valent le coup. Merci d’être là alors. » Et d’enchaîner tout de suite un des morceaux surexcités qui ont fait la réputation du combo parisien.

« On est venues surtout pour AqME. C’était nickel »

On espère juste que leur morceau « Demain il pleut » ne sera pas de mauvaise augure météorologique car la pluie est déjà bien là, par alternance. Ce qui n’empêche pas la prestation d’être bonne. « C’est notre meilleure date depuis au moins 30 ou 40 concerts, confiera Till. On n’a même pas insulté le public. » Car le chanteur déteste autant le manque de respect que les spectateurs passifs et n’hésite jamais à le faire savoir.
Dedans comme dehors, c’est ambiance défilé de mode, Emmaüs étant à nouveau sur le site et proposant des vêtements aux festivaliers contre une participation modique. « Ça se passe comment », demande ce gaillard un peu dépassé à Jean-Paul Marx qui co-dirige la communauté de Scherwiller. « Vous prenez ce qu’il y a sur les ceintres ou dans les cartons et vous mettez ce que vous voulez dans la boîte en sortant. » Les deux Francs-Comtois prennent ce qui leur tombe sous la main et s’en accomodent. C’est trop petit ça. « C’est pas grave. » Et c’est à l’envers. « C’est pas grave. » Tout fier de porter une cagoule, Julien est émerveillé devant ce qu’a déniché son pote. « Ouah ! un gilet de cow-boy ! » Les Watcha sont complètement déchaînés sur scène. Dans la galerie, les plus tatoués attendent Agnostic Front et Sick Of It All. « Ça fait des années que je les écoute », explique Sacha, la chemise laissant deviner un poitrail ornée d’un dessin très coloré. Tatoueur et peintre de son état, il a proposé à Laurent Wenger de Zone 51 de réaliser une affiche en très petit tirage pour marquer la journée. « Je me suis dit que ce serait cool. »
Très cool aussi, les associations invitées qui présentent leurs démarches aux festivaliers curieux. Beaucoup moins cool, la brigade anti AqME qui, le majeur tendu, tente de perturber leur set. « J’ai jamais vu ça », dit Julie, une Strasbourgeoise qui en est à son cinquième concert d’AqME et qui trouve celui-ci « excellent ». Car les Parisiens, sans doute échaudés, montent en puissance et prouvent qu’ils ne font pas de la variété pour midinettes, même si les filles adorent ça. D’ailleurs, une fois que c’est fini, Caroline et Sophie s’en vont. « On est venue pour Guerilla, Watcha et surtout AqME. C’était nickel. Après, ce sont trop des groupes bourrins. » Comme Black Bomb A qu’iront voir ces trois frères éparpillés d’habitude entre Guyane, Alsace et Lorraine.

V. M. et J.-F. T.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « En toute biodiversité »

En ces temps de tumultes écolo-météorologiques, le festival Léz’Arts Scéniques, à Sélestat ce week-end, est entièrement consacré à la défense de la biodiversité. Les gardes champêtres croiseront le chemin des punks, les rastas s’intéresseront aux rapaces et Jean-Marie Pelt occupera la scène avec, notamment, Sergent Garcia.

Sur un tract du festival Léz’Arts Scéniques, on peut lire : « A l’heure actuelle, notre planète traverse la sixième grande crise d’extinction des espèces depuis le début de la vie sur terre. » Ainsi a-t-on vu la disparition presque complète des mods, des grunges, des hippies et des amoureux du twist pour ne citer que quelques-uns de ces étranges animaux qui se rassemblent en meute et observent des rites critiqués dans de nombreux ouvrages. Car oui, le monde de la musique est menacé lui aussi dans sa diversité. Tous les jours, des genres meurent et des artistes sont oubliés, terrassés par le grand déversement sur les ondes radios et sur nos petits écrans de produits indigestes souvent estampillés « tubes de l’été » par de grandes marques.

« On peut parler d’autre chose que de musique dans un festival rock »

On ne peut donc que saluer la pertinence de la programmation du festival Léz’Arts Scéniques à Sélestat qui combinent, sur trois jours, 21 concerts et 17 conférences traitant du délicat sujet de la biodiversité.
Parmi les intervenants, citons en vrac la toute première (et unique) rencontre en Europe d’Agnostic Front et de Sick Of It All, dinosaures du hardcore avec respectivement 25 et 20 ans d’existence, la venue d’un autre monstre sacré dans son genre, le professeur Jean-Marie Pelt, les énergumènes bigarrés de Marcel et son orchestre, les grands fauves du GEPMA (Groupe d’étude et de protection des mammifères en Alsace), la présentation sur scène par Sergent Garcia de son nouvel album et le monde fascinant des grenouilles par le BUFO (association pour l’étude et la protection des amphibiens et reptiles d’Alsace)...
« On peut parler d’autre chose que de musique dans un festival rock, fait remarquer Victoria Michel, stagiaire chargée de la thématique de Léz’Arts Scéniques. Et la biodiversité, on ne peut plus faire sans s’en soucier. Nous voudrions ouvrir les gens à de nouvelles perspectives. » Pour élargir notre horizon et préserver nos couchers de soleil.

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Le paradoxe du graphiste »

Stéphane Perger n’est pas le membre le plus connu de Zone 51. Pourtant il est celui dont le travail se voit le plus. Il est le graphiste de l’association.
« La première fois qu’on m’a parlé du thème retenu (la biodiversité, ndlr) , j’étais un peu bouche bée ». Se posait pour le graphiste de Zone 51, Stéphane Perger, une sorte de casse-tête à résoudre en conservant les éléments hérités du premier graphiste de l’association. C’est un papillon rouge posé sur les nervures d’un fleuve mangé par un soir où brillent des étoiles tatouages qui a apporté la solution.
Avis critique d’une bénévole de l’association : « Il retranscrit ce que nous voulons dire à travers une affiche qui attire l’oeil. Stéphane est quelqu’un de très discret. Peu de membres savent à quoi il ressemble. Pourtant, il joue un rôle super important. Le visuel, c’est ce que les gens retiennent en premier ». Présentons donc ce personnage incontournable de la constellation Zone 51.
Stéphane Perger est né en 1975 à Saint-Étienne. Il monte à Strasbourg pour faire les arts décoratifs en 1997. Il reste pour raisons amico-sentimentales, « et je n’ai pas envie d’aller à Paris. Il y a plein de choses à faire ici ». Il travaille d’abord dans une agence de publicité. C’est là-bas qu’il fait la connaissance de celui qui le mettra en connexion avec Sélestat : « Jean-François Tournoux, le fameux Jefff. Nous avions monté un groupe, Bouncer. On allait répéter au Caméléon. J’ai rencontré comme ça Laurent et toute la clique. Le graphiste qui bossait pour eux (Stéphane Eck, qui a également réalisé pendant plusieurs années les chars du Corso, ndlr) était parti vivre au Japon. Ils étaient en rade. Jefff a dû parler de ce que je faisais à Laurent. »
La première chose qu’il réalise, ce sont les flyers du concert de Fishbone en novembre 2002 à Marckolsheim. L’affiche est belle et le concert un succès. Parmi les autres hauts faits de Stéphane, citons la série des montres pour les différents Superbowl, celle des quatre dernières éditions de Léz’Arts Scénique, le poster de la soirée métal 80 avec son rocker tatoué et barbu, celui du concert de Nashville Pussy avec un portrait de Ruyter, la guitariste, en plein solo... Une anecdote d’ailleurs sur ce concert : « Elle a demandé à me voir. Elle a bien aimé ce que j’avais fait. Elle voulait savoir si elle pouvait le réutiliser. Peut-être qu’on va retrouver ce dessin quelque part aux USA en 4X3... »
Mais il est de plus en plus rare de voir Stéphane aux concerts. Parce qu’il n’a pas le temps. Félix, son bébé, né en juin dernier, ne lui en laisse pas beaucoup. Sir Arthur Benton non plus. Il faut dire que ce lord est un sale type sans beaucoup de scrupules. C’est ce que l’on a pu découvrir lors des deux premiers tomes de cette splendide bande dessinée écrite par Tarek. Elle plonge le lecteur dans le monde de l’espionnage au moment de la seconde guerre mondiale. Le troisième tome et dernier se déroule à Berlin en 1945. Stéphane doit rendre ses planches pour septembre. Il restera donc discret. Comme toujours.

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Brutes d'expression »

Le hardcore est un genre musical qui ne fait pas dans la dentelle. Les membres des groupes sont : hypermusclés, hypertatoués, hyperénervés. Ils sont aussi hyper concernés par la société telle qu’elle est et le disent très forts.

Parmi ceux qui le disent plus forts que les autres figurent les légendaires Sick Of It All et Agnostic Front, aux Léz’Arts Scéniques vendredi. N’y allons pas par quatre chemins : ce qui va se passer vendredi 4 août au soir aux Tanzmatten est un événement rare. Les « concertistes » les plus avertis n’ont jamais vu cela en Europe : Agnostic Front, hardcore oldschool since 1981, partagera la scène avec Sick Of It All, New York hardcore since 1986.
Pour comprendre le côté important de la chose, laissons la parole aux fans. Comme ce sont les femmes qui en parlent le mieux, écoutons Virginia, bénévoles sur Léz’Arts Scéniques, disserter sur Agnostic Front. « La musique est puissante, le chant ravageur, la bière coule à flot et les paraboots sont de sortie. » Vous pouvez nous en dire plus ? « J’aime beaucoup le chanteur Roger Miret. Il a une grande personnalité et beaucoup de hargne. Le groupe a un très bon rapport avec son public. Ils ont dans leur répertoire des morceaux plutôt oï (comprenez fédérateurs, ndlr) comme " Gotta Go " ou " Crucified ". Alors le public s’élève et crie at quid miex miex (à qui mieux mieux en vieux français, la demoiselle ayant fait ses humanités et étant professeur de français dans la vie de tous les jours, ndlr). Ce sont toujours des grands moments de pogo (danse tribale qui se pratique en débardeur blanc dans ce cas précis, ndlr). » Virginia les a vus une fois à Fribourg. En 1997 ou 1998, elle ne sait plus. Elle se rappelle juste que le chanteur est très sexy et qu’elle quittera le bar VIP, endroit dont elle a la responsabilité durant le festival, pour aller le voir.

« Ils n’ont rien perdu de leur pêche »

Matthieu, hardcore looser since 1996 avec Nonsense et vice-président de Zone 51, parle également très bien de Sick Of It All. « Ils ont beaucoup d’énergie et une flopée de tubes sur chaque album. C’est rare. Ils ont une bonne attitude sur scène. Contrairement à beaucoup de groupes hardcore, ils ne font pas les gros méchants. Et Lou Koller, le chanteur, parle beaucoup avec le public. C’est assez appréciable. » Comment sait-il tout cela? « Je les ai vus quatre fois en 10 ans, dont deux fois à Strasbourg. La première, ça devait être en 1996. Ils n’ont rien perdu de leur pêche sur scène. »
Il pourra le vérifier encore une fois vendredi prochain sans abandonner son poste. « Je ferai des allers-retours entre le merchandising et le vestiaire. Mais j’ai la chance d’être dans la salle. » Ainsi ne perdra-t-il pas une miette de ces deux concerts ni de celui de Firstblood, combo californien qui accompagne Agnostic Front pendant leur tournée européenne.

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Punk attitude »

Pour reconnaître un punk, pas question de se fier à la crête du premier venu ou à son chien. Le punk est une attitude. Et en France, une façon de réinventer la chanson française. On s’en rendra compte lors de Léz’Arts Scéniques avec Guérilla Poubelle et Mon Côté Punk en concert.

Qu’est-ce qu’un punk ? Si l’on en croît une définition vieillotte de la petite Larousse, c’est une personne suivant « une mode, apparue vers 1975, caractérisée surtout par l’agressivité et la dérision ». Si l’on croit au sens de la dérision des Guérilla Poubelle, on a du mal à concevoir leur agressivité. Certes, on ne compte pas les aspects de la société que le groupe vomit (en vrac, l’ultra-marchandisation de notre société, la « sous-culture plastique », l’uniformisation de la culture...). Et bien qu’on retrouve beaucoup d’énergie dans la musique de ces jeunes hommes, loin d’être trentenaires, ils ne sont pas agressifs du tout. Sauf quand on est malpoli.
En fait, à un concert de GxP (c’est ainsi qu’ils s’abrègent), on rigole plus qu’on ne réfléchit. « J’aime bien leur musique et les ambiances que les textes dégagent », dit Luc, qui cette année encore sera bénévole sur le parking pour Zone 51 et mouillera le maillot devant GxP. Pourquoi eux en particulier? « Parce que je les ai déjà vus une paire de fois dans des contextes différents, au Tigre dans une ambiance bondée, et à Mulhouse, devant 20 personnes. Et que ce sera encore différent sur une grande scène. » Ce qui signifie aussi qu’ils ne se répètent pas et sont sincères (« For real », disent les punks en anglais).

MCP ne joue pas
du punk bien qu’étant
anticonformiste de coeur

Mais reprenons notre définition, vintage Larousse 1987, pour l’appliquer à Mon Côté Punk, présent à Léz’Arts. Dérision ? Oui, dès la pochette de l’éponyme album de ce « collectif à géométrie variable » qui porte des crêtes faites mains (ou plutôt le contraire). Dans les paroles aussi avec, entre autres, l’excellent « Youssef ». Et puis dans le choix d’un nom trompeur car ce groupe fort d’une dizaine ne membres ne joue pas du punk bien qu’étant anticonformiste de coeur.
Venant de groupes reconnus de la nouvelle chanson française comme La Rue Kétanou et Mektoub, et ayant agrégé des chanteurs estimés tel Loïc Lantoine, MCP (qui s’abrège donc aussi à l’instar des vrais groupes punks à la GBH) n’aime rien moins que mélanger les influences, là arabisante, ici plus « rapisante », plus loin rock ou tout à la fois, en conservant toujours la passion des choses bien écrites. C’est sans doute pour cela qu’ils se sont pris d’attachement pour Bernard Dimey qui était à la poésie ce qu’Antoine Blondin était à la littérature : des punks. Qui a dit qu’ils étaient hors sujets ?

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Du hardcore au néoromantisme »

Le festival Léz’Arts scéniques s’installe pour trois jours de musique du 4 au 6 août aux Tanzmatten de Sélestat. Une vingtaine de groupes et d’artistes se relaieront sur scène. Et comme dirait ce bon vieux Francis Zégut : « histoire de faire frissonner les cages à miel, on vous en propose une sélection »...

Black Bomb A : Que dire de ce combo métal hardcore ? BBA est assurément un groupe d’énervés. D’ailleurs, la scène des Tanzmatten tremble encore de leur deux passages ravageurs en 2004 et 2005. Les musiciens n’y vont pas de main morte. Ils délivrent une énergie pure à haute teneur vitaminée. Sur des riffs lourds, les deux hurleurs Arno et Poon ne laissent pas en paix leurs cordes vocales. Les chants graves alternent avec les aigus dans un turbulent tohu-bohu. Les lascars n’ont qu’une idée en tête défendre leurs trois albums « straight for the vein », « Human Bomb », « Speech for freedom ». Tous ceux qui les ont vu en concert sont unanimes : on ne ressort pas indemne d’un concert de BBA. Mais complètement lessivés. Slam et pogo compris. Ambiance électrique assurée. Boule quiés en sus.

AqME : AqME sont aussi des fidèles du Léz’Arts scéniques puisqu’il partageait l’affiche avec les BBA en 2004. En deux ans, AqME a pris du galon. Maturité, renommée et nouvel album.
Bien que leur dernier opus se nomme « La fin des temps », AqME se porte donc plutôt bien. On serait même tenté d’écrire très bien. Le groupe a en effet mené plusieurs dates communes avec... Indochine. Excusez du peu. AqME développe un univers sombre flirtant aux frontières de la pop et du néo-métal. Ils seront à nouveau aux Tanzmatten pour dire « le poids des mots ». Les fans des néoromantiques d’AqME devraient être fidèles au rendez-vous.

Watcha : Et le « phénix » aurait dû renaître de ses cendres... Sortie en septembre 2005, le dernier album de Watcha n’a pas laissé insensible leurs fans. Disque « énooorme » pour les uns, opus à « oublieeeer » pour les autres. Les avis sont aussi bien tranchés que du pain de mie. Et c’était visiblement l’obejctif : désarçonner et surprendre. En ces deux points, « Phénix » remporte la palme. Avec des titres formatés comme « L’amour n’évite pas la mort » ou « un jour » ou déjantés comme « Dimebag » (hommage à feu Dimebag Barrel, guitariste de Damage Plan) et « Sam4 », Watcha n’a qu’une solution. Le groupe se doit de convaincre. Leur show promet donc d’être rentre dedans... Autre raison qui doit valoir le détour : la reprise d’« I was made for lovin’you » des mythiques Kiss. Une version que n’aurait certainement pas dénié un certain Marylin Manson, adepte à piquer des vieux standards.

Vivien Montag

Dernières Nouvelles d'Alsace : « La biodiversité, pour mieux s'entendre »

Le festival Léz’Arts Scéniques a pris pour thématique cette année la biodiverstité. Parce que l’uniformisation nous menace à tous points de vue. Parce que la différence permet de mieux s’entendre, comme l’explique le service environnement de la ville de Sélestat qui présentera plusieurs conférences.

Selon une étude récente menée à l’échelle mondiale, « parmi les 400 000 espèces animales répertoriées, il y en a au moins 15 000 qui sont soit en voie de disparition ou complètement éteintes», rapporte Philippe Moog, responsable du service environnement de la ville de Sélestat. Est-ce que cela change notre vie de tous les jours ? Beaucoup plus qu’on ne le pense.

Des sangliers en ville

Un exemple ? « Si on trouve autant d’animaux sauvages en milieu urbain comme les fouines et les martres, c’est à cause de la disparition de leurs habitats naturels. On voit même des sangliers dans les jardins ouvriers et les parcs municipaux. » Et avec une pression urbaine, les rejets dans la nature et le réchauffement de la planète, cela ne va pas s’arranger. Face à l’ampleur du problème, Zone 51, par l’intermédiaire du festival Léz’Arts Scéniques, pose les bonnes questions en invitant notamment le service environnement de Sélestat à s’exprimer (pour les autres conférences, lire ci-contre).
« On peut décliner la biodiversité en trois grands thèmes : l’habitat, la faune et la flore. Si on ramène cela à Sélestat, les castors ont disparu de nos cours d’eau au siècle dernier. Depuis 1999, la ville, avec la collaboration d’Alsace Nature, a relaché 18 couples dont au moins un s’est durablement installé. » Cela ne va pas sans difficulté car la place a été occupée entre temps. « La nature a horreur du vide », rappelle Philippe Moog. On a vu ainsi se développer le ragondin « au lac de canotage ». Et qui dit espèces différentes entend conséquences différentes sur l’environnement. Parfois minimes, souvent tragiques, d’abord pour la flore et la faune, puis inévitablement pour l’homme.
A Sélestat, la commission environnement que préside Marianne Koenig prend les devants. Il a été décidé de «soigner» les cours d’eau de l’Illwald, « qui ont été "canalisés" au siècle dernier, enfin rectifiés, ce qui les a rendus rectilignes et uniformes et a entraîné moins de diversité, explique Marylène Cacaud, chargée de mission. En restaurant les milieux, on restaure les biotopes. » Cela revient à dire que la biodiversité, c’est l’éloge du détours face à la ligne droite. « La complexité, la richesse, c’est ce qui fait que tout fonctionne, résume Philippe Moog. Notre modèle économique de développement est trop uniforme. » A force de maltraiter notre environnement parce qu’il est gratuit, on court à la catastrophe. « Il faut donner une valeur économique [ce qui ne veut pas dire une valeur marchande, ndlr] à la nature. Sinon, tout risque de disparaître. »

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « L'édition de tous les dangers »

Le festival Lez’arts Scéniques n’a guère le choix. « Ça passe ou ça casse ! » , affirme Laurent Wenger, président de Zone 51. Cette édition 2006 doit faire oublier la précédente qui s’était révélée financièrement déficitaire. « Nous avons eu une grosse remise en question. Concernant le choix de la date, cela aurait été suicidaire de proposer le festival en même temps que la foire aux vins de Colmar. De plus, nous avons un partenariat en terme de communication avec eux que nous n’aurions pu conserver. C’est aussi irréalisable de monter en France un festival fin août. Les artistes tournent principalement de mi-juin à mi-août. »
Donc ce sera les 4, 5 et 6 août aux Tanzmatten. Trois jours d’expressions culturelles où rock, ska, et autres musiques festives seront au rendez-vous.
La politique tarifaire du « Lez’arts » a aussi été revue, notamment avec l’augmentation du prix du billet avec la carte Vitaculture. « On ne pouvait pas faire autrement. Nous avons négocié avec la région et l’agence culturelle d’Alsace. Nous ne pouvions matériellement pas assumer un prix de 5,50 €. D’autant que 37 % de nos entrées provenaient de ce système. Le nouveau tarif est plus équitable. Avec l’autre réduction et le billet plein tarif, l’écart était disproportionné. »
Un nouveau cahier des charges permet d’établir le prix du billet à 10 €. Une moindre affaire pour les possesseurs de la carte Vitaculture mais la vitalité du festival passe par là !

La programmation artistique est d’un niveau plus élevé en terme de notoriété

Pour que le festival Lez’arts Scéniques rentre dans ses frais, la jauge est estimée à 6500 entrées. « L’édition 2005 a fait un millier de festivaliers en moins que l’édition de 2004. Mais cette année, la programmation artistique est d’un niveau de notoriété plus élevé. »
Et effectivement sur les trois soirées, il y a du lourd. Voici quelques noms en vrac : Sergent Garcia, Marcel et son orchestre, Rasta Bigoud, Lo’Jo, Pause (le projet du chanteur du groupe Tryo, et d’un membre de la Mano Negra), Dub Incorporation, Da Silva, Agnostic Front, Sick Of It All (seule date en France), Black Bomb A, Aqme...
Bonne nouvelle également pour les artistes locaux: ils seront considérés comme des professionnels au même titre que les têtes d’affiches. Ils bénéficieront ainsi des mêmes conditions techniques, du même temps et de la même scène. Exit donc la petite scène. « Il n’y aura pas de balance le matin, les musiciens la feront sur scène avant de commencer. » Bien que les horaires de passage ne soient pas encore tout à fait calés, ils seront respectés à la minute près.

La biodiversité dans tous ses états

Le festival Lez’art Scéniques, ce sont aussi des conférences-débats et des expositions sur des thématiques de société.
« L’an dernier, avec la cause indienne, le retour avait été bon. Comme il l’avait été pour la collaboration a! vec Emmaüs. Il est certain que la programmation artistique est importante, mais pour zone 51 les thématiques sont aussi parmi nos moteurs. Cette année, nous abordons la biodiversité. », explique Laurent Wenger. Victoria Michel, stagiaire, a en charge cette thématique : « C’est un terme à la mode qui comporte des problématiques larges avec des échéances irréversibles courtes. Mais la prise de conscience est encore trop peu importante actuellement. »
Quatre associations interviendront (lire ci-contre). Le service environnement de la ville de Sélestat interviendra aussi sur les richesses de l’Illwald et le SMICTOM tiendra un stand de sensibilisation.
En outre, Zone 51 recevra un hôte de marque en la personne de Jean-Marie Pelt. « Nous sommes fiers d’accueillir cette sommité. Il interviendra dimanche 6 août à 18 heures. Nous lui avons laissé le champs libre. Comme à son habitude, il devrait être passionnant. Et ses propos seront complémentaires des problématiques abordée! s dans les autres conférences-débats. »
Chose acquise, la diversité culturelle sera au rendez-vous du festival Lez’arts Scéniques.

Vivien Montag

Dernières Nouvelles d'Alsace : « L'écologie vue par Lez'arts Scéniques »

Une définition

La biodiversité

Biodiversité, contraction de « diversité biologique », expression désignant la variété et la diversité du monde vivant. Dans son sens le plus large, ce mot est quasi-synonyme de « vie sur terre ».

Le chiffre qui chiffonne

15 589

C’est le nombre d’espèces confrontées à un risque d’extinction. La planète traverse la sixième grande crise d’extinction des espèces depuis le début de la vie sur terre. Les principales causes: le réchauffement climatique, la surexploitation des ressources, la diminution des habitats, l’introduction d’espèces exotiques.

Conférences-débats

Jean-Marie Pelt sera là !

Président de l’Institut européen d’écologie et professeur émérite de l’université de Metz, Jean-Marie Pelt est un botaniste-écologiste de renom. Le scientifique est très sollicité pour les prob! lèmes de sécurité alimentaire et les incidences des OGM sur la santé et l’environnement.

La protection des amphibiens

L’Association pour l’étude et la protection des amphibiens et reptiles d’Alsace interviendra sur la préservation des zones humides en Alsace, les amphibiens d’Alsace, la place des reptiles dans les écosystèmes, le cirque comme négation de l’animal...

... des mamifères

Le Groupe d’étude et de protection des mammifères d’Alsace (GEPMA) proposera les sujets suivants : les grands carnivores ont-ils une place en France ? Les chauves souris démons de la nuit. Cohabiter avec la faune ? c’est possible !

... et des oiseaux

La LPO (Ligue de protection des oiseaux) interviendra sur le monde fascinant des rapaces et les oiseaux d’Alsace. Qu’ils soient menacés ou non, la LPO les étudie et essaye de les protéger.

L’éco-consommation

Greenpeace inte! rviendra sur les thématiques suivantes : éco-consommation : la surpêche, ou comment devenir un consommateur responsable; conférence sur les forêts primaires et sur les OGM.

Cinéma

Ried Bleu

Le film de Serge Dumont « Ried Bleu » sera présenté et commenté durant le festival.

Exposition photographique

Le pays des étangs

Eric Ferry et Bruno Oertel sont passionnés de nature. Ils ont choisi pour thème les étangs lorrains, un écosystème dont les richesses discrètes se sont prêtées au jeu de leur appareil photo.

Le Sélestadien

Les 4, 5 et 6 août, Lez’arts scéniques investissent pour la sixième année consécutive la scène des Tanzmatten. 9000 personnes et près de 300 artistes sont attendus pour ce festival de musiques nouvelles dont le thème sera cette année la biodiversité. Les concerts débuteront vendredi soir avec des sonorités très rock/métal avant d’adopter, samedi et dimanche, des accents plus festifs - reggae, électro, chanson française (voir programme cicontre). Le public très éclectique de ces trois jours d’arabesques musicales - orchestrées par Laurent Wenger et les "fondus" de son association Zone 51, épaulés par plus de 130 bénévoles - devrait largement y trouver son compte... d’autant que la programmation propose aussi des artistes locaux à qui Zone 51 entend bien servir de tremplin. De nombreuses associations telles Greenpeace, la LPO (Ligue pour la protection des Oiseaux), le GEPMA (Groupement d’études pour la protection des mammifères en Alsace), la Bufo (Association pour l’étude et la protection des amphibiens et reptiles d’Alsace) seront présentes aux Tanzmatten pour sensibiliser le public au thème choisi cette année : la biodiversité. Plusieurs services de la Ville - partenaire du festival - seront aussi sur le pont pour contribuer au succès de la fête. Comme les années précédentes, le Zic Bus, équipé de M.A.O. (musique assistée par ordinateur), permettra au public d’enregistrer ses créations pendant les trois jours que durera le festival.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Diversité musicale et biologique »

Au fil des années, le festival Lez’arts Scéniques marque sa différence dans le paysage festivalier. Contrairement à ses camarades petits et gros, à Sélestat on cultive la quête du sens en associant à la musique une thématique forte. Cette année, ce sera la biodiversité. Ce qui colle bien à une affiche où se croiseront les 4, 5 et 6 août Sick of it all, Marcel et son orchestre ou Zita Swoon.

Les membres de Zone 51 sont des gens de principe. « Depuis 5 ans, nous avons le même concept avec Lez’arts Scéniques : de la musique sur fond de thématique ou de la thématique sur fond de musique », explique Laurent Wenger, le président de l’association sélestadienne. Et après s’être penché sur l’Inde, le Rwanda, après avoir braqué les projecteurs sur les compagnons d’Emmaüs et défendu la cause indienne, cette année, le festival met en avant la biodiversité. Conférences, débats, associations sont donc annoncés, avec peut-être le professeur Jean-Marie Pelt en guest star.

Respect de la différence

Car si le respect de la différence est au coeur de sa réflexion, on trouve le même attachement au sein de Zone 51 qui défend la musique dans ce qu’elle a de moins formaté. C’est ainsi que l’on pourra voir le vendredi 4 août Guerilla Poubelle, Watcha, Aqme, Black Bomb A, et en exclusivité française Sick of it all, mythique groupe de hardcore américain qui, fait rare, partagera l’affiche avec Agnostic Front. Le samedi 5 août sera plus calme avec Enneri Blaka, Les Dahus, Mon côté Punk, Pause - le projet commun du guitariste de Manu Chao et Guizmo de Tryo - Rasta bigoud, Marcel et son orchestre et Lab. Le dimanche 6 commencera par Mala Suerte, puis Tribuman Projetc, Da Silva, Zita Swoon, Lodjo, Dub Incorporation et culminera avec Sergent Garcia.
« Il y a plus de groupes. Les plages horaires sont plus grandes avec ouverture des portes à 13 h. Et tout se passera uniquement sur la grande scène », énumère Laurent Wenger. C’est-à-dire essayer de minimiser au maximum les risques, toujours très présents pour ce festival auto-financé à plus de 80%. « Même si nous sortons d’un festival déficitaire, nous avons augmenté notre budget artistique (200 000 €). Ce sera pour nous l’année charnière. Ça passe ou ça casse. Mais on est soutenu par nos partenaires et les élus. Tout le monde veut que ça continue. » Ne serait-ce que pour la sauvegarde de la diversité de l’offre artistique.

Jean-Frédéric Tuefferd

Yezzi.net

Festival Lez Arts Sceniques - Complexe des Tanzmatten à Sélestat (68) (04-08-2006)
avec Sick of it all + Agnostic front + First Blood + Black Bomb A + Aqme + Watcha + Guérilla Poubelle + Enneri Blaka + Dahus + Pause + Mon côté punk + Rasta Bigoud + Lab°
par Sat.

04-05-06 Août 2006 à Sélestat (68)

Bienvenue au festival « Léz’art Scéniques » pour leur 6ième édition sur le complexe des Tanzmatten à Sélestat (Haut-Rhin). Dans les grandes lignes, ce festival est une bonne occasion de voir sur trois jours une flopée de groupes des plus divers, français ou étrangers.
Le premier jour laissant la par belle au métal hexagonal (Watcha, Aqmé, Black Bomb A, Guérilla Poubelle) et au Hardcore new-yorkais (First Blood, Agnostic Front, Sick of it all), le deuxième s’orientant plus vers la scène ska-rock décalé française (Marcel et son orchestre, Ratsa Bigoud, Mon Côté Punk) et le dernier soir étant au couleurs de la brume du dub et du reggae (Sergent Garcia, Dub Incorporation, Lo’jo, Zita Swoon) qui malheureusement ne sera pas traité (je devais partir, snif).
Mais ce festival est aussi l’occasion de profiter de multiples stands d’information (Greenpeace, Emmaüs…) et d’être du fait sensibilisés sur certaines causes humaines...


Léz’art Scéniques-1ier soir (04/08/06)

L’ouverture de la salle se faisant dès 13 heures, et n’arrivant aux Tanzmatten qu’aux alentours de 16h30, je n’ai pas vu les prestations de « Guérilla Poubelle », et de « Watcha » ; en revanche, j’ai pu apprécier la fin du set de « Aqmé », mais je n’en ai pas assez vu en réalité pour donner un avis. Je ferai juste un petit clin d’œil à la repartie du chanteur qui avec sarcasme a spécialement dédicacé leur tube qui cartonne en radio à une partie de la foule pourrissant le set par des « fuck » gutturaux et manuels.
Passons directement à « Black Bomb A » qui est loin d’être parmi mes favoris, et dont la prestation énergétique aura eue pour mérite de mobiliser toute la jeunesse alsacienne présente en cette après-midi. Lors de ce set d’une bonne heure, les pogos étaient soutenus et les slams épiques (pour certains), des acclamations métalliques abondantes venaient ponctuer les morceaux et étaient appuyées par d’innombrables cornes-du-diable, les acteurs de part et d’autre de la scène se donnaient sans compter. Et même si l’on n’aime pas ce groupe, force est de constater que le courant est bien passé et que ça fait plaisir à voir.
A la fin de Black Bomb A, le public était donc bouillant mais majoritairement composé de minots. Là, ce sont surtout des moins minots et moins nombreux qui sont prêts pour se foutre dessus dans les règles de l’art d’un pogo H&C : pit-circle et heart-break sont de rigueur désormais.
C’est au tour de « First Blood » d’entrée sur scène et de se défouler. Ils font plutôt un hardcore abrasif, rapide, au chant strident, et qui n’a qu’à moitié convaincu la foule, pour deux raisons principales. La première est la rupture qu’il y avait entre les groupes de métal (d’abord) et ceux de h&c (ensuite) dans la programmation et qui a provoqué un désintéressement d’un bonne partie des plus jeunes, rendant inévitablement la fosse clairsemée. La seconde raison est l’autisme relatif qu’avait le chanteur à l’égard du français et le fait qu’il nous parle anglais comme si nous parlions anglais tout les jours… c’est sûr ça aide pas à la communication tout ça, ni à l’ambiance d’ailleurs. Il faut cependant se garder de tout jugements hâtifs et admettre qu’ils doivent sûrement faire leurs premiers pas artistiques outre-Atlantique et peut être qu’avec le temps…
Mais ces petits rien ne les ont cependant pas empêché, pour l’heure, de donner toute leurs forces dans cette bataille et d’arriver à transformer la fosse en un véritable bordel coreux vers la fin du set.
De bonne augure pour la suite assurée par les New-Yorkais d’ « Agnostic Front ». Pour la petite histoire, il faut savoir que le chanteur Roger n’est autre que le frère de Freddy Cricien chanteur d’un autre groupe non moins connu, à savoir Madball. Ainsi, dès le début du set, la famille du h&c s’était réunie en masse pour accueillir ces « papy » (plus de vingt ans d’existance) et la furie a soudainement envahie les Tanzmatten : attention ça charcute sérieux, et les premières arcades s’ouvrent. Rien de bien grave en définitive. Ils ont joué des titres emblématique tels que « united blood », « over the edge », « crucified » ou le « friend or foe » de Madball, et une multitude d’autres dont les noms m’échappent. Il n’y a pas dire, il faut croire que le h&c conserve bien et qu’il reste assez difficile de les mettre en boite. Roger est reçu cinq sur cinq dans l’humidification de bandana et dans l’exposition de son corps tatoué du coup aux pieds. Niveau gueulante il n’est pas non plus en reste, tout comme le gratteux qui nous a gratifié de quelques petits soli sortis de derrière les amplis…
Bref leur prestation a envoyé du pâté grave. L’ambiance est retombée dans la salle, alors qu’en réalité la tension ne faisait que se préciser au fil des minutes, dans l’attente des autres « papy coreux » qui en sont à leur 6ième album (sorti en mai 2006) en 20 ans. Quand on aime on a toujours 20 ans, non ?
Et c’est dans cette atmosphère latente que les lumières s’éteignent et donnent le signal pour tout les intéressés de se presser au devant de la scène afin d’accueillir le mieux possible les membres de « Sick Of It All ». C’est le chantier de démolition d’entrée autant dans la fosse que sur scène (voir vidéo), et pour le premier concert de la tournée européenne du « Death to Tyrants tour » on a droit à une débauche inouïe d’énergie et de volonté, rendue comme il le pouvait par le public exténué par les pogos d’une rare intensité.
Tournée promotionnelle oblige, le tiers du dernier opus y est passé, avec des titres flirtant avec des origines Punk H&C Oï, mais des anciens titres comme « just look around », « shut me out », « the pain strike », « step down » sont venus faire le lien de vingt ans d’ouvrage contestataire. Que du bonheur, et que dire quand ils demandent de laisser un espace au milieu de la fosse : un heart-break démentiel, large de cinq ou six mètres, réduit en une fraction de seconde sur les premières notes de « scratch the surface ». Pour quel résultat me direz vous ? Et bien pour voir un enchevêtrement de bras, de jambes, des corps ballottés dans tous les sens, et des spectateurs-acteurs bien heureux d’être là.
Pour ma part, c’est une soirée qui a mis un certain temps à se décanter, mais la tête d’affiche « Agnostic Front / SOIA » a parfaitement remplie mes attentes…



Léz’art Scéniques-2ier soir (05/08/06)


Après le réveil au camping et l’apparition d’une vache à l’aspect humain dans un pré non loin de là (voir photos), c’est vers 13 heures que les portes se sont ouvertes pour ce deuxième jour de festival. Comme le jour précédent, mais pour d’autres raisons, les performances scéniques de « Enneri Blaka » et des « Dahus » ne seront pas développées. De même que pour le groupe « Pause » pour qui je n’ai vu que la fin du set. (ndlr : les jours se ressemblent ma parole !!) Mais juste un temps d’arrêt sur « Pause » pour souligner la présence, au sein de cette formation, de Guizmo du groupe Tryo, et de Daniel Jamet de la Mano Négra.
C’est donc par « Mon côté punk » que je commence ma journée de concert. J’arrive en terrain inconnu, contrairement au premier soir, et je suis agréablement surpris par l’ambiance légère et bon enfant qui règne dans la salle. Si mes souvenirs sont bons, ils m’ont fait penser à des groupes comme « Les hurlements de Léo », avec une joie communicative et la capacité de captiver l’assemblée par des prestations scéniques intuitives et tout en chorégraphie artisanales. Leur petit truc, pour affirmer leur côté punk, étant de faire des crêtes avec leur mains sur leurs crânes, puisque selon eux elles poussent vers l’intérieur ! Ils ont dès lors eu ce qu’ils méritaient, à savoir une belle acclamation à penchant keupon en fin de set.
Arrive l’heure de « Rasta Bigoud », encore de l’inconnu. En fait, il s’agit d’un ska bien pêchu qui a ses vrais supporters et pour lequel je me suis retrouvé en plein milieu de la fosse, non pas contre ma volonté mais sans que je m’en rende compte. Tout simplement porté par la musique, pourrait-on dire… j’en garde un bon souvenir et je ne dois pas être le seul dans ce cas.
Quand tout à coup je revois subrepticement cette vache humaine aperçue plus tôt dans la journée ! Cela ne peut signifier qu’une seule chose, c’est que c’est le moment de devenir décalé. D’ailleurs ce symptôme du déguisement avait pris dès l’entrée, aux alentours du stand d’Emmaüs. Des centaines et des centaines de chemises, robes, cravates et autres fringues mises à disposition du public qui, contre un bon soin et pour les plus généreux quelques sesterces, pouvait se créer un véritable look de fête. (ndlr : du moins on rigolait bien les uns des autres !) Ces émois de Haute-Couture n’avaient réellement d’intérêt que par la venue sur scène des ces charmantes demoiselles de « Marcel et son orchestre » qui pour l’occasion avaient décidé de se faire pousser la barbe, la moustache et le poil aux jambes. Aaaah les coquines… tellement investies dans ce qu’elles font. A tel point qu’en une citation des « Fabulous Troubadours » (le tien c’est le tien, le mien c’est le mien : l’accent), elles ont réussie à relier Toulouse à Lille, Sélestat à Brest… bref en une fraction de seconde on était en Bretagne. Puis l’instant suivant, sur un nouvel air, on s’est tous retrouvé d’un côté de la salle entassés, et on trouvait ça marrant. Ça l’était ! Sans compter les litres de sueur qui se sont déversés dans la fosse. On nageait en plein délire, surtout quand une espèce de diable en bas résille, porte-jarretelles et soutif rouge avec en fond un T-shirt de Marcel & co s’amusait à traverser la salle de long en large comme un fou. On aurait dit qu’il était possédé ou qu’il a été dépossédé du reste de ses fringues et qu’il les cherchait frénétiquement… qui sait ?
Quoiqu’il en soit, il faut dire ce qui est, si Marcel s’était appelé Marcelle, je ne sais pas si ça aurait pu être aussi tel qu’elles.
Enfin pour parachever cette soirée, et pour en achever certains, « Lab° » a pris le contrôle des opérations dans la salle en nous servant un électro dub à la Hightone, les lumières se faisant plus sombres et le brouillard plus intense pour laisser son corps voyager au quatre coins du monde sans retomber au royaume des ombres…

Voilà, ce deuxième soir s’achève, et il est temps de penser au voyage retour. Ce fut pour ces deux soirs, à mon sens une belle réussite pour le public et tous les groupes, mais avant de quitter Léz’arts Scéniques de Sélestat, je voudrais juste passer un petit coup de gueule envers l’organisation : une chose n’étaient absolument pas pratique : la sortie définitive, alors qu’un simple bracelet de couleur (non cessible) comme pour le camping, permettant d’entrer et de sortir à volonté, aurait rendu les choses moins contraignantes. Mais bon c’est pas si grave en définitive. A l’année prochaine mon p’tit léz’art !

Sat

» Retourner à la liste des articles

Tremplin Léz'Arts