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Superbowl #5
- Groupes : 6 Grammes 8 + Boozing Truckers + D.i.v.a.s + Divin O + Guilty Of Reason + Heavynessiah + Pozor + Way Out
- Date : samedi 22 avril 2006
- Lieu : Salle Les Tanzmatten, Sélestat
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Articles
- 24-04-2006 : Dernières Nouvelles d'Alsace : Minuit trente, l'heure du vote
- 21-04-2006 : Dernières Nouvelles d'Alsace : La gloire au bout du chronomètre
Les articles du concert
Dernières Nouvelles d'Alsace : « Minuit trente, l'heure du vote »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : lundi 24 avril 2006
Le principe du Superbowl est simple : huit groupes de musiques dites nouvelles montrent ce qu’ils ont dans le ventre en 15 minutes chrono. Après, au public de voter. Cette année, le choix a été cornélien tant le niveau était élevé. Et c’est Guilty of reason, du death hardcore métal de Cernay, qui gagne un enregistrement studio.
Il est minuit trente. L’heure du vote. Beaucoup de bulletins ont déjà été glissés dans l’urne : les amis d’un groupe, la famille d’un batteur, un coup de coeur spontané... Mais pour la plus grande partie du public du Superbowl, pardon, du jury, l’heure est à la réflexion. « Il y en a plein que j’ai bien aimé : Pozor, Divin O, les petits jeunes de Way Out », confie Céline.
« Plus ça va,
plus la sélection
est de qualité »
Flashback avant de connaître le choix de Céline et des autres sur une soirée riche en bonnes surprises. Car, au Superbowl, il faut arriver tôt, au risque de rater peut-être LE groupe de la soirée. Et il aurait été dommage en effet de manquer la prestation des D.I.V.A.S., groupe mulhousien qui s’étiquette comme groovy pop rock. La définition leur va bien. C’est dynamique, propre et tout ce qu’il faut d’efficace. Nathalie, de Zone 51, qui en connaît des rayons, flashe avec raison. « Plus ça va, plus la sélection est de qualité », dira-t-elle beaucoup plus tard. Pour l’heure, il est 20 h 45. Les quinze minutes réglementaires sont saluées d’un beau riff. Changement de plateau et échanges d’impression en attendant Guilty of reason.
« Tu connaîtrais les D.I.V.A.S. ? Je cherche des groupes pour aller au « Joli Bois », un bar-gîte à Raon-l’Étape », demande Tintin, plus Vosgien que jamais avec ses bottes en caoutchouc aux pieds. « La sécurité n’a pas voulu que je rentre avec mes chaussures coquées. Heureusement, un pote avait des bottes. C’est la première fois que je vais à un concert comme ça », jure-t-il. Une corne de brume ramène les spectateurs vers la salle. Guilty of reason se secoue dans tous les sens. « Ils ont un putain de jeu de scène », estime Sébastien. Les membres sont sur le devant de scène à secouer les cheveux quand ils en ont. Les chanteurs sautent dans tous les sens en beuglant. La section rythmique assure.
« Ça fait longtemps
que je n’ai pas vu
un groupe comme ça »
Une parfaite introduction pour 6 Grammes 8, hardcore métal de Colmar, né des restes fumants de plusieurs groupes de rock à poil dur. On reconnaît d’ailleurs le batteur de Coverage, toujours aussi brutal avec les fûts. Le son est lourd, la voix grognée. Un mosh pit se forme : les spécialistes apprécieront. « Ce qui m’ennuie avec ce genre, c’est que je n’arrive pas à identifier les morceaux », estime Jean-Chri, guitariste orienté pop et Proust.
Il ne trouvera pas sa madeleine avec Heavynessiah qui fait du heavy 100% comme on n’en fait plus. La voix est claire. Les solos construits. « Ça fait longtemps que je n’ai pas vu un groupe comme ça... D’ailleurs je crois que j’en ai jamais vu. » N’empêche, Youki adore.
« Ça ne pardonne pas,
il faut être bon
tout de suite »
Les Jojos, très 70’s et flower power, annoncent la venue de Divin O. Ça ne ressemble à rien de ce qui se fait aujourd’hui. On pourrait les comparer à Placebo mais ça les desservirait. C’est à part. Franck, chanteur à l’incroyable présence, raconte : « J’aime bien ces concerts. Ça oblige le groupe à être chaud bouillant immédiatement. Ça ne pardonne pas, il faut être bon tout de suite. » Le groupe d’électro rock n’est pas né d’hier. « Il existe depuis 91. Et ça fait deux ans que nous sommes sur un album parce que nous sommes perfectionnistes. » De deux membres, ils sont passés à quatre, s’adjoignant les services de Stephen des Master Nova à la basse et de Jean-Chri, le guitariste proustien des défunts William Wilson. « On est sorti du trip rock’n roll star. Maintenant, on essaye de faire une musique intelligente qui rassemble toutes nos influences. »
Pozor aussi fait dans l’intelligent. Vu déjà avec Karavan Orchestra et sous l’identité de Monsieur Koala, Hiboul continue de surprendre avec un funk hybride surprenant. « C’est vrai que c’est un sacré Pozor, tente Matthieu, amateur de jeux de mots foireux. On dirait du Depeche Mode. Ce n’est pas mal. »
Way Out fait du punk avec l’insolence de la jeunesse. « C’est bien. Mais il faudrait qu’ils chantent en français », dit Tintin. Pour Youki, ce sont eux qui doivent gagner. « C’est le plus petit groupe et celui qui a le plus besoin d’un enregistrement. » Parce que ce soir, les genres se suivent sans se ressembler, « applaudissez les " Loosing Fuckers ", se plante en beauté Anne-France derrière ses verres fumés. Euh... les Boozing Truckers. » Les faux frères Jo, Jack et Jim sont en forme avec leur blues-rock toujours aussi gras, racé, efficace.
« L’enregistrement,
c’est quelque chose
de plus pour nous »
Nous voila donc retournés à minuit trente. Céline a décidé de voter pour les Boozing. « Ils faisaient vraiment pro. » Élodie, sa jumelle, a choisi Pozor. « Il a quelque chose ce jeune homme. » Vient le dépouillement. « Ça m’éclate, commente Laurent Wenger, président de Zone 51. Les mecs se prennent au jeu. C’est excellent. » Car chaque bulletin est salué par les cris des supporters des uns ou des autres. Un des deux grateux de Guilty of reason se réfugie dans les bras de sa belle, n’entendant pas le nom de son groupe. Jack, des Boozing, voit ça cuit pour lui : « On est venu avec 10 potes. Et on n’a rien prévu pour la suite. » Ils finiront cinquième. Way out est deuxième. Marion, la bassiste, est « super contente. On a convaincu les gens alors que nous n’étions pas sélectionnés au départ. »
Quant aux vainqueurs, ce sont les Gulity of reason. Tangs, l’autre guitariste, est porté par ses amis. « On ne pensait vraiment pas gagner car notre musique est extrême. On est surtout contents d’être là. L’enregistrement, c’est quelque chose de plus pour nous. Ça nous permettra peut-être de grandir. » On le laisse pour le retour du groupe sur scène. « Ça risque d’être plus rock’n roll. On a bu plus de bières. »Jean-Frédéric Tuefferd
Dernières Nouvelles d'Alsace : « La gloire au bout du chronomètre »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : vendredi 21 avril 2006
Offrir du temps aux groupes de la région, tel est l’objectif du Superbowl, organisé depuis 5 ans par Zone 51. Plus que de permettre au meilleur d’être enregistré, il s’agit surtout de professionnaliser les formations rock, pop, funk, rap ou reggae. Ce sera samedi soir aux Tanzmatten à Sélestat.
Après tous les concerts vient le moment du dépouillement. A noter qu’on saura le soir même qui jouera à Lez’arts Scéniques. (Photo archives DNA - Jean-Paul Kaiser)
Voici une définition possible du Superbowl donnée par Laurent Wenger, président de Zone 51 : « L’idée, c’est de professionnaliser de façon relativement simple les groupes du grand Est. » Car s’il existe plus de 2 000 groupes dans la seule Alsace, tous ne sont pas forcément au niveau. Avec ce concours hors norme, basé sur le vote démocratique, tout le monde part avec les mêmes contraintes.
Il y a d’abord l’épisode des qualifications. Par le biais de son site web (1), l’association demande aux groupes d’envoyer deux titres par internet accompagnés d’une courte bio de dix lignes où sont énumérés le style de musique représenté, l’origine géographique et l’histoire de la formation. « Certains ne savent comment s’y prendre. Mais si t’es pas capable de faire ça aujourd’hui, t’es mort. » Ou pour être plus exact, le groupe n’existe pas, ce qui revient à peu près au même.
La vingtaine de personnes qui compose le comité d’écoute se charge de séparer le bon grain de l’ivraie, c’est-à-dire de faire une sélection de huit groupes parmi les 76 envois parvenus cette année à l’association sélestadienne. Selon Laurent Wenger, encore , « personne dans l’association n’aurait fait cette sélection là ». Pour eux, il ne s’agit pas de privilégier les potes ou le genre qu’on préfère mais de ne garder que les meilleurs. A l’affiche de l’édition 2006, il y aura 6 grammes 8, Boozing Truckers, D.I.V.A.S., Divin O, Guilty of reason, Heavynessiah, Pozor et Way out.
« Les groupes ont 15 minutes de jeu. Et on a 15 minutes de changement de plateau »
Ceci fait, les groupes élus sont contactés. « Il faut qu’ils possèdent une structure juridique. » Car il y a un léger défraiement. Et hors de question de donner de l’argent dans une enveloppe. « Souvent, on les force à se monter en association. Après, ils nous remercient. »
Vient ensuite le soir de la compétition en elle-même, ce samedi donc, qui commence par le tirage au sort de l’ordre de passage des groupes. Pendant ce temps, chaque personne du public reçoit un, - et un seul - bulletin de vote. Donc, à moins que son petit frère joue dans l’une ou l’autre formation, mieux vaut être là dès le début. A 20 h 30, premier concert. « Les groupes ont 15 minutes de jeu. Et on a 15 minutes de changement de plateau. C’est un challenge aussi pour nous. »
Après vient le vote suivi du dépouillement. Aux meilleurs des huit, trois jours d’enregistrement au Downtown Studio à Strasbourg. « Ça permet d’avoir un cd qui ressemble à quelque chose. Les organisateurs font attention à ça. » Aux autres, encore davantage d’expérience. Et ça aussi ça compte quand on fait de la musique.Jean-Frédéric Tuefferd

