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Epidemic Experience 3
- Groupes : Manu Le Malin + Elisa Do Brazil + Kraft + Maniak + Sims + Masterphil + Phantom + Flexi + Miss Torn + MC Dragoon + MC Fava + Dold Sista + Thing + Toon
- Date : samedi 11 février 2006
- Lieu : Salle Les Tanzmatten, Sélestat
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Articles
- 13-02-2006 : Dernières Nouvelles d'Alsace : Transematten
- 11-02-2006 : Dernières Nouvelles d'Alsace : Le Malin et la Brésilienne
Les articles du concert
Dernières Nouvelles d'Alsace : « Transematten »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : lundi 13 février 2006
La soirée s’annonçait colossale. Elle a été monstrueuse. Pour la troisième édition de l’Epidemic Experience, Zone 51, Vision Nocturne et la ville de Sélestat avaient invité deux stars des platines. Et les calmes Tanzmatten sont devenues pour un soir un temple techno.
Dans l’univers de la techno, qui est fou ? On peut se poser légitimement la question, surtout après avoir vécu la troisième Epidemic Experience aux Tanzmatten. Cette soirée dite électro sur les affiches de la ville mettait en compétition trois genres de musiques synthétiques où l’art de l’interprète passe par le savoir électro-acoustique. Et la distance n’est pas si grande entre les expérimentations sonores d’un Stockhausen dans des travaux comme Mantra ou Sirius, et les triturations de potards faites par Manu le Malin. Le résultat est d’ailleurs tout autant déconcertant pour des oreilles peu préparées à ce défi acoustique.
Se sentir libéré du carcan pesant de la société
Qui est fou, donc ? Les créateurs des morceaux qui font graver sur vinyles des sons jamais produits par un quelconque instrument, des nappes tordues, des ondes détournées, des sirènes mauvaises vous happant vers des univers de solitudes sautillantes ? Les DJ’s, ces démiurges qui du haut d’une estrade dominent la foule et leur fournissent une manne sonore, ces collectionneurs d’ambiance assez barrés pour écouter et réécouter des disques à la limite de l’écoutable jusqu’à arriver à concevoir ce qu’il pourront faire de cette matière sonore agressive et cruelle, et quel sera son effet sur le public ? Ou justement le public qui vient s’enivrer de ce « soma », cette nourriture mythique qui les rend plus grands que nature, qui vient se coller au plus près des enceintes pour sentir son squelette vibrer, qui invente des chorégraphies impénétrables et troublantes ? Tout le monde est fou.
C’est en tout cas ce que se dit sans doute Manu le Malin, héraut du hardcore, en posant une énième galette sur l’une des deux platines : il semble comme ébahi par ce qu’il entend, et se tape la tempe de l’index en regardant ceux qui dansent, hypnotisés, devant lui. Tout le monde est fou. Et cela fait du bien de se sentir libéré du carcan pesant de la société, le temps d’une soirée.
Ce n’est pas dans le hardcore qu’il faut rechercher la performance
Assez étrangement, ce n’est pas dans le hardcore -bien représenté dans la salle festive rebaptisée le Passage pour l’occasion- qu’il faut rechercher la plus grande performance physique. On traverse donc les Tanzmatten et le style à peine moins brutal de la techno jouée dans la galerie pour aller voir ce qui se passe dans le Cube (la salle de spectacle). Là, une jolie fille aux longs cheveux noirs et bouclés, Elisa do Brasil, passe des disques en souriant. Une autre foule compacte saute, marque les multiples temps de la drum and bass, crie, hurle, sourit. Et deux MC’s, micro en main, « toastent » à la vitesse de mitraillettes qui jamais ne s’enrayent. On a du mal à comprendre d’ailleurs comment les surnommés Dragoon et Fava parlent dans le micro pendant plus de quatre heures sans s’arrêter. Il y aura juste un prêt de micro à un certain Gaston qui prendra son courage à deux mains et joutera en français avec les deux maîtres allemands du verbe. Quant à Elisa, elle mène de bout en bout un set énervé traversé par la grâce de la transe.
« Le lieu s’y prête bien »
« Avec plus de 1 100 entrées, il y a plus de monde que l’an dernier, note avec satisfaction Laurent Wenger, de Zone 51, association qui coorganise, en partenariat avec la ville, la soirée avec Vision Nocturne. Nous avons rajouté une scène. Avant, il n’y avait qu’une scène tek et une scène bourrin. Maintenant, il y a une scène drum and bass qui est un genre qui cartonne partout sauf en France. Il n’y a qu’une tête d’affiche, c’est Elisa do Brasil, et elle est là ce soir. Cela ressemble aux soirées qui se faisait il y a 10 ans avec différentes ambiances, alors qu’aujourd’hui, il n’y a de plateau que pour un son. C’est plus agréable comme ça. Ça donne du choix, c’est important. Et le lieu s’y prête bien ». Par son architecture entièrement investie. Par son nom, Tanzmatten, les prés où l’on danse.Jean-Frédéric Tuefferd
Dernières Nouvelles d'Alsace : « Le Malin et la Brésilienne »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : samedi 11 février 2006
Manu le Malin et Elisa do Brasil, plus onze laborantins de la transe, investissent la 3e Epidemic Expérience organisée par Vision Nocturne et Zone 51.
Si l’on assimile le plus souvent le monde des dancefloors à celui de la fête, pour certains ce terme ne renvoie pas forcément à « good vibes » et « happy face ». Parmi ces adeptes d’une transe plus sauvage, d’une musique plus violente, jamais consensuelle, figure Manu le Malin.
Malin car le Titi parisien est arrivé à tirer son épingle du jeu dans un monde où les dj’s sont remplaçables en un tour de platine. Il a tout connu : les raves clandestines et autres free-parties jusqu’à la composition d’un opéra avec René Koering et l’Orchestre philharmonique de Montpellier. Et bientôt, il officiera au Louvre, sous la grande pyramide pour un cinemix avec Torgull. Malin aussi le Manu pour sa sombre référence au diable. Cela plaît sans doute au dangereux peintre suisse H.R Giger qui lui a permis de réaliser son troisième Biomechanik dans son bar/musée de Gruyère. Et cela va de soi puisque les mix hardcore de Manu le Malin vous pénètre et ne vous laisse pas une minute de répit.
Elisa do Brasil est, quant à elle, beaucoup moins sulfureuse, même si ses sets n’ont rien a envié à ceux de Manu au niveau de l’intensité. C’est peut-être du côté des origines de cette jolie jeune fille de 25 ans qu’il faut se tourner pour comprendre d’où lui vient ce sens inné du rythme.
Elisa est née à Brasilia. Et son diplomate de papa l’a emmenée avec lui lorsqu’il est arrivé en France en 1981. Et c’est après un détour par la danse classique qu’Elisa se lance à l’assaut de dancefloor. Elle se fait rapidement un prénom en domptant les sonorités hardstep ou drum and bass. A Sélestat, avec des MC du niveau de Fava et Dragoon, elle remportera certainement le titre de queen of da jungle au cours de ce véritable sabbat électronique.J.F. T.

