Chroniques, articles de presse et live reports
Disorder Tour
- Groupes : Black Bomb A + Tagada Jones + L'Esprit Du Clan
- Date : samedi 22 octobre 2005
- Lieu : Salle Les Tanzmatten, Sélestat
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Articles
- 03-11-2005 : Discordance
- 24-10-2005 : Dernières Nouvelles d'Alsace : Soule musique
- 20-10-2005 : L'Alsace : Concert métal
- GE-Underground
Les articles du concert
Discordance
- Éditeur : Discordance
- Date de parution : jeudi 03 novembre 2005
Plateau prestigieux pour une tournée à travers toute la France. Le "Disorder Tour" c’est 3 des meilleurs groupes de la scène metal/hardcore hexagonale, réunis pour une soirée de bruit et de fureur. Le point commun de ces 3 formations ? Enragé Production, label incontournable de la scène alternative.
Réunir pour un même concert Black Bomb A, Tagada Jones et l’Esprit du Clan, voilà de quoi faire saliver n’importe quel amateur de guitares saturées, même le plus blasé. Nous voici donc à Selestat (67), l’une des dernières étapes du Tour, pour assister à ce qui s’annonce comme l’évènement hardcore de la rentrée. Organisée par l’excellente et dynamique association Zone 51, cette soirée a fait salle comble et visiblement les gens sont venus de loin pour y assister. Les petits plats étaient d’ailleurs mis dans les grands, avec la présence de stands de bouffe, de merchandising, de fanzines et même un écran géant. Voilà de quoi renforcer le côté convivial de l’ensemble et malgré quelques boulets ayant un peu trop abusé sur les substances éthyliques, l’atmosphère dans la salle était des plus chaleureuses.
Pour ouvrir les hostilités, c’est l’Esprit du Clan et son hardcore mêlé de Hip Hop, qui prend d’assaut la scène des Tanzmatten. Visiblement les titres de Révérence, leur deuxième album, sont déjà sur toutes les lèvres et le public leur réserve un excellent accueil. Du côté des musiciens, ça envoie méchant et le nouveau batteur fait forte impression par son jeu ultra précis et très en place. Dommage malgré tout que les nouvelles compos délaissent cet aspect hip hop qui faisait le charme de Chapitre 1, pour donner dans un registre metal beaucoup plus classique. Un set un peu trop uniforme à mon goût, mais rien de dramatique, cela reste très efficace en concert.
Assez rares, dans l’Est, la venue des bretons de Tagada Jones justifierait presque à elle seule le déplacement. Leur DVD live, sorti au printemps dernier, nous avait déjà sacrément mis l’eau à la bouche, il était donc grand temps de les découvrir enfin en chair et en os.
À peine les lumières ont t-elles le temps de s’éteindre que l’intro de Dblju se fait entendre. Les 5 musiciens prennent place et ne tardent pas à lâcher les chevaux. D’entrée on sent que le groupe a de la bouteille et qu’il sait parfaitement comment ficeler un concert pour que la pression ne retombe jamais. Ecowar, Star System, SOS, Cobayes, Contre Courant, Plus de bruit, les bombes s’enchaîneront pendant près d’1h00. Leur cocktail de punk et de métal, parsemé de petites touches électro, est irrésistible et même si l’intérêt d’avoir un deuxième chanteur ne saute pas directement aux yeux, il est très dur de ne pas se le laisser séduire. Carré, engagé, au taquet, Tagada Jones est un pur régal en live.
Place pour terminer aux furieux de Black Bomb A, incontestablement mes chouchous de la soirée. Bien que les ayant déjà vu près d’une dizaine de fois, BBA sur scène c’est quelque chose dont on ne se lasse pas. Emmené par Poun et Arnaud au micro, c’est un véritable rouleau compresseur sonore qui emporte tout sur son passage. Performances vocales, puissance scénique d’une intensité rare et débauche d’énergie réjouissante, leur set passera à la vitesse de la lumière. Mary, Police Stop Da Way, Burn, No One Knows, les grands classiques étaient au rendez vous, avec pas mal de morceaux issus de Speech Of Freedom, et cerise sur le gâteau, une reprise ravageuse de Midnight Oil particulièrement jouissive.
Bien qu’au départ j’avais été plutôt sceptique lorsqu’Arnaud était arrivé dans le groupe pour remplacer Jag à la voix grave, force est de constater qu’il a fait d’énormes progrès au chant et que désormais son duo avec Poun fonctionne à merveille. Un Black Bomb A au meilleur de sa forme donc, et la meilleure façon de clôturer en beauté cette soirée mémorable.
Des dates presque toutes sold-out, des groupes remontés à bloc, une ambiance festive dans le public comme sur scène, ce Disorder Tour si séduisant sur le papier, a bel et bien tenu toutes ses promesses, voir même plus. Du grand art...
En espérant que du coup, Enragé Production pense à nous organiser une édition 2006.....Pascal
Dernières Nouvelles d'Alsace : « Soule musique »
- Éditeur : Dernières Nouvelles d'Alsace
- Date de parution : lundi 24 octobre 2005
Avant que le rugby ne soit créé, il existait un sport plus que viril qui s’appelait la soule. Les règles étaient simples puisqu’il n’y en avait qu’une : être le plus fort. Aux Tanzmatten, samedi soir, l’Esprit du Clan, Tagada Jones et Black Bomb A ont ressuscité la soule en jouant toujours plus fort. Eh oui, le métal est un sport collectif !
« Pure soirée ! C’était bien la guerre » ! Un sourire s’esquisse sur le visage d’Arnaud, le chanteur de Black Bomb A à la voix de mangeur de gravier. Devant lui, le champ de bataille est en train d’être débarrassé de ses cadavres au balai (c’est ce qu’on fait de mieux pour les gobelets en plastique). C’est en discutant avec Gerbouse -rangers, pantalon de treillis, bras tatoué et cheveux longs- que l’on comprend tout le sens des paroles d’Arnaud. « J’aime le métal ! C’est de l’agressivité positive » ! Et de poursuivre son discours par un cri de Viking repris en choeur par tous les Vikings présents. C’est-à-dire un certain nombre, puisque la soirée a affiché complet.
Répondre à la demande
Laurent Wenger, le président de Zone 51, l’association qui a planifié cette date du « Disorder Tour », sourit lui aussi. « Ce n’est pas la première fois qu’on fait un concert complet. Mais c’est surtout pour du festif. Là, c’est la première fois qu’on fait autant de préventes et que c’est complet presque dès l’ouverture. Ça fait plaisir d’avoir du retour ». « Ça prouve aussi qu’il y a une demande, intervient Alexandra Hamrouni, la chargée de communication des Tanzmatten. Tout ça pour dire qu’il faut plus de soirées métal sur la saison ». Autant dire que Laurent Wenger boit du petit lait (qui n’était pas la boisson la plus répandue ce soir-là) en entendant cela. « Nous sommes complémentaires de Colmar et de Strasbourg. Tout le monde attend une soirée de « Shraks » (c’est du haut-rhinois, affirme Laurent) comme celle-là. Ça fait aussi partie de notre cahier des charges avec la ville, de miser sur l’éclectisme : le métal, c’est ce soir. Il y aura du festif en décembre, de l’électronique... ». Autre motif de satisfaction : « Rester les moins chers dans la région : 12 € l’entrée à la caisse du soir, 5,50 € pour ceux qui ont la carte VitaCulture pour un plateau comme ça, c’est rare » !
Parlons de l’artistique, donc, même si le terme exact, vu la clientèle, serait l’« anartistique ». Trois groupes d’un même label indépendant -Enrage Production- qui se succèdent. Soit l’Esprit du Clan, Tagada Jones et Black Bomb A. « Une belle évolution de soirée, estime Niko, chanteur et gratteux de Tagada Jones, ainsi que patron du label. On commence par EDC plutôt métal. Nous, on vient au milieu avec du métal punk. Et on termine avec BBA qui fait du bourrin ». Comment juge-t-il cette soirée et le succès de son label ? « Ce qui fait ma fierté, ce n’est pas que ça marche, mais que les gens s’y retrouvent. C’est notre première tournée avec trois groupes. Et sans mentir, dans 60 % des salles où on était programmés, on fait « sold out » avec une moyenne de 700 entrées. C’est pas mal pour de l’underground. Complet, pour nous, ça veut dire que nous sommes 27 salariés qui arrivons à vivre de notre travail. Dans un monde où tout est business à 8 000 %, ça prouve que les petites structures peuvent fonctionner. Les gens, on leur présente à grande échelle un produit fade et parfait. Mais les gens ne sont pas si cons que le croient les têtes pensantes. Ça vaut pour tout : la musique, l’économie, la politique... Les jeunes en ont marre. Ils ont envie d’un peu de sueur. De véridique ».
Férocement déchaîné
Et pour mouiller le maillot, on a pu faire confiance au public présent, férocement déchaîné. Un exemple. EDC commence « Phénix », un morceau sur les groupes de rock qui se montent et se remontent. « Attendez, là ! Ça va pas du tout, dit Arsène, le chanteur qui arrête la musique. Je veux que la salle se sépare. Je veux voir la régie » ! Et la foule de s’écarter en deux blocs. Jusqu’à ce que les musiciens réattaquent. Comme le public. Joyeusement. Furieusement. Avec fair-play. Car le métal est un sport collectif.Jean-Frédéric Tuefferd
L'Alsace : « Concert métal »
- Éditeur : L'Alsace
- Date de parution : jeudi 20 octobre 2005
Après le Tigre il y a deux semaines, Zone 51 poursuit sa saison de concerts de musiques actuelles avec une soirée métal hardcore, samedi aux Tanzmatten.
Samedi 22 octobre, premier concert musiques actuelles de la saison 2005-2006 des Tanzmatten. Pour l’occasion, la salle accueillera, en partenariat avec l’association musicale Zone 51, un plateau métal de choix : Black Bomb A, Tagada Jones, et l’Esprit du clan. Grâce à son style original et décapant, Black Bomb A a réussi à acquérir une importante notoriété sur la scène métal française. Le live est leur prédilection, la scène leur territoire. Ce groupe distille une énergie puissante et bouillonnante, d’une rare authenticité. Le métal hardcore se fait incandescent, pervers et rugueux. A la croisée du punk, du hardcore, du métal et de l’électronique, Tagada Jones hausse le ton et assène un grand coup dans le paysage underground français. Après dix ans et quatre albums, pas de fioriture, pas de défilé de mode ni même de compromis, c’est du 100 % efficacité, où la colère s’exprime en parfaite harmonie avec la mélodie. Des refrains percutants, basés sur un son épuré de tout effet et autres samples, constituent désormais la marque de fabrique de L’Esprit du Clan. Le groupe dresse le constat de rapports humains sombres et déséquilibrés, à travers des textes mis en valeur par une puissance vocale écorchée et précise.D.R.
GE-Underground
- Éditeur : GE-Underground
Tout d’abord merci à Laurent et à Alexandra pour les 2 pass avec l’appareil photo. Décidément, ce soir encore c’est complet, ainsi 600 personnes envahissent la petite salle des Tanzmatten, tu sais celle toute en largeur avec cette très grande scène. Et j’adore cet endroit car même au fond, on arrive à voir nettement les musiciens car la stage est relativement haute. Dans la grande salle de l’endroit se déroule un mariage, l’animation va être musclée. Le mois d’octobre est un mois où les groupes jouent avec leurs tripes (lire les autres chroniques) et ce soir ne va pas déroger à la règle.
Ca début par L’Esprit du Clan ravi de voir autant de monde vouloir en découdre dans le pit. Et dès leur 3ème morceau, ça commence à être le délire, "Reverence" suivi par "Babylone" et autres "Phenix", "Talion", "Et Caetera"...sans oublier les "Compact", "Déjà mort" par exemple... L’Esprit du Clan prouve ce soir que les grosses salles ne lui font pas peur, se permettant même de soumettre le public au Braveheart. C’est vrai que les deux chanteurs bougent beaucoup et comblent les espaces. On sent moins l’influence de Gojira on stage que sur leur second album "Chapitre 2 : Reverence". L’Esprit du Clan est un groupe qui prend de l’ampleur grâce aux nombreuses dates effectuées et annonce la relève du metal hardcore français.
Tagada Jones prend la suite. C’est la première fois que je vois ce groupe live, une bonne découverte pour moi, même si le son me semble plus brouillon que pour L’Esprit du Clan. En arrière-plan, un écran géant fait défiler des images et les textes revendicatifs sont ainsi exploités en visuel, car Tagada Jones reste avant tout un groupe social, écologiste et anti-connerie (cf. télévision et hooliganisme!). La voix du guitariste me rappelle souvent celle de Bruno Dolheguy de Killers, même dans la diction mais ici tout en énergie, une énergie que le second chanteur à dreadlocks vient renforcer.
Maitenant, le public est plus que bouillant avant l’arrivée de la tête d’affiche. D’entrée on commence par "Double", c’est déjà le chaos et ça slamme à tout va... "Born to Die" avec les autres groupes qui viennent on stage ennuyer les BBA avec notamment des anoraks mis sur la tête des guitaristes... Mais le meilleur reste pour moi "Look at the Pain" bien HxC NY, "Police Stopped Da Way" et surtout "Law’s Phobia"... "Mary" avec le début de la chanson a capella par toute la salle, sans oublier "No One Knows" et la reprise de Midnight Oil "Our Beds Are Burning". Enfin, je ne me suis pas ennuyé une seconde et j’ai même trouvé leur show trop court, c’est dire... Et pourtant il était conséquant...
Aujourd’hui, du sang sur les murs... Ah oui j’oubliais, aux Tanzmatten, y’a même moyen de bouffer sandwichs, pizzas et autres spécialités chaudes, le pied quoi...
Les phrases de la journée: "Ah ouais! C’est vrai, Raclette c’est une fille!"
"T’as vu mon bide!...Elevé à la bière!"Critix 69

