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Zone51
Rock Your Brain !

Chroniques, articles de presse et live reports

Groovie Ghoulies + Toxic Kiss

Affiche du concert

Ze Nwar

Maintenant que le Thierry Roland est à la retraite, qui reste-t-il pour assurer le chauvinisme réglementaire dans les médias ? Hein ? Je vous le demande ! Conscient du besoin que le français a d’aimer le français, l’alsacien d’aimer son Alsace, le breton d’aimer sa Bretagne, l’européen d’haïr son Europe, et le lévrier de chérir son Afghanistan, je m’y colle. Oui ! Moi, Monsieur Nwar, je vais y aller pour une bonne couche de cocorico-choucroute à faire pâlir le 13h de TF1 !
Et tout ça grâce un groupe bien de chez nous, de notre belle Alsace, un groupe de Strasbourg, la ville, soyons franc, la plus belle du monde, un groupe Français, oui mon bon monsieur, un groupe bien français qui fait du rock’n’roll vrai de vrai, un groupe qui devrait permettre à notre belle nation, à notre superbe région, à notre magnifique capitale européenne, de briller sur le monde, j’ai nommé Toxic Kiss.
Hein ? Oui ? Allô ? Quoi ? Pardon ? Oui… bon, on me dit dans l’oreillette que j’en fait un peu trop…. Mais soyons clair, par la moustache de Vercingétorix, qu’il est bon de découvrir du bon rock’n’roll qui ne vient ni d’outre-Atlantique, ni d’outre-Manche, ni même d’Outre-Vosges !
Toxic Kiss, c’est six jeunes gens, beaux et fringants, deux bassistes, deux chanteuses/choristes, un chanteur guitariste et un batteur qui ne ménagent pas leurs efforts scéniques pour illustrer leur psyché-punk’n’roll. Niveau influences, on ratisse large. Impossible de faire l’impasse sur les Stooges, les riffs ravageurs répétés jusqu’à en devenir hypnotique en sont le digne héritage. Passé cette évidence ça se complique. Les chœurs féminins passent d’une naïveté amusée version B52’s à des nappes plus transcendantes que n’aurait pas reniées la Nico du Velvet Underground. Le chanteur lui aussi brouille les pistes tantôt plus nerveux qu’un Jello Biafra, tantôt aussi exalté qu’un Ian Curtis. Et que dire des deux basses, qui soutiennent une batterie rapide toute en breaks par une avalanche sonore piochant tout autant du coté d’Hawkwind que de celui du Jefferson Airplane ?
Bref. Après cette séance de name-dropping digne du plus hype des bobos loungeurs, je ne peux rien faire de plus que de vous conseiller de vous précipiter les voir en live si l’occasion se présente.
Cocorico-choucroute vous disais-je !

Passons au cas Groovie Ghoulies si vous le voulez bien. Là pas de surprise, pas de publicité mensongère, pas de mystère. Ces trois-là se revendiquent des Ramones et ils font du… Ramones. Même sans perfecto, même sans jean’s feu au plancher, même sans coupe au bol, même à trois dont deux filles, même sans les croûtes aux creux des bras… c’est du Ramones. C’est plutôt bien joué, plein d’entrain et de sourires, mais c’est du Ramones. D’ailleurs, des Ramones ils ont repris le « Pet Semetery » étonnamment de façon nettement moins Ramones que tout le reste de leur œuvre, qui, il faut bien le dire frôle le plagia pur et simple. A l’exception de l’excellent titre « Lizard King » et son ravageur « go go go go gozilla », on se surprend assez régulièrement à fredonner « rock’n’roll highschool » ou « blitzkrieg bop » sur un morceau qui est censé être une de leurs compositions.
Mais quel intérêt alors, me direz-vous ? Peut-être simplement de Groovie Ghoulies est composé d’êtres vivants, que Groovie Ghoulies fait des concerts, bref, que Grouvie Goulies are not dead…. Sans doute aussi que ça fait toujours du bien une bonne dose de Cretin Bop pur et dur, à l’heure où la majorité musicale essaye de faire passer son peu d’originalité sous un nappage de sur-production sucré, sur-calibré, sur-compressé, cent quatre vingt pistes made with protool in a new powerfull macintosh. Et si, finalement, le rock’n’roll ne tenait qu’a un one two tree four ? hein ?

Ze Nwar

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