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Zone51
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Chroniques, articles de presse et live reports

Festival Léz'arts Scéniques #5 - jour 1

Affiche du concert Affiche du concert Affiche du concert Affiche du concert
  • Groupes : Napalm Death + The Bones + Blackfire + No One Is Innocent + Eths
  • Date : vendredi 19 août 2005
  • Lieu : Salle Les Tanzmatten, Sélestat
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Articles

Les articles du concert

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Connexion à la terre »

Avant de partir au camping (voir ci-contre), attardons-nous encore sur la journée d’hier où l’on a pu constater que le rock est bien une musique tellurique.
« C’est du punk à roulettes », me glisse à l’oreille Tintin, « authentique punk vosgien de 38 ans », alors que les Suédois de The Bones font ronronner leur rock survitaminé. N’empêche, il y a chez eux un je-ne-sais-quoi de préfabriqué : beaucoup d’attitudes, le look très étudié, une façon de faire très propre... A croire qu’ils ont acheté un kit rock authentique dans un Ikéa. Et chose toujours étonnante, ça marche chez les Suédois mais jamais chez moi. Il y a de ces mystères dans la vie...
Plus tôt dans la soirée, Eths et No One Is Innocent ont livré des concerts d’une belle intensité. Les Marseillais ont de leur côté la fougue de leur jeunesse. Quant à Kémar et son No One nouvelle formule, il est aux anges. « Je vis ma meilleure tournée depuis toujours. » Rappelons que le groupe a 13 ans, et a rejailli de ses cendres l’an dernier avec juste le chanteur comme membre originel. Ses anciens acolytes apprécieront donc, mais différemment du public. Leur nouveau tube « Révolution.com » a déjà conquis ses fans. No One a une version toute personnelle, et très bonne, de « Personal Jesus » de Depeche Mode. Quant à « La Peau », elle est toujours la même, elle n’a pas pris une ride : un véritable hymne.

Pas d’hymne

A propos d’hymne, la nation Indienne n’en a pas. Pourtant les Indiens connaissent la musique. On peut craindre une certaine monotonie quand ce sont les Karaja du Brésil qui la joue : Édith Wenger, présidente d’Aruana qui défend et fait connaître ce peuple brésilien, montre leur seul instrument, une sorte de maracas. Mais quand les Benally, deux frères et une soeur 100% Dine-Navajo, montent sur scène, c’est une autre histoire : c’est le mariage des Ramones et d’une véritable spiritualité, de l’énergie rock et des paroles sensées. Et plume sur la coiffe, pour terminer leur show, un chant traditionnel accompagné d’un simple tambourin nous reconnecte à la terre.
Ce qui tombe bien car il faut avoir les racines enfoncées bien profondes pour résister à la machine Napalm Death. On aime ou on n’aime pas, un peu comme face à un océan démonté : soit on est captivé par ce que l’on voit, soit on part en courant. Les hommes de la sécurité essuient le grain sans baisser les bras, bras dans lesquels ils reçoivent des tatoués qui se sont laissés porter par la houle populaire.

J.-F. T.

L'Alsace : « Léz'arts indiens »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : dimanche 21 août 2005

Le cinquième festival Lez’Arts Scéniques a débuté vendredi soir à Sélestat. C’est la cause indienne qui est à l’honneur cette année.

« Beaucoup de gens croient que l’on a tous été tués par John Wayne et que l’on vit comme dans le film Danse avec les loups », s’est exclamé Klee, chanteur et guitariste du groupe Navajo Blackfire vendredi soir aux Tanzmatten. Après la déferlante rock du début de soirée avec Eths et No One Is Innocent, le trio d’Indiens Navajos a commencé son concert par une danse traditionnelle faisant partie de la cérémonie « des neuf nuits ». Cela consiste à danser avec des cerceaux pour symboliser le fait que nous sommes tous reliés et donc tous égaux. Le tambourin traditionnel a très vite cédé sa place à la guitare électrique, permettant à la salle à moitié pleine de vibrer au rythme de leur punk-rock endiablé.
Contre toute forme d’oppression

« On continue à lutter contre toute forme d’oppression pour protéger notre culture, nos sites sacrés et nos terres ; cela afin de pouvoir éliminer les cicatrices de l’histoire », a précisé le chanteur navajo à un public très attentif. Il n’y avait sans doute pas meilleur groupe que les Blackfire pour se faire porte-parole de la cause indienne aux États Unis. Leur nom (signifiant « feu noir ») est la signification donnée au signal d’alerte à l’approche d’ennemis, et des ennemis ils en ont. La soeur et les deux frères Benally ont fait de la musique leur cheval de Troie.

Avec Napalm Death l’ambiance est devenue carrément sismique aux Tanzmatten.

Michel Roeder

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Jour de tonnerre »

La légende de Woodstock, perpétuée cette année par moult festivals européens dont les Eurockéennes, n’a pas failli à la nouvelle édition de Lez’Arts Scéniques. Premier artiste, mais pas invité, une bonne grosse pluie. Mais l’orage était à l’intérieur.

« Je n’ai jamais vu ça », confesse un des régisseurs des Tanzmatten à propos de l’ondée, pardon, l’orage qui a lessivé Sélestat en milieu d’après-midi. De quoi douter de la nécessité de sortir. Mais quand il s’agit de rock, c’est une autre histoire. On a pu voir donc de sombres oiseaux déplacer leurs humides silhouettes vers quelques havres couverts, avant que les portes de la salle ne s’ouvrent. Sombres, car l’ambiance est plus au déferlement sonique contestataire qu’au thé dansant. Toute cette eau a d’ailleurs échauffé les esprits. Reste l’infusion d’herbes fortes. Et question force, on n’a pas été déçu.

Elle envoie
du bois

« Je n’ai jamais vu ça », s’exclame un batteur, pourtant peu délicat avec son instrument, en regardant Eths. Sur la scène, ces Marseillais mènent un train d’enfer, conduits par une menue demoiselle qui doit faire 1,60 m sous la toise. Mais question volume d’air, elle envoie du bois, passez moi l’expression. Avec son tee-shirt Motorhead fétiche, la jeune Candice renvoie la plupart des braillards des groupes métal à leurs exercices de vocalises. La musique n’est pas en reste puisque c’est un mélange de trash et de death sur des textes obscurs. Dans la salle, on balance la tête sourdement pour approuver le tout.
Les organisateurs, se rappelant que rocker rime avec coeur, ont invité des associations défendant la cause indienne à s’exprimer. Une conférence donc pour les plus sérieux avec le CSIA, Bobby Castillo (voir ci-contre), les Benally, authentiques Navajos punk officiant dans Blackfire, et l’association Aruana qui défend la cause des Indiens du Brésil oubliés au profit de la culture du soja. Pas grand monde pour entendre les discours, mais beaucoup d’intéressés.
Car dans la salle commence le concert de No One is Innocent avec aux commandes Kémar, le chanteur, plus abrasif que jamais. Après avoir brocardé le militantisme virtuel dans « Revolution.com », en solidarité avec les Navajos, il offre un 1/4 h américain peu tendre au gouvernement Bush. Les Blackfire apprécieront. Tout comme les maîtres du bruit, Napalm Death, qui ont dédié leur dernier opus aux maîtres de la Maison Blanche.

J.-F. T.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Tous Indiens »

Un festival de musique est un territoire de rencontres. Et le festival Lez’Arts Scéniques#5 s’annonce déjà une belle édition, puisqu’à peine commencé on a pu voir d’intéressants personnages.
Prenons Bobby Castillo. Il n’est pas là pour le rock : Bobby, Indien apache, est le porte-parole et l’ami de Léonard Peltier.
En France, ce nom n’évoque pas grand chose. Mais il s’agit, à l’instar de Mumia Abu Jamal, leader afro-américain, d’un prisonnier retenu dans le couloir de la mort d’un pénitencier américain pour un crime qu’il n’a pas commis. L’affaire remonte aux années 70 « au moment où les mouvements indiens regagnaient du terrain et se réorganisaient de façon visible », raconte Edith Patrouilleau, présidente du CSIA (comité de solidarité avec les Indiens d’Amérique*).
Alors les revendications des Indiens à faire respecter leurs droits, leurs cultures, et les traités auparavant signés (souvent à leur désavantage, ce qui n’empêche pas de revenir dessus) ne sont pas du goût du gouvernement américain. Est mis en place par le FBI le Cointelpro, cellule de contre-espionnage destinée à saper les organisations gênantes. Qui dit contre-espionnage sous-entend assassinats politiques, ventes de drogue et d’armes à des groupes peu recommandables, manipulations de l’opinion...
Bref. Léonard Peltier est en prison depuis 1976, car, Indien lakota-sioux, il a voulu que l’on reconnaisse les droits de ses frères. « Amnesty international et d’autres organisations le reconnaissent en tant que prisonnier politique, ce que nient les USA », explique Bobby. En prison, l’administration l’isole et le désigne comme cible à d’autres prisonniers de droit commun. Et c’est là que Bobby, qui purge 14 ans pour braquage de banque, fait sa connaissance. Bobby paye sa dette et sort en 1981. Et depuis cherche à faire entendre la voix de Léonard Peltier et milite contre la peine de mort. « Je suis allé au Parlement européen pour que soit prise une mesure contre la peine de mort aux USA. Il faut savoir que dans le couloir de la mort, on compte au moins 20% de personnes innocentes. »
En France, le CSIA sert de relais à des personnalités comme Léonard Peltier. « Nous voulons informer le public sur les résistances amérindiennes, insiste sa présidente. A la base, il est toujours question de terre, du droit à l’autodétermination. C’est tout le problème des droits des peuples indigènes. » Et des hommes. Comme aurait dit l’autre, « nous sommes tous des prisonniers politiques indiens ».

J.-F. T.

L'Alsace : « Explosion rock métallique aux Tanzmatten »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : samedi 20 août 2005

La nuit tombe sur les Tanzmatten, à Sélestat. Il est 19 h 30. Cela fait une heure maintenant que les cinq Marseillais du groupe Eths se produisent sur la grande scène du complexe. La salle, déjà à moitié pleine, vibre au rythme de leur néo-métal endiablé. Le public paraît ravi. Il danse, crie et gesticule dans tous les sens. La soirée promet d’être explosive. À l’extérieur, le calme règne. L’orage semble définitivement passé. Seuls quelques beats s’échappent de la salle. Trempés, mais heureux, les spectateurs se dirigent tranquillement vers la salle de concert, rebaptisée Spoutnik pour l’occasion. Il s’agit de prendre la température avant de se jeter corps et âme dans la fosse aux lions. Toujours à l’extérieur, Guillaume et sa bande distribuent des vêtements récoltés par Emmaüs. Tous les festivaliers peuvent se servir dans les grands tas qu’ils ont disposés juste à l’entrée de la salle. « Contrairement à l’année dernière où les gens se servaient sans en demander l’autorisation, nous invitons cette année les festivaliers à prendre tous les habits qu’ils souhaitent », explique Guillaume. « Notre but est de sensibiliser le public à l’action de la communauté Emmaüs. Nous voulons inciter les gens à éviter toute forme de gâchis en dénonçant les effets pervers de la société de consommation. La communauté récolte beaucoup d’habits qui sont encore en très bon état. Nous voulons montrer qu’alors que de pauvres gens crèvent de faim, d’autres s’achètent des vêtements sans compter. » Un peu plus loin encore, sous les toiles des tentes fraîchement installées, la fébrilité est également au rendez-vous. Certains essorent et suspendent encore leurs t-shirts arrosés par l’orage tandis que d’autres se précipitent déjà vers la salle de concert. Rien ne les décourage : ni la météo, ni la distance. Car ils sont venus de loin, et parfois même de très loin. Il suffit d’observer le parking se remplir progressivement. Un mélange explosif pour une soirée cosmopolite.

Angélique Walter

L'Alsace : « Boîtes à musique »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : vendredi 19 août 2005

Nouveauté pour l’édition 2005 du festival Léz’Arts scéniques, qui s’ouvre aujourd’hui aux Tanzmatten de Sélestat. Zone 51, l’association organisatrice, et Arts Waves, « entreprise culturelle » spécialisée dans l’image et le son basée à Colmar, ont décidé de s’associer pour proposer un concours de création musicale assistée par ordinateur. « Il s’agit d’encourager la création et de mettre an avant le potentiel et la qualité des artistes "en mouvement" de la région », explique le Colmarien Arnaud Masson, fondateur d’Arts Waves. Formateur sur le « Zic Bus » du Noumatrouff, véritable espace itinérant de formation aux musiques actuelles, ce dernier regrette en effet « le manque de structures accompagnatrices », notamment dans les domaines de la musique assistée par ordinateur (MAO) et des métiers du son en général. Le Zic Bus, lui, dispose de huit postes de MAO, et d’un poste principal pour les prises de son. Pendant les trois jours du festival, le Zic Bus sera présent sur le site des Tanzmatten, ouvert à tous les festivaliers qui désirent participer au concours Créatronique. Leur mission : livrer avant la fin du festival une composition de musique actuelle, de l’électro au reggae en passant par le hip-hop, réalisée au moins en partie avec l’outil informatique. Seule contrainte : être musicien. Nul besoin, en revanche, de maîtriser les logiciels de MAO mis à disposition dans le bus : « En trois jours, on ne pourra pas former tous les participants. En revanche, on sera là pour les assister dans toutes les manipulations » précise Arnaud Masson.
À la chasse aux « samples »

Armés d’enregistreurs Minidisc prêtés pour une demi-heure, les participants devront partir à la chasse aux « samples », pour enrichir leur création avec des sons pris sur le vif, en particulier sur le site du festival. « Plus la composition respire le festival, plus elle aura de chances de gagner ». Parmi ces samples, doivent obligatoirement figurer quelques mots : M-Audio et Propellerhead, les marques qui offrent les lots du concours (une carte son FireWire et le logiciel Reason 3.0), Léz’Arts Scéniques, Zone 51, ainsi qu’une phrase de soutien à la cause indienne, thème de l’édition 2005 du festival. « C’est l’occasion, par exemple, de participer à une conférence et d’inviter un intervenant indien à s’exprimer », précise Arnaud Masson. Dernière indication : « Les compositions peuvent être faites de manière éclair : le jury ne va pas juger le fignolage, mais plutôt l’initiative, l’originalité et l’audace. Je suis persuadé qu’il est possible de composer un morceau en 10 minutes chrono. »

Clément Tonnot

L'Alsace : « Arts scéniques première »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : jeudi 18 août 2005

Le festival « Léz’arts scéniques » de Sélestat débute vendredi 19 août aux Tanzmatten avec à l’affiche de cette première soirée Napalm Death.

Pour la cinquième édition du festival « Léz’arts scéniques » de Sélestat l’association Zone 51 propose une soirée riche en sensations rock, sous l’influence punk-n-roll et métal endiablé. La tête d’affiche incontournable pour ce premier soir est le groupe mythique Napalm Death. Les amateurs du genre seront ravis d’écouter ce groupe à renommée internationale, monstre sacré du death métal et surtout du grindcore depuis les années 1980. Les quatre musiciens originaires de Birmingham (Angleterre) devraient offrir une prestation explosive, à grands coups de guitares saturées et de batterie blastée. Pionnier de cette musique extrême, Napalm Death allie dans la brutalité des rythmes, des textes engagés, notamment contre le racisme. C’est dans ce paradoxe que fonctionne à merveille son style incomparable. Le chanteur Marc « Barney » Greenwai s’impose d’une voix féroce depuis plus de quinze ans ainsi que les autres membres du groupe dont la renommée s’étend aux quatre coins du globe. Leur douzième album, sorti le 25 avril dernier « The code is red… long live the code », est dans la continuité de leur combat.
Les autres groupes

Eths, originaire de Marseille propose un néo-métal à tendance gothique. Eths est un des rares groupes français de ce style dont les parties vocales sont assurées par une jeune femme, « Candice ». Les textes tantôt sombres et tourmentés, tantôt rageurs et révoltés, accompagnés de mélodies prenantes combinent avec subtilité, puissance et mélancolie. Toujours du côté rock, mais plutôt alternatif, le groupe français No one is innocent prépare un show lyrique soigné accompagné de mélodies poignantes qui ont déjà séduit les scènes européennes. Sur un autre versant, deux groupes punk avec, d’abord, The Bones dans un style punk-rock fifties à l’accent suédois. Une équipe influencée par des groupes comme Social Distortion, Backyard Babies, ou encore Motorhead. Le résultat, un mélange de punk et de rock tout en mouvement. Enfin, le groupe Black Fire navajo punk’n’roll, composé d’un trio d’Indiens, deux frères et une soeur, à la musique revendicative et sentimentale. Ce groupe est au coeur du thème proposé par la Zone 51 de cette année à savoir : la cause indienne aux États-Unis.

Guillaume Barth

Dernières Nouvelles d'Alsace

Chaque année, le festival Lez’Arts Scéniques de Sélestat mêle musiques nouvelles et curiosité. Pour cette nouvelle édition qui se tiendra ce week-end, les différentes tribus rock se frotteront aux nations indiennes.

Les festivals de rock ont toujours des airs de campements indiens avec tentes, tribus diverses, peintures de guerre et eau de feu. Il est rare pourtant qu’un festival parle de l’indianité, loin des clichés éculés énumérés ci-dessus.
Les problèmes amérindiens valent pourtant le détour en ce qu’ils parlent d’environnement, de culture, de traditions... Autant de valeurs violentées et vendues au plus offrant dans un monde dit civilisé où chaque chose n’est vue que du point de vue marchand.
Il faut donc saluer l’initiative de l’association Zone 51, organisatrice ce week-end du festival Lez’Arts Scéniques, qui fait cause commune avec les Indiens.

Résistance Navajo

Ainsi, pendant les trois jours que dureront les festivités, entre les concerts, les festivaliers pourront-ils discuter avec les membres du CSIA (comité de solidarité avec les Indiens des Amériques) et d’Aruana (pour la survie des peuples indigènes du Brésil central).
Pour les plus curieux, vendredi soir, de 19 h à 22 h 30, se tiendra une conférence-débat avec projection de films, expositions photographiques, table ronde sur la situation indigène en Guyane et au Brésil, sur le cas Leonard Peltier (sioux, prisonnier politique aux USA depuis 1977), sur la résistance Navajo...
Question musique, les trois jours se répartissent selon les genres : vendredi couleur métal avec Eths, No one is innocent, Blackfire, The Bones et Napalm death ; samedi tendance reggae avec la Tribu Balanda, Mystic man, Weepers circus, Kana, Lee Scratch Perry, K2r riddim et Alif sound system ; dimanche en chansons avec Novice, Package, François Hadji-Lazaro, The Slackers, Les Fils de Teuhpu et Le Maximum Kouette. De quoi satisfaire pleinement la tête et les jambes pour terminer un été que l’on espère indien.

J.F. T.

L'Alsace : « Trois jours trois styles »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : mercredi 17 août 2005

Les Tanzmatten de Sélestat accueillent ce week-end la cinquième édition des Arts scéniques. Un festival, trois styles.

« Pour assurer la réussite d’un festival, il faut associer des noms à des découvertes. C’est la clé de toute programmation de qualité », assurait Laurent Wenger, président de l’association Zone 51, lors de la présentation de la cinquième édition des Arts Scéniques. Organisé par l’association Zone 51, le festival se tiendra aux Tanzmatten les 19, 20 et 21 août prochains pour trois soirées entièrement dédiées à la musique nouvelle. Après avoir soutenu la cause rwandaise en 2003 et la communauté Emmaüs l’an dernier, l’association défendra cette année la cause indienne en invitant notamment le groupe navajo Blackfire, le Comité de solidarité des Indiens d’Amérique et l’association Aruana, pour de nombreuses conférences, tables de presse et expos photo tout au long du festival.
Chaque soir un style différent

Rebaptisées pour l’occasion Spoutnik et Capsule, les deux salles des Tanzmatten (respectivement la grande et la petite) accueilleront ce week-end une programmation exigeante avec chaque soir un style différent. C’est le rock et le métal qui seront à l’honneur vendredi 19 avec des groupes aussi explosifs et énervés que Napalm Death, Blackfire et No One is Innocent. Les festivités débuteront à 18 h 30 (ouverture des portes à 16 h) avec la musique sombre et puissante du groupe marseillais Eths. C’est le groupe No One is Innocent qui lui succédera à 20 h 15 pour un pur moment de rock alternatif. Plus punk, les frangins Benally du groupe Blackfire se produiront à 22 h pour un mix renversant de punk-rock, d’émo et de chants traditionnels navajos. La soirée se terminera en beauté avec The Bones et, la légende de la scène musicale extrême, le groupe Napalm death qui se produira respectivement à 0 h et 01 h 30. L’on signalera néanmoins que le concert du groupe Gojira, initialement prévu ce vendredi, est annulé. Les portes des Tanzmatten s’ouvriront samedi 20 à 15 h. Le coup d’envoi du premier concert sera donné à 16 h avec la Tribu Balanda. On l’aura compris, c’est de reggae qu’il s’agit. C’est avec Mystic Man, chanteur poète d’origine camerounaise, que se poursuivront les concerts à 17 h 30. Puis, à 18 h 30, c’est la joyeuse bande des Weepers Circus qui prendra le relais pour un spectacle énergique et jubilatoire. À 20 h, cela sera au tour du groupe Kana de se produire devant le public sélestadien qui pourra entendre à 21 h 30 le pionnier du reggae dub mythique, le « prophète » Lee Scratch Perry. Deux bêtes de scène pour clôturer la soirée : K2R Riddim à 23 h 30 et à 01 h 15, Alif Sound System. Rock, Reggae et finalement chanson française et ska pour le dernier soir d’un festival haut en couleurs. Comme la veille, les concerts du dimanche 21 débuteront à 16 h (ouverture des portes toujours à 15 h) avec le groupe haut-rhinois Novice. Du Haut-Rhin toujours, ce sont les sept musiciens de Package qui feront leur show… Si toutefois l’ancien des Garçons Bouchers, François Hadji-Lazaro, ne leur coupe pas le sifflet à coups de folk et de chanson française. Born in the USA, les six rastas bigouds de The Slackers mettront le feu aux Tanzmatten à 19 h 30 avant de céder leur place à l’étrange fanfare des Fils de Teuhpu. C’est finalement avec deux grosses pointures de la scène Ska, Le Maximum Kouette à 22 h 30 et Babylon Circus à 00 h, que s’achèvera la soirée… et donc les festivités.

Angélique Walter

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Nathalie Muhr dans la cuisine du rock »

Quand on est star du métal, jeune groupe fougueux de chansons françaises ou que l’on doit s’occuper du son pour un vieux rasta, pour donner le meilleur de soi-même, il faut bien manger. Et la lourde tâche de nourrir tout ce petit monde en satisfaisant aux caprices des divas du rock pendant le Festival Lez’Arts Scéniques, qui aura lieu les 19, 20 et 21 août à Sélestat, revient à Nathalie Muhr.

Sans mauvais jeu de mot, Nathalie Muhr est tombée dans la marmite du rock toute petite. D’ailleurs, sa date de naissance la prédestinait. « Je suis née le 15 juin 1971. Le même jour que Johnny Halliday. » Quand on cuisine un peu plus cette « discothécaire ou bibliothécaire musicale, au choix », les choses se précisent. Son premier disque : « Si mes souvenirs sont exacts, c’est "Eliminator" de ZZ Top le jour de la mort de Claude François. C’est possible ça ? » Un mail de Nathalie le lendemain de l’interview m’annonce que non, ce n’est pas possible car Cloclo est mort en 78 et que les Texans barbus ont sorti "Eliminator" en 1983 et qu’elle ne sait plus. Elle sait par contre que le premier disque dont elle n’a pas honte : « Oh ben, c’est le premier Metallica ! » Premier concert : « Bernard Lavillier à Strasbourg en 1984. » Premier festival : « La première édition des Eurocks. » Premier gâteau : « Ce devait être un gâteau aux pommes à 4/5 ans. Tu sais, quand tu mélanges la farine, le sucre et les oeufs mis par maman pour éviter qu’il y ait des coquilles dedans. Et aux pommes parce que les pommes blanches de Baldenheim. »

Vinyle rouge

Là où elle a du mal à répondre, c’est si on lui demande quel est son disque préféré. « Ça change tout le temps. En ce moment, ce doit être le dernier Social Distorsion en vinyle rouge. Mais je n’ai pas de disque préféré. Je suis surtout contente de l’éclectisme de ma collection. J’ai un magnifique "Faust" de Gounod. Et le Barbara avec Göttingen, un disque qui a vécu. » Du vinyle. Donc, elle préfère les bons vieux plats ? « J’aime bien le vinyle à cause de l’objet. C’est pas une boîte que l’on met dans sa poche. Les cd sont des objets commerciaux comme les autres. Mais c’est pratique. » Question nourriture, on n’en apprendra pas plus sauf qu’elle ne raffole pas non plus du four micro-ondes. Plat préféré : « J’aime bien cuisiner en général. Autant préparer une choucroute que des dals indiennes. J’aime bien essayer. »
Autant dire que le poste de chef du catering (la cantine des coulisses) de Zone 51 est taillé pour elle. « Je ne suis pas toute seule, s’empresse-t-elle de préciser. Durant l’année, pour les concerts au Tigre, aux Tanz ou au Grillen, il y a Linda et Nico de NOIP aussi. Et durant Lez’art, je gère cela avec une équipe avec Martial qui est cuisinier professionnel comme Enzo plus une demi-douzaine de personne dont ma soeur. » Sa soeur Virginie dont elle tire, pour l’anecdote, une partie de sa culture musicale, la sage conseillère municipale de Baldenheim d’aujourd’hui ayant écouté beaucoup dans sa jeunesse les Clash, Lord of the new church et autres Sister of Mercy...

Sourires et réputation

Quant aux repas... Il faut se rappeler que de tout temps, le rock a quelque chose à voir avec la nourriture. On pense à Elvis mort un hamburger à la main. Ou à Ozzy Osbourne qui un jour dévora une colombe devant les patrons de sa maison de disque. Sans oublier Meat Loaf qui, prétend-on, mangeait des canettes de bière. Dans l’extrême inverse, il y a une multitude de groupes straight edge (pas d’alcool, de drogue et de viande) voire vegan (pas de protéine animale en plus) dans la scène hardcore. Bref, quand on est rockstar, on fait attention à ce que l’on mange. Et c’est à Nathalie de récupérer « les " riders " des groupes, leurs exigences. Et je dois trouver quelque chose qui convienne à tous.  » Tous désignant environ 70 bénévoles et autant d’artistes à sustenter deux fois par jour pendant le festival, sans oublier le montage plus le démontage. « On commence à travailler le mardi. » Et ils termineront le lundi suivant. Comme compensation, outre des sourires et la réputation du festival parmi les groupes, mardi 23, Nathalie filera à Stuttgart voir Social Distorsion. Et ça, c’est une part royale.

Jean-Frédéric Tuefferd

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Entre rage et philosophie »

Si le rock, depuis sa naissance, fait peur, c’est qu’il s’agit avant tout d’une musique de liberté et de rebellion. Alors, pensez donc, quand le genre s’énerve contre la société ou parle de philosophie. Deux exemples parfaits, et français pour que les « djeuns » comprennent bien le message, No one is innocent et François Hadji-Lazaro, en concert aux Lez’Arts Scéniques vendredi pour les premiers et dimanche pour le second.

Personne n’est innocent ! C’est avec ce cri du coeur que l’éponyme No one is innocent s’est fait un nom, et une réputation dans le « Landerneau » musical français. Retour en 1994. Mitterrand achève son second mandat avec comme Premier ministre Édouard Balladur, présidentiable chaleureusement soutenu par son jeune ministre du Budget Nicolas Sarkozy et TF1. Sur les écrans, on voit des fleuves charrier des corps au Rwanda et des bombes tombent sur des marchés à Sarajevo. Une député se fait assassiner dans le Var. Le prix Nobel de la paix va à Arafat, Rabin et Peres. Kurt Cobain se suicide. On parle du sous-commandant Marcos. Mandela devient président. Le SMIC jeune ne passe pas. Le voile islamique fait scandale. Le GIA fait trembler la France ainsi que Florence Rey et Audry Maupin.
No one is innocent sort un premier album qui met tout le monde KO. On se rappelle du single « La peau » et de son refrain énervé : « Du grand Canyon au Yemen, et la peau est la même. » En 1997, deuxième album « Utopia » avec comme nouveau membre Maurice G. Dantec. La musique se fait plus électronique dans le sens indus du terme. Mais le groupe se saborde avant le XXIe siècle. Avant la récupération.
Aujourd’hui, un nouveau présidentiable est défendu par la première chaîne. On s’extermine en Côte d’Ivoire ou au Darfour dans une indifférence quasi complète. On admire Paris Hilton à la ferme et qui fait des galipettes sur Internet. On revendique sur le web autant l’intolérance que la liberté d’expression. Et No one is innocent revient avec « Revolution.com ». La rage est intacte, l’énergie aussi. Et preuve qu’ils ne sont pas récupérés, leur site Internet est une catastrophe. Le virtuel n’est décidément pas la solution. Ils sont à voir vivants !

FHL, allumeur de mèches

Un des hommes qui a rendu l’aventure (musicale) décrite ci-dessus possible, c’est bien FHL. François Hadji-Lazaro est en effet un allumeur de mèches, même si toute sa carrière s’est passée loin de toute fantaisie capilaire qui, souvent, établit le philosophe qui l’a forcément rebelle (la mèche, bien sûr) et le rocker régulièrement gominée. François Hadji-Lazaro a la boule à zéro, ce qui ne veut pas dire qu’il a les idées courtes. A force de persévérance, il a même donné les coudées franches à moult groupes cantonnés jusqu’alors au garage de leurs parents.
FHL commence sa carrière souterraine (« underground » diront les puristes) dans une cave de Pigalle où, avec Daniel Hennion, il croise le folk à poil dur (« la chanson réaliste » corrigeront les historiens) avec les machines froides (« et molles » ajouteront les humoristes) pour créer le groupe Pigalle. Le duo continue dans les couloirs du métro, loin de « La salle du bar-tabac de la rue des Martyrs » morceau qui établira leur popularité. Un jour, François devient portier-sonorisateur d’une salle alternative (un de ces beaux métiers composites dont le monde du rock regorge) et c’est l’épiphanie : là, les groupes jouent comme ils vivent et chantent avec leur tripes. Naissent de cette révélation Les Garçons Bouchers qui ajoutent la corde punk à sa vielle à roue. On se rappelera en passant deux de leurs tubes : « La Bière » et « La Lambada, on n’aime pas ça ».
Suite à cela, il fonde le label Boucherie qui fera les belles heures du rock sauvage (Mano Negra, Roadrunners, Happy Drivers...) et de la vraie chanson française aux paroles évoluées (Les Elles, Wally, Clarika...). En tout, Boucherie édite 100 albums, dont ceux de Los Carayos, autre rejeton de FHL, avant d’être achevé sur l’étal de la musique commerciale.
FHL n’a pas pour autant baissé les bras et poursuit son bonhomme de chemin sous son nom propre. Avec, à son passif, la satisfaction d’avoir sorti du placard ringard où on les contenait des instruments comme la cornemuse, l’accordéon ou la mandoline et d’avoir redonné jeunesse et intelligence à la langue française chantée. Quant à son actif, il sera à voir sur la scène des Tanzmatten dimanche à 18 h.

J.-F. T.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Navajos et vieux os »

e rock et les westerns font partie des choses qui caractérisent l’Amérique. Certes, mais c’est oublier que les vrais rois du rythme binaire sont aujourd’hui les Suédois, à l’instar de The Bones, et que les empereurs des plaines resteront toujours les Indiens, comme les Navajos de Blackfire, groupe d’« alter-natives », au festival Lez’Arts Scéniques le vendredi 19 août.

Au départ, c’est une psalmodie. Quelque chose qui vient du fond de l’âme. A cette harmonique organique vient se plaquer un puissant riff de guitare. Et l’on s’imagine près d’un wigwam, regarder la danse du feu entouré de Marshall. Pas ceux à l’insigne étoilé qui font la justice, quand ils ne sont pas complètement corrompus, dans les contes de l’Ouest. Non, il s’agit de ces énormes amplificateurs qui ont fait chanter le rock comme les Indiens chantent la terre. Et leurs nouveaux maîtres sont les Benally, vrais Navajos, qui ont su faire de la guitare une arme contre les fâcheux qui spolient leur terre et cherchent le profit au détriment de la nature.

Un projet touristico-financier

En l’occurrence, les Benally, que ce soit sous leurs habits rock dans Blackfire ou avec leurs costumes traditionnels dans le Jones Benally Family, font le tour de la planète et des festivals pour sensibiliser le public face à un énorme projet touristico-financier. Ce sont en fait une poignée de promoteurs qui ont décidé de transformer une montagne sacrée pour treize tribus amérindiennes, située dans le Nord de l’Arizona, en station de ski. Pour bien comprendre la situation, transposons-la et imaginons des financiers qui trouvent le cimetière de Sélestat bien situé et décident d’en faire un parc d’attraction. Ça ne passerait certainement pas. Et là-bas non plus ça ne passe pas, sauf que ceux qui l’ont en travers de la gorge, ce sont des Indiens, ceux que les cowboys tuent dans les westerns comme on arrache de la mauvaise herbe, ceux que les Américains ont parqués dans des réserves plus proches des déserts que des villes ou des terres arables.

Tous des Indiens

Alors, évidemment, ça énerve. Ça en plus de tout le reste : la mise à l’écart, l’acculturation, le mépris de la nature et des ancêtres... Et quand on est énervé et qu’on est jeune, que l’on cherche à faire comprendre une situation, on peut se mettre en dissidence (les Indiens l’ont fait dans les années 60-70 sans plus d’effet que de remplir les prisons) ou d’entrer dans l’underground. C’est ce que font les Benally qui depuis 1989 conjuguent la culture indienne à la puissance rock. Pour nous rappeler que nous sommes tous des Indiens.

Rage et tempo

Si les Indiens ont la rage, les Suédois ont le sens du tempo. Les plus sceptiques sont tombés en pâmoison devant les Hives, puis en écoutant The International Noise Conspiracy. The Bones ne devraient pas plus décevoir tous les amateurs de rythmes carrés qui donnent envie de coller des décalcomanies de flammes sur le break familial et de se gominer les cheveux.
The Bones ont la musique dans les os depuis 1996. The Bones, c’est une dose de grosses guitares et deux doses de rock façon Sun Records. Lemmy Kilmister, véritable dieu vivant du genre avec Jerry Lee Lewis (le reste n’étant que vagues ersatz), les trouvent bons. Ils jouent aux côtés des Misfits, des Dead Kennedys ou des Exploited qui n’y retrouvent rien à redire. Autant dire que ces gaillards sont des vrais, des durs, des tatoués, qui savent que le rock, ça se passe à l’intérieur. Juste une rumeur sur laquelle s’accorde un puissant accord de guitare.

J.-F. T.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Du métal noir au broyage extrême »

Lors de sa première journée, le vendredi 19 août, le festival Lez’Arts Scéniques de Sélestat invite à une balade entre deux extrêmes. On commence par du métal très noir avec les Français d’Eths et on finit avec les Anglais énervés de Napalm Death, inventeurs du genre broyage extrême.

Le rock est une musique qui ne date pas d’hier et qui ne cesse de renaître de sa belle mort, à chaque fois toujours plus coriace. Pour preuve, deux groupes qui partagent l’affiche du premier jour de ce Lez’Arts Scéniques#5. Place aux jeunes d’abord et honneur à la France, Eths ayant ce double apanage de l’ardeur juvénile (enfin c’est ce que laissent comprendre les photos du groupe) et d’être né à Marseille plus ou moins en 2000 (le groupe et non ses membres, bien sûr).
Pour la petite histoire, Eths est né de la fusion de trois groupes en un : Schockwave, X-Krutia et Melting Point. Soit au final « un groupe qui a la rage, la rage de vaincre, de composer et de jouer », comme le dit si bien la bio officielle dénichée sur le (gothico-joli) site du groupe (www.eths.net). Autopsions la phrase à l’aide de nos oreilles. On met donc pour cela dans son lecteur de cd « Sôma », la dernière galette du quintette. On se rend très vite compte que ces jeunes gens ont la rage car tout est fort, abrasif, n’épargnant pas les nerfs des voisins. Candice, la chanteuse, doit avoir appris à chanter avec Regan, la petite fille à la grosse voix de « L’Exorciste », de William Friedkin. Pour les compositions, elles mettent souvent en avant Candice, véritable étoile noire du groupe. Cela reste dans le genre métal hardcore noir, avec légère tendance à l’emo, pour des textes très passionnés, quand la passion est vue par Edgar Poe. On peut d’ailleurs gloser sur « Sôma », renvoyant au corps en grec comme à la nourriture des dieux indous, « breuvage d’immortalité et offrande privilégiée de tout acte rituel », ai-je lu sur un site internet. Quant à la rage de jouer, on la constatera dès l’ouverture des portes le vendredi 19, surtout qu’Eths revient du Furyfest, des Eurockéennes et du festival de Dour.

Les bouchers de Birmingham

Sur deux de ces dates, ils ont d’ailleurs croisé la route de Napalm Death, groupe anglais au nom qui n’évoque pas la pitié. Et ils n’en ont pas vraiment eu pour tous les tympans du monde puisqu’ils font du broyage extrême (traduction littérale de grindcore) depuis... holà ! on va dire 20 ans. De toute façon, quand on aime, on a toujours 20 ans.
Difficile de parler autant du genre que du groupe. Il a été fondé au début des années 80 à Birmingham - d’où leur surnom de « bouchers de Birmingham » (glups !) - par quatre membres qui n’en font plus partie. On ne détaillera pas puisque les douze personnes qui ont occupé les différents postes de cette bruyante machine de légende ont créé en tout 18 groupes dont Carcass, Cathedral, Defecation (charmant) ou Painkiller (groupe de jazzcore avec John Zorn, Bill Laswell et Mick Harris) (pour plus de détails, allez voir sur http ://napalmivore.free.fr, site ultime d’un fan absolu). Question musique, c’est très brutal et très rapide. Ils sont d’ailleurs crédités au Guiness Book pour le plus court morceau de l’histoire de la musique enregistrée : ça s’appelle « You suffer », ça dure 0,7 secondes sur l’album « Scum » (1987). Leurs derniers opus sont hautement recommandables : « Leaders not followers part 2 » est un disque de reprise de groupe punk ou metal ; « The code is red... Long live the code » monumental brûlot anti-contrôle des esprits. Autant dire que si leur écoute peut être douloureuse, elle est grandement recommandée par les temps qui courent.

Jean-Frédéric Tuefferd

L'Alsace : « La cause des indiens d'Amérique »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : mercredi 10 août 2005

L’association Zone 51 organise, les 19, 20 et 21 août prochains, la cinquième édition des Arts scéniques. Une programmation exigeante pour soutenir la cause indienne.

« Je suis désormais totalement convaincu par le festival lez’ArtsScéniques. Parfaite association entre musique actuelle et engagement citoyen, la manifestation mérite le succès qu’elle remporte chaque année depuis sa création en 2000 », a déclaré le maire de Sélestat, Marcel Bauer, lors de la présentation de l’édition 2005 des Arts scéniques. Après avoir soutenu la cause rwandaise en 2004 et avoir accueilli la communauté Emmaüs en 2003, l’association Zone 51 soutient cette année la cause indienne. Elle invitera à cette occasion le groupe navajo Blackfire, le Comité de solidarité des Indiens des Amériques (CSIA) ainsi que l’association Aruana (pour la survie des peuples indigènes du Brésil central) pour de nombreuses « tables de presse » et conférences tout au long du festival, dont une conférence-débat animée par le CSIA vendredi 19 à 19 h. L’accès à cette conférence sera payant (prix d’entrée du festival) et donnera accès à tout le festival, concerts compris. Aucun tarif réduit n’est alloué pour la partie conférence. Quant à la musique, le public pourra découvrir de nombreux talents régionaux : Package, La Tribu Balanda, Mystic Man et Novice qui côtoieront pour trois jours des légendes vivantes tel que Napalm Death ou encore Lee « Scratch » Perry. Il s’agit en effet d’une programmation musicale de qualité qui mobilisera pour l’occasion plus de 20 groupes s’illustrant dans des styles aussi différents que le Rock-Punk-Métal, le Festif-Ska-Chanson et le Reggae-Dub. Avec plus de 6000 festivaliers en 2004, Lez’Arts scéniques s’inscrivent désormais parmi les festivals incontournables du grand Est.

Angélique Walter

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Festival rebelle avec cause »

Festival culturel et militant, Léz’Arts Scèniques est passé en quatre éditions d’une fiesta rythmique enfiévrée à un rendez-vous incontournable de la fin de l’été.

Alors que nombre de festivals d’ici peinent à assurer leurs « positions » face aux quelques grosses concentrations estivales, entre Suisse, Allemagne et les Territoires de musique belfortains, le festival Léz’Arts Scèniques prospère sur une audacieuse singularité. Imaginée par Zone 51, association terrible du paysage rock’n’roll régional, sans but lucratif, ignorée, ou presque, de tous les subventionneurs potentiels, forte de « 25 membres actifs » et se réclamant d’une philosophie en forme de slogan : « Rock your brain ».
Avec dans le rétroviseur sept années d’activisme au long cours sur le terrain des nuits électriques, à haute teneur punkoïdes, garage ou alternatifs déviants, Zone 51 a donc réussi à installer et développer son festival sans vendre son âme au business ou céder aux démons de l’audimat.
L’an dernier, osant bousculer certaines habitudes, rippant de début juillet à la fin août et passant de deux à trois jours, Léz’Arts Scèniques, avec plus de 6 000 spectateurs, réussissait, pied au plancher, son entrée dans le monde plutôt fermé des festivals « qui comptent ». D’autant plus que durant ces trois journées, les Tanzmatten de Sélestat (dedans et dehors) ont la rock’n’roll attitude, naturelle et jubilatoire, que l’on cherche parfois vainement ailleurs.
Après avoir « fixé » le 50e anniversaire d’Emmaüs l’an dernier, la 5e édition de Léz’Arts Scèniques se mobilisera autour de la cause indienne, invitant le groupe Navajo Blackfire, le comité de solidarité des Indiens d’Amérique et l’association Aruana.
Du côté des scènes, le public se laissera chatouiller par vingt groupes déclinant les musiques actuelles sous leurs formes les plus diverses. Culturel, militant, mais aussi ouvert, le festival de Sélestat...
On oscillera ainsi entre la légende de la scène musicale extrême, Napalm Death, de méchants punks suédois, The Bones, le rock énervé de No One Is Innocent, le reggae fiesta de K2 r Riddim, le free Jungle Rap Ragga Electro d’Alif Sound System ou la légende (encore) du reggae dub, Lee "Scratch" Perry. Mais aussi, par exemple, la mixture dansante de Maximum Kouette, la fanfare mutante des Fils de Teuhpu, le garçon chanteur François Hadji-Lazaro ou le néo ska des Slackers.

Daniel Carrot

Dernières Nouvelles d'Alsace : « L'honnête festival »

Il y en a d’étranges, des beaux, des gros voire des obèses, des intellos, des un-peu-trop... Mais dans la jungle des festivals, il y en a un qui ne ressemble à aucun de ceux-là : c’est le Lez’Arts Scéniques qui confirme pour sa 5e édition l’appellation d’honnête festival. C’est unique et ce sera les 19, 20 et 21 août à Sélestat.

Pour le festival Lez’Arts Scéniques, la thématique n’a rien à voir avec un simple habillement. C’est une histoire de philosophie. De conscience. Et après le Brésil, l’Inde, le Rwanda, le quart-monde avec les Compagnons d’Emmaüs, cette année Zone 51 qui a toujours aimé les crêtes le prouve en dirigeant les projecteurs sur la cause indienne. « Il y aura deux associations présentes sur le festival, raconte Laurent Wenger, le président de l’association organisatrice. Le CSIA (comité de solidarité avec les Indiens des Amériques) et l’Aruana, qui milite pour la survie des peuples indigènes du Brésil central. »
Pour les amateurs, dans la salle de spectacle (rebaptisée la Capsule pour la durée du festival) aura lieu le vendredi, à partir de 19 h, une conférence-débat sur les Amérindiens. On pourra comprendre les enjeux en discutant avec les Blackfire, véritables navajos à plumes qui présenteront quelques-unes de leurs danses avant de se revêtir de cuir pour un concert punk-rock. Un ami de Léonard Peltier, symbole de la cause indienne en prison aux USA pour des motifs politiques, parlera de son cas. On parlera aussi de la situation des Indiens de Guyane et du Brésil avec des ethnologues, de la préservation de la montagne sacrée de Sun Peaks en Arizona avec les Benally (du groupe Blackfire), de la problématique du soja au Brésil, culture qui détruit l’environnement et les peuples autochtones... Sans oublier la projection de documentaires, une expositions de photo de Franck Pinero qui sera visible les trois jours, la présence d’une table de presse gérée par le CSIA et Aruana...

Programme chargé

Après le côté sérieux, passons au festival. Vendredi, les jeunes énervés de ETHS ouvriront les "hostilités" à 17 h 30. Puis c’est du lourd avec Gojira, nouvelles références du métal à 19 h. A 20 h 30, rock rageur avec No one is innocent qui sont de retour et toujours aussi énervé. Sortis de leur conférence, les Blackfire invoqueront le tonnerre du rock à 22 h. The Bones sont des Suédois amis de Lemmy Kilmister, à voir à minuit. Et pour terminer dans le chaos, Napalm Death, les monstres du grincore à 1 h 30.
Samedi, l’atmosphère est plus cool avec la Tribu Balanda à 16 h. Puis Mystic Man fera rimer Afrique et reggae à 17 h 30. Autre tribu d’allumés, les Weepers Circus s’éclateront au Sputnik (nouveau nom de la salle festive) à 18 h 30. Kana fait du reggae roots et des plantations, à consommer sans modération à 20 h. A 21 h 30, place à l’empereur du dub, Lee Scratch Perry. La France a de bons ambassadeurs avec les K2rRiddim à 23 h 30. Et pour finir dans la jungle, Alif Sound System.
Dimanche, on commence par de la chanson des campagnes, Novice à 16 h. Package c’est du ska bien barré, à 17 h 30. Il a fait Pigalle, Les Garçons Bouchers, maintenant il chante seul ; c’est François Hadji-Lazaro à 18 h 30. The Slackers sont des Américains qui aiment le rocksteady, à 19 h 30. Attention, fanfare mutante à 21 h avec Les Fils de Teuhpu. 22 h 30, l’heure du Maximum Kouette. Et pour clore ce festival en beauté, minuit rimera avec Babylon Circus.
A signaler aussi un camping gratuit, de quoi se sustenter, se cultiver. Et une association qui fait du covoiturage et déposera les festivaliers à 20 km autour de Sélestat pour 1€ symbolique. Si c’est pas beau tout ça !

Jean-Frédéric Tuefferd

Le Sélestadien

19, 20, 21 août aux Tanzmatten : les inconditionnels de musiques actuelles seront au rendez-vous ! Lez’arts scéniques - 5e édition - déboulent sur la scène des Tanzmatten avec une programmation à faire pâlir d’envie plus d’un organisateur de festival !

Portés par Laurent Wenger, son association Zone 51 et 100 bénévoles hyper-motivés, Lez’arts scéniques sont devenus, au fil des ans, l’un des festivals « phares » de l’Est de la France, aujourd’hui largement reconnu au sein des réseaux musicaux nationaux.

Cette cinquième édition - soutenue une nouvelle fois par la Ville de Sélestat s’annonce comme un savant coktail de têtes d’affiche et de formations moins connues (voir encadré) qui promet de détonner dans les oreilles et les méninges !

Car c’est bien-là le but recherché par Laurent Wenger et ses accolytes... et qui fait toute l’originalité de ce festival : proposer, certes, un rendez-vous musical et festif mais aussi faire réfléchir sur des thèmes trop souvent délaissés par les médias. Cette édition 2005 sera ainsi l’occasion de se pencher sur la cause indienne au sens large avec une série de conférences-débats, une expo-photos, un court-métrage, des objets artisanaux...

Le Comité de Solidarité des Indiens d’Amérique ainsi que l’Association Aruana (pour la survie des peuples indigènes du Brésil Central) disposeront de stands sur place.

Un groupe d’Indiens Navajo Punk’n’roll - loin des clichés et très ancré dans la défense des droits de leur peuple - venus spécialement d’Amérique du Nord se produira vendredi 21 août.

De l’art de joindre l’utile à l’agréable, les découvertes musicales aux justes causes, la fête à la réflexion sur notre société actuelle : on ne change pas une formule qui gagne ! Près de 7 000 spectateurs sont attendus cet été !

Dernières Nouvelles d'Alsace : « La cause indienne au festival Lez'arts Scéniques »

Pour la cinquième édition du festival Lez’arts Scéniques, l’association Zone 51 fait à nouveau rimer musique et esprit critique les 19, 20 et 21 août.

En effet, se basant sur l’idée qu’on est tous des Indiens, comme le chantait Rodolphe Burger, les Iroquois de Sélestat défendent la cause indienne, toutes les causes indiennes.
Il y aura donc le comité de sauvegarde des Indiens d’Amérique (CSIA), l’association Aruana pour la survie des peuples indigènes du Brésil central qui proposeront conférences, tables de presse et restauration et des représentants des tribus Navajo traditionnel en mocassins et moderne avec crêtes puisque l’une des têtes d’affiche de la journée rock est Blackfire, authentique groupe punk indien d’« alter-natives ». Autre poids lourds d’un vendredi très rock les Gojira, No one is innocent, The Bones, Eths et Napalm Death.
Le samedi 20, on retrouvera un apache du son Lee Scratch Perry qui fumera sans doute le calumet avec Mystic Man, Kana, K2R Riddim, Alif Sound System, la Tribu Balanda et trinquera avec les Weepers Circus. Et dimanche 21 août, pour clore en toute beauté ce cycle, la dernière journée sera essentiellement festive avec comme sachem François Hadji-Lazaro, les Fils de Teuhpu, Babylon Circus, le Maximum Kouette et les papooses locaux Novice et Package.
Même si on est des Indiens, il n’est pas question pour autant de perdre des plumes : la journée est à 17€ ou à 5,50€ pour les détenteurs de la carte Vitaculture.
www.lezartssceniques.com

Dernières Nouvelles d'Alsace : « La bombe Léz'arts Scéniques »

Le compte à rebours a commencé pour la 5e édition du festival « Léz’arts Scéniques ». Chronique d’une véritable bombe (sonique) à retardement...

Dans le brouhaha du Superbowl, les rares spectateurs attentifs n’ont pas réussi à capter, samedi, toutes les subtilités de l’affiche du festival « Léz’arts Scéniques », dévoilée ce soir-là aux Tanzmatten. D’où la nécessité de cet article à déguster, au calme. et... bien réveillé. Ne vous pincez pas, vous ne dormez pas. Cette année, sauf forfait de dernière minute toujours possible, Zone 51 s’est quelque peu lâchée et ça fait du bien.

Toutes les musiques

Léz’arts Scéniques 5e édition, donc, aux Tanzmatten, dedans et dehors, qui, trois jours durant, les 19, 20 et 21 août, déclinera sur tous les tons et dans tous les sens, même (et forcément) interdits, toutes les musiques que l’on aime.
Le vendredi 19 août, le rock’n’roll sonnera six fois, entre guitar killers et riffs furieux. Comme à la parade, se succèderont pour martyriser nos oreilles consentantes, les légendaires extrémistes anglais du grindcore, Napalm Death (également annoncés en juillet à Bêtes de Scènes au Noumatrouff mulhousien)... The Bones (punks suédois), Blackfire, un trio d’Indiens navajos biberonné aux Ramones...
Et puis l’improbable retour du gang hexagonal énervé, No One Is Innocent, toujours en colère... Et l’on s’achèvera avec deux rasades de metal en stick, Gojira et Eths...

Free cocktail

Le lendemain, samedi 20 août, la journée s’annonce moins rude, mais roots toute... En descente d’Alif Sound System (free cocktail scratché et emballant de jungle, rap, ragga et électro, les stars de la reggamania à la française, K2r Riddim, suivi du mythique dingo du dub, Lee Scratch Perry. Et en retour de nuit, Kana évoquera les « petits problèmes dans sa plantation » tandis que Weeper Circus cherchera sa place (ou l’erreur), entre les élucubration de Mystic Man et les déhanchés de la Tribu Balanda...
Enfin, dimanche 21 août, fin de parcours festif où se bousculeront sur les diverses scènes Babylon Circus, le retour (bon client du festival sélestadien), La Maximum Kouette, le retour (bon client de Zone 51), la fanfare mutante Les Fils de Teuhpu, et puis un Garçon Boucher solitaire, François Hazdji-Lazaro. Enfin, en voiture balai, le ska-teurs du Bollwerk, Package, et les (petits ?) chanteurs de Rouffach, Novice.
Après Emmaüs, c’est la cause indienne qui sera la thématique des Léz’arts Scéniques 2005, avec la participation du Comité de Solidarité des Indiens d’Amérique et l’association Aruana pour la survie des peuples indigènes du Brésil central.

Daniel Carrot

GE-Underground

Me voici avec Jesus en direction de Sélestat, Frahier notre photographe officiel n’ayant pas pu se libérer (il est encore attaché au radiateur?), Les p’tits pieds bloquée pour garde d’enfant, c’est en binôme qu’on arrive en Alsace. En prenant une place de concert (18€ en prévente, 20€ sur place, 5.50€ avec la carte Vitaculture), on a eu droit à une accréditation photo pour mettre de la couleur à cette critique. On le savait mais énorme déception quand même, Gojira prévu à l’affiche n’est pas là pour cause de maladie. Beaucoup enragent! Ce qui fait qu’au lieu de maintenir les horaires initiaux, on recule ceux du départ et on rallonge le temps de scène de Eths et de No One Is Innocent. Mais Napalm Death joue à 1H30 du mat’, fait chier! En rentrant sur le site, avec buvette et cabanes de bouffe à l’extérieur (boissons à 2€, sandwich 3€, crêpe/gaufre 2€, hamburger garni 4€...rien à dire sur les prix!), des ballots de vieilles fringues sont à disposition. Un groupe joue dehors ou plutôt improvise avec 1 guitare et des percus... Ca va être carnaval car les ballots vont faire des festivaliers une grande famille de Deschiens au mieux de leur forme. Un rituel de jeter son déguisement on stage va faire que beaucoup d’habits vont se retrouver sur scène. A l’intérieur de la salle se trouvent le merchandising des groupes et une énorme bar. Dans la salle à côté, les fameux tickets boissons/bouffes qui permettent d’être servi rapidement, des skeuds d’occase, des fringues, un banc sur les M.S.T. et le CSIA/Aruana, solidarité à la cause indienne avec même des films dans la petite salle...

Napalm Death/The Bones/Blackfire/No One Is Innocent/Eths


18H30, Eths monte sur scène...et essuie les plâtres. C’est difficile de débuter, le public n’est pas encore chaud et pourtant Eths bouge beaucoup et tente de réchauffer l’atmosphère. Un semblant de pogo débute mais sans la flamme qui fait que... Pourtant une set list avec beaucoup de morceaux des 2 premiers minis dont "Pourquoi", "Des cendres", "Volée", "Dévore", "A la droite de Dieu", "Le projet humain", "Samantha", "Encore", et les petits derniers "Méléna", "La chair et le sang", "Crucifère", "Détruis-moi", "Fruit des anges", "OO", "Je vous hais", "Rutsah", "Ailleurs". Eths reste sans doute le groupe qui le plus progressé en live durant l’année. A force de tourner, le travail paye...

Une demi-heure de changement de plateau pour l’arrivée de No One Is Innocent. Un des meilleurs groupes live français, le public ne s’y est pas trompé et ça jumpait jusqu’à la table de mixage. Un groupe social, note Rage Against The Machine à nous. Par rapport à leurs derniers shows dans le Grand Est, le groupe a accentué légèrement le côté tribal/trip/space de quelques morceaux. Avec notamment l’homme aux machines qui souffle dans un clavier, donnant un style très oriental, d’Afrique du Nord à leur musique ou encore le batteur qui joue de la charleston avec sa main gauche sans baguette, histoire de faire durer encore plus longtemps les passages ambiants. Un concert magique avec "Sleep now into the fire" (cover RATM), "Génocide", "Tout laisse croire", "Revolution.com", "US Festival", "Où veux-tu que je t’aime ?", "Personal Jesus" (cover Depeche Mode), "Henry, serial killer", "Chile", "Nomenklatura" joué en version arrache-moyeu avec toujours les doigts levés sur "La jeunesse emmerde le Front National" en hommage aux Bérurier Noir. En rappel, "Ne reste-t’il que la guerre pour tuer le silence ?", "La peau" avec un slam de Kemar et "Drive Me". Tiens pas de "Où étions-nous ?" ce soir. Faut dire qu’en Alsace l’extrême droite passait largement en tête lors du scrutin d’avril. En tout cas, j’affirme que No One Is Innocent est le groupe français du moment, jamais de déception en live avec eux et des paroles qui me touchent totalement.

22H00, arrivée de Blackfire, un power trio amérindien avec une bassiste. Se battant toujours contre la colonisation, pour la sauvegarde des lieux sacrés et l’adoration de la nature, un mec traduisait en français ses speeches au public. Le show a commencé par un chant traditionnel avec une danse dans des arceaux par le batteur de la formation, balaise le gars! Au fond de la scène, un drapeau avec la tête de Leonard Peltier, toujours prisonnier avec inscrit: "Justice et liberté pour Leonard Peltier". Musicalement le trio envoie un rock aux relents punk rock mélodique, teinté légèrement de noisy et de chants traditionnels indiens. En tout cas, le groupe a de l’énergie et conbat une cause juste. Fuck Imperialism!

Il est minuit, c’est l’heure où The Bones envahit la scène, tatouages en avant. Un dé avec trois faces 6 sur la batterie, rock’n’roll from Sweden. Des chansons qui parlent d’alcool sur un rock’n’roll tout en énergie avec une teinte punk rock mélodique, mais aussi country US. Un énergumène asperge sans arrêt le bassiste de la formation et se fait virer à la longue par le service de sécurité. Un service d’ordre fantastique, il faut le dire, qui récupère les slammers avec le sourire. Si seulement ils pouvaient tous être comme eux! Et ne pas bastonner les jeunes qui s’amusent! Un des guitaristes a le look et même la voix du King tout en étant plus rondouillard. L’autre monte même sur la sono pour jouer... En tout cas, un rock’n’roll qui déchire sans aucune concession. Beaucoup de choeurs sur les refrains, très chantant en fait.

Un peu avant 1H30, c’est au tour de Napalm Death de s’exprimer. Pendant la balance, le son de batterie triggée est énorme, ça promet. Une set list identique à celle du Noumatrouff (lire chronique) mais encore plus d’énergie on stage. Shane "Benny" Embury bouge beaucoup plus avec sa basse et Barney au chant est égal à lui-même. Les slammers s’en donnent à coeur joie, c’est la soirée des hommes-volants. Après la reprise de Cryptic Slaughter "Lawlife", il est déjà 2H du mat’ avec autant sinon plus de temps en voiture pour rentrer (5H du mat’ au lit pour finir!).

Un festival vraiment sympa et pas trop cher, il faut le dire, grâce à une multitude bénévoles car le nombre de pass sur le site reste impressionnant. A l’année prochaine, avec Gojira cette fois?!...

Les phrases de la journée: "Ca me rappelle ma mère quand elle était jeune!"
"Avec un demi ecsta, j’suis debout sur les barrières"
"Y’a une cigogne qui attaque!"
"Ma copine n’aime pas le maïs"

Critix 69

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