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Chroniques, articles de presse et live reports

Festival Léz'arts Scéniques #5 - jour 2

Affiche du concert
  • Groupes : Alif Sound System + K2R Riddim + Lee Scratch Perry + Kana + Weepers Circus + Mystic Man + La Tribu Balanda
  • Date : samedi 20 août 2005
  • Lieu : Salle Les Tanzmatten, Sélestat
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Articles

Les articles du concert

L'Alsace : « Sélestat : Lez'Arts se retirent »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : lundi 22 août 2005

La deuxième soirée de festival Lez’Arts Scéniques de Sélestat a été un régal auditif dans une ambiance plus que conviviale. Dans la grande salle des Tanzmatten, rebaptisée « Spoutnik » par les organisateurs, le public est venu massivement pour cette grande messe du reggae. Mystic Man a ouvert le feu, suivi par les Strasbourgeois de Weepers Circus avec leur cirque festif et convivial. Ils ont contribué à l’ascension du début de la soirée. Kana a attisé la flamme et le public a hurlé, sauté, chanté, dansé jusqu’à l’embrasement complet. L’original « Jamaïcain Helvète » monte sur la scène parfumée d’encens. Lee Scratch Perry mène la danse. Sous ses différentes casquettes, fidèle à sa folie contrôlée, il rentre avec tout le monde dans une transe magique. Les K2R ont joué leur Riddim. La force de leur jeu de scène provient de leur expérience et de la variété des dix musiciens. La soirée s’est clôturée avec les prodigieux Alif Sound System. Dimanche, l’ambiance était plus orientée chanson, avec pour plat de résistance François Hadji-Lazaro, en solo mais venu quand même avec quelques tubes de Pigalle et des Garçons Bouchers. Il était encadré par le ska reggae vital de Babylon Circus, la chanson ska rock de Maximum Kouette, Les Fils de Teupuh, les Mulhousiens de Package, et Novice, apôtres de la « chanson des campagnes ».

D.R.

L'Alsace : « Reggae, recréation »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : lundi 22 août 2005

Ambiance reggae au « Spoutnik »-Tanzmatten, samedi soir, en attendant la soirée de dimanche, plus orientée chanson.

La deuxième soirée de festival Lez’Arts Scéniques de Sélestat a été un régal auditif dans une ambiance plus que conviviale. La grande salle des Tanzmatten, rebaptisée « Spoutnik », par les organisateurs, a réellement pris son envol pour une orbite lointaine. Le public venu massivement pour cette grande messe du reggae a été au même titre que les artistes un des acteur phare de la cérémonie. L’échange fructueux s’est ressenti tout au long de la nuit entre tous les participants. Mystic Man, le lion indomptable, a été le premier surpris de la frénésie positive qui a rempli la petite salle jusque dans les moindres recoins. Les Strasbourgeois Weepers Circus ont fait leur cirque festif et convivial. Ils ont contribué à l’ascension du début de la soirée. Les planteurs de Kana ont attisé la flamme et le public brûlant a hurlé, sauté, chanté, dansé jusqu’à l’embrasement complet.
Une transe magique

L’original « Jamaïcain Helvète » ou peut-être d’ailleurs, monte sur la scène parfumée d’encens. A la lumière des bougies, les yeux écarquillés et la bouche ouverte, le public oscille à l’écoute des échos « dub » ; Lee Scratch Perry mène la danse. Sous ses différentes casquettes, fidèle à sa folie contrôlée, il rentre avec tout le monde dans une transe magique. Après un rappel, il revient avec un grand chapeau pointu, et reprend la célèbre « Chase the devil » de Max Roméo, au bonheur des connaisseurs ! Les K2R ont joué leur Riddim, repris en choeur par le public. L’échange harmonieux a ravi l’auditoire. La force de leur jeu de scène provient de leur expérience et de la variété des dix musiciens, dégageant une parfaite osmose entre la foule et la scène ! La soirée s’est terminée avec les prodigieux Alif Sound System. Dans un esprit plus électro, avec une cadence accélérée en rythme avec la vidéo, les coupures « breackbeet » mêlées au « ragga » ont déchaîné les plus téméraires. Une parfaite nuit musicale, en accord avec l’envergure du festival.

Indiens toujours

Le public a pu aussi profiter, pendant les trois jours de la distribution de vêtements fournis par la communauté Emmaüs, dans un joyeux fouillis de fripes à farfouiller. Et surtout on a pu s’informer sur la situation des Indiens d’Amérique grâce à une exposition de photo et à des conférences données en ouverture, avant les concerts.

Guillaume Barth

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Les joies du camping »

Les plus radicaux vous le diront, un festival sans camping n’est pas un festival. Une visite est donc obligatoire alors que les Weepers se préparent et que tout le monde aux Lez’Arts Scéniques parle de la venue du vieux Lee Scratch Perry.

Certains espèrent pouvoir le toucher, voire bénéficier d’un autographe de Lee Scratch Perry, sa majesté du dub. Réussiront-ils dans leur mission ? Et d’ailleurs, y-est-il déjà ? Mystère... En tout cas, au camping, les plus chauds s’enfument l’esprit à échafauder le plan qui saura satisfaire SAR (pour Scratch Altesse Reggae).
Laissons-les donc monter leur stratagème et posons-nous quelques minutes sur l’herbe grasse, non loin des Tanzmatten, là où les tentes poussent plus vite que les champignons. Cyb est arrivé de Haguenau déjà jeudi. Il a été rejoint après par Noémie et Didin, ses copines. « On est déjà venus l’an dernier, raconte Noémie, avec une moitié de tente. » « Une tente de carpiste », précise Cyb. Face à lui, un black allumé débite un mysticisme inaccessible et fumeux : « Je m’appelle la Terre et je suis fâché. Je viens d’Akeboulan que vous, blanc, appelez Afrique. Je suis Falacha, à moitié d’Éthiopie. » Si monsieur « La Terre » est en colère, c’est que la veille la sécurité a demandé que les usagers du camping soient des possesseurs de ticket et qu’à une certaine heure les caisses étaient fermées. Autre motif d’ire, il n’aime pas être photographié. Qu’à cela ne tienne...

Les yeux cernés

Alors que des percus se font entendre, le cercle s’agrandit : une jeune fille les yeux cernés de noir l’air pas réveillée, et une autre qui semble plus dégourdie. Selon Noémie, « le meilleur, c’est d’aller au camping à 3 h du matin, après les concerts. On parle. Il y a des jongleurs... »
Ajoutons, on se retrouve entre potes telle cette petite bande descendue d’Ingwiller : Gargamel, Yvan, Jojo, Julien, Mickaël et Grégory enterrent la vie de garçon de Gerald, grande blonde à la voix grave et avec du poil aux pattes. Ils sont aussi là pour les Weepers, « des gars de notre coin ». « J’ai même joué avec l’un d’eux à l’harmonie de Bouxwiller quand j’étais gamin », certifie Yvan. Comment trouvent-ils le camping à Sélestat ? « Bien. » Et c’est un avis de pros de la chose : « On revient juste du Sziget, explique Grégory, un festival au centre de Budapest avec cinéma, performances, théâtre et 400 concerts pendant une semaine. Il y a 400 000 personnes. Ça bouge ! »
Dans les salles des Tanz, ça commence aussi à bien bouger : la Tribu Balanda pose une ambiance très ethnique, de quoi permettre à Mystic Man de mettre une ambiance de feu. Les Weepers vont commencer. Et pendant ce temps, petit à petit, le camping de se vider. Jusqu’à 3 h...

J.-F. T.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « L'esprit de la fête »

Conseil aux festivaliers qui viendront au Lez’Arts Scéniques : prévoyez des chaussures de danse car vos pieds risquent de chauffer. Samedi soir, ils auront été mis en jambe par Alif Sound System. De quoi leur permettre d’enchaîner sur une journée de dimanche aux couleurs hautement festives.
Lez’Arts Scéniques, ça commence aujourd’hui. Et du côté des Tanzmatten, l’ambiance est studieuse pour que tout soit prêt dans les temps : la grande scène, qui a pris quelques centimètres depuis l’an dernier, occupe le fond de la salle festive ; des réfrigérateurs supplémentaires ont été amenés pour satisfaire les appétits des artistes et des bénévoles ; ceux-ci sont déjà à pied d’oeuvre et nombreux, bien qu’encore pas au complet ; du côté de l’organisation, les responsables d’équipes sont partout à la fois, mais pas encore en courant, ce qui est bon signe.

Fièvre pour samedi soir

Ce qui nous laisse le temps de parler des groupes qui feront le plus chauffer nos pieds ce week-end. Tout d’abord, il y a Alif Sound System, groupe qui a ses racines dans les free-parties du Tarn. Le collectif a ses débuts ne comptait que deux compères : un aux machines, l’autre au micro, balançant ses rimes sur un tempo drum’n bass énervé. D’ailleurs, maintenant la basse plus puisqu’un bassiste a rejoint les légionnaires du rythme auxquels s’ajoute un vidéaste. Leur but, un peu à l’instar de Miss Hélium, faire une musique énergique sans être idiote : parler aux jambes et à la tête, ce que l’on vérifiera samedi soir.
Dimanche, Novice reprendra le cours des choses à leur rythme. Et depuis 1996, ces gaillards ont entrepris de conjuguer le rock et la campagne. Pour preuve, ces Haut-Rhinois, qui aiment répéter nus dans les champs de maïs si l’on en croit leurs photos promos, ont intitulé leur nouvel opus « Meuh ». Pour savoir ce qu’ils ruminent, rendez-vous à 16 h sur la petite scène.
Avec Package, le ton de la journée sera donné puisque les Mulhousiens sont connus pour faire du « skapage ». Le clan des sept, en effet, prend les bases rocksteady et ska qu’ils agrémentent parfois de reggae, souvent de punk. Ils ont avec eux un véritable arsenal de cuivre et se sont confiés comme mission de ne laisser personne indifférent.
A François Hadji-Lazaro de suivre sur la grande scène mais nous avons déjà parlé de lui. Attardons nous donc plutôt sur The Slackers, groupe américain qui revendique les influences de Lee Perry, Bob Dylan, Curtis Mayfield, The Skatalites ou Bob Marley. Ils aiment également rajouter des influences New Orleans à leur ska. Une formule qui a séduit notamment Guy Ritchie (monsieur Madonna en privé et réalisateur des foutraques « Arnaques, crimes et botanique » et « Snatch ») ainsi qu’une foultitude de pointures du reggae-ska historique parmi lesquels Glen Adams et Susan Cadogan qui sont tous les deux passés entre les mains de Lee Perry et font la tournée avec eux.

Cirque et bonne blagues

Les Fils de Teuhpu racontent que tout est parti d’une blague. Aimant la gaudriole, ils ont continué en fanfare et dans la bonne humeur à mélanger les genres du cajun, du rock, du funk, du ska... qu’importe la rythmique pourvu que cela swingue ! Alors, préparez-vous pour un voyage quelque part entre l’underground vu par Kusturica, le cabaret par Bob Fosse et la guinguette prise par des pirates aimant les potacheries.
Tout aussi amatrices de mots crus, Le Maximum Kouette représente la réponse française aux Spice Girl, soit beaucoup plus que des filles aux surnoms ridicules (surtout que parmi les 8 « Kouettes », on compte 4 garçons). Les « Kouettes » aiment la paresse, l’indépendance, faire un maximum de rencontres et l’artisanat dans ce qu’il a de plus précieux. La preuve, quand les « Kouettes » sont sur scène se met en branle une belle orfèvrerie bien réglée pour foutre un maximum la pagaille.
Une façon de faire qui ne déplaît pas à Babylon Circus, dernier groupe de cette édition 2005 et véritables Mohicans de la scène (comme ceux de Paris quand Dumas les racontent). A leur propos, on parle de commando de zigotos. Attention, des clowns oui, mais des clowns professionnels ! Et comme les grands artistes, ils aiment jouer sans filet et improviser autant que possible, musicalement et sur la scène. Un groupe impressionnant, au sens photographique de terme qui laisse des belles traces dans les souvenirs des spectateurs.

J.-F. T.

L'Alsace : « Reggae night »

  • Éditeur : L'Alsace
  • Date de parution : vendredi 19 août 2005

La deuxième soirée du festival Lez’Arts scéniques s’annonce haute en couleurs, dans un méli-mélo de sons reggae, avec une touche électro hip-hop et de chansons françaises.

La grosse pointure de l’affiche de samedi soir du festival de Sélestat Lez’Arts scéniques est Lee « Scratch » Perry, figure emblématique de la musique jamaïcaine, pionnier des sonorités « dub » qui inspire aujourd’hui encore de nombreux artistes. Le petit homme à la casquette bariolée et au sceptre musical unique a travaillé à ses débuts avec les grands noms de la musique vert, jaune, rouge. Notamment les célèbres Max Roméo, Peter Tosh ou le plus illustre de tous, Bob Marley, pour des morceaux comme Sun is Shining ou encore Lively up Yourself qui sont ancrés à jamais dans l’histoire du reggae. À 69 ans, Lee Scratch joue de son originalité et de son talent de mucisien qui font de lui un personnage hors du commun. À ne manquer sous aucun prétexte. L’autre grande signature de la soirée, c’est le K2R Riddim qui, depuis plus de dix ans, parcourt les routes françaises. Le son reggae du groupe, couplé à une multitude d’influences éclectiques, assure une musique riche et variée. Cette richesse provient peut-être aussi de son nombre, au total dix musiciens qui promettent une prestation instrumentale bondissante, en accord des textes libres et soignés. Le groupe plus électro Alif Sound System fera découvrir un mélange d’influences né de différentes expériences : Ingals, le chanteur, Yan, le bassiste, et Gravebongaz aux platines, sur des rythmes jungles et breackbeet. On notera également la prestation d’un live vidéo assuré par Otho en simultané. Le groupe de chanson française Weepers Circus, originaire de Strasbourg, proposera une musique énergique où des personnages évoluent dans un monde onirique. Puis, avec Kana, retour au roots français. Qui n’a jamais fredonné « J’ai quelques petits problèmes dans ma plantation » ? Les sept copains de longue date raviront le public avec leur reggae plein de bonne humeur. Toujours sous le drapeau du reggae, Mystic man imprégné par son expérience africaine, partagera ses lyrics colorés. Quant à la Tribu Balanda, elle nous fera voyager au son des djembés, didgeridoo, guitare et autres instruments, au commencement de cette deuxième soirée. La deuxième soirée du festival Léz’Arts Scéniques débutera samedi 20 août à 15h30, premier concert à 16 h.

DR

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Vieille légende et jeunes pousses »

C’est un peu la rencontre des anciens et des nouveaux, sans que les rôles des uns ou des autres soient bien définis. Lee Perry est aujourd’hui un vieil homme mais il a toujours cherché à faire exploser le dogme reggae. Kana défend le reggae roots et sa plantation. Et K2r Riddim mélange les influences avec talent. Tout cela étant à vérifier sur scène le 20 août, au Lez’Arts Scéniques.

Souvent, on associe reggae et douceur de vivre. On imagine souvent les musiciens, anesthésiés par d’odorantes fumées, les yeux cachés par d’épaisses nattes rasta dépassant d’un bonnet de laine jaune-vert-rouge, jouant une note de temps à autre, le tout en répétant avec calme « Yeahman ». Eh bien ! c’est une image fausse comme le prouve Kana, K2r Riddim et le légendaire Lee Scratch Perry.
Commençons par les gardiens du temple, en l’occurence les Kana même s’il s’agit du groupe le plus jeune présenté ici. C’est en 1999, sous le Tropique du Capricorne, du côté de l’île Maurice que tout a pris forme. Là, des amis aimant le reggae se retrouvent dans un studio au milieu d’une plantation de cannes à sucre. Ils en tireront leur nom, ainsi que le titre d’une chanson « Plantation », ose-t-on croire, qui parle des soucis d’un brave cultivateur. Ce morceau sera aussi celui de la gloire puisque les déboires du planteur seront chantés sur les ondes de l’île et de la métropole en 2002. Un deuxième morceau à l’énergie retenue, « L’escargot », squattera avec langueur les charts. Aujourd’hui, les sept amis sont les chantres d’un reggae roots d’excellente facture et jamais nonchalant.
K2r Riddim, depuis ses débuts il y a une dizaine d’années, croise son reggae aux influences les plus diverses. On les a aperçus sur le versant jazz avec une reprise version ska de « Take the A train ». Ils sont aussi allés du côté de l’Afrique avant de conjuguer leurs contretemps avec un groove implacable. Sur leur dernier opus réalisé par Tyrone Downie, ancien clavier des Wailers, ils invitent une section cordes et bois pour une reprise de « Don’t make me over » et se piquent de jungle avec Karl Zero lors d’un « Clash Info ».

Père du dub

C’est aussi la jungle qui a fait la fortune de Lee Scratch Perry, petit par la taille, démesuré par le talent. Ce Jamaïcain a en effet changé la face du monde reggae en 1975 avec un album intitulé « Blackboard Jungle ». Selon les historiens, ce serait là le premier enregistrement dub, genre le plus souvent instrumental, faisant la part belle à la basse enveloppante, au delay et autres effets bizarroïdes nés sur des consoles deux pistes bricolées. Certains affirment que Lee Perry doit beaucoup au surnommé King Tubby. Mais tout le monde reconnait l’influence du petit homme sur Bob Marley avec qui il composera quelques uns de ses plus beaux morceaux : « Lively up yourself », « Keep on moving », « Sun is shining »... Lee Perry fera rentrer dans l’histoire également Max Romeo avec l’indépassable « War ina Babylon », inventera un son obsédant pour les Congos, forgera des hits tel le « Police and thieves » de Junior Murvin repris par les Clash ou « Chase the devil » toujours avec Max Romeo repris par Prodigy.
Lee Perry, après avoir vécu un moment en Angleterre, non loin de Mad Professor, s’est installé en Suisse. Et c’est du côté du lac de Zurich que l’éternel trublion du reggae, équivalent musical de Dali pour la folie et les costumes, a fait la connaissance des White Belly Rats, combo helvète de reggae dub. Et aujourd’hui, il continue à donner à sa musique l’ampleur de l’espace intersidéral.

J.-F. T.

Dernières Nouvelles d'Alsace : « Le son des noms »

Si l’on sait que la musique moderne est avant tout une affaire d’attitudes, le nom des groupes est d’une grande importance. Passage en revue de La Tribu Balanda, Mystic Man et Weepers Circus, en concert samedi 20 août au festival Lez’Arts Scéniques à Sélestat.

Une fois n’est pas coutume dans nos pages, faisons un peu d’onomastique, science qui prend les noms propres comme sujet d’étude. Est-ce que le nom d’un groupe peut indiquer au quidam innocent la teneur de son propos musical ? Nous étudierons successivement La Tribu Balanda, Mystic Man puis le Weepers Circus, qui sont tous à l’affiche de la journée de samedi du festival Lez’Arts Scéniques.

Tribu

Se définissant comme tribu, on peut supposer aisément que les Balanda investissent la scène à plusieurs, ce en quoi l’on a raison. Mais que l’on ne s’imagine pas pour autant qu’une famille nombreuse va venir planter sa tente aux Tanzmatten puisqu’ils ne sont que trois. On espère néanmoins que les membres partagent une certaine homogénéité « sur le plan linguistique (...) et culturel », ainsi que le rappelle Larousse. A force de fouilles curieuses, on apprend que le groupe est né en novembre 2000 lors d’un concours des « Zincongrus » du caf’conc’ d’Ensisheim. Étant gratifiés de l’étiquette « world tribal roots et travelling music », ils semblent autant apprécier les instruments traditionnels afférents au genre (didjeridoo, djembé, derbouka...)- que leurs pendants exotiques (flûte et guitare). Comme toute tribu, ils possèdent des coutumes qui se limitent à une seule règle : proposer « un dépaysement tout en couleur, invitation au voyage et à la danse ».

Mystique

Avec un nom pareil, Mystic Man ne peut pas être le chanteur d’un groupe de doom metal ou, à l’opposé, de chansons à textes emplies de mélancolie. Mystic Man parle à nos racines les plus profondes, celles qui plongent au coeur de l’Afrique. Rien d’étonnant, l’homme est enfant de deux cultures : la France et le Cameroun. De là les deux langues qu’il chante : le français et le douala, un des dialectes bantou parlé là-bas. Le terme Mystic renvoie également au genre le plus sacré qui soit dans la musique moderne, le reggae, seul style qui conjugue religion (rasta ou chrétienne) et bon son. Pour la petite histoire, avant de s’illustrer en première partie de Tiken Jah Fakoly, des Gladiators, de Buju Banton ou de Yannick Noah, Mystic Man s’est fait connaître au sein de KCK, groupe reggae-ragga qui a fait monter de plusieurs degrés la musique créée en Alsace.

Cirque

Face au Weepers Circus, on a un sérieux problème. Ces gens sont des escrocs ! Leur nom, anglais, dont la traduction est « le cirque des gens qui pleurent », ne nous indique en rien vers quel spectacle on se dirige ! D’abord, ils ne chantent qu’en français (enfin presque, on leur connaît un « Elsaesicher blues » en langue vernaculaire qui a fait un tabac du côté de Sarre-Union). De plus, ces cinq fils d’Alsace (enfin presque, Monsieur Goulek, batteur de son état, étant homme de Picardie) ne sont pas tristes. Question look ils arborent sur le menton d’étranges pilosités travaillées conjuguées à la boule à zéro ; ils s’habillent en jupes (signées Jean-Paul Gaultier) ce qui permet au public de finir de les prendre pour des rigolos. Et c’est là qu’ils bernent tout le monde car sous leur côté fanfaron se cachent des textes ciselés autour de thèmes sérieux. Question musique, on pourrait s’attendre à du folk-trad avec vielle à roue et flageolet. Au moins à de la pop. Et bien non ! Ils piochent de-ci de-là dans le rock, la musique tzigane tout en lorgnant sur le klezmer, le classique. En un mot comme en mille, c’est de la variété concentrée, un genre qui se moque de tout sauf du public. Comme au cirque où les artistes jouent pour être payé en applaudissements, suprême émotion qui vous met la larme à l’oeil.

J.-F. T.

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